Espace poétique

Si, ça nous appartient, mais cela ne veut pas dire qu'on le contrôle, en effet.

Merci de vos bons vœux.

Bons rêves à vous.

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Espace poétique

J'ai passé deux années éprouvantes à me battre contre la dépression. Ce qui a été le plus éprouvant dans l'histoire, ce n'était pas l'anhédonie, mais le manque de créativité et de productivité. J'étais un poète (de surcroît prolifique), et je me suis retrouvé complètement vidé de toute énergie et de toute motivation. Je ne suis pas parvenu à aller au bout de mon mémoire. L'échec m'insupporte, et celui-là n'a guère fait exception à la règle. Je me suis senti faible et nul. Ce poème est une construction, et je dirais même que c'est une reconstruction... de moi-même, de ma vie, de mon passé, mais surtout de mon présent et de mon avenir. L'édifice qui s'est effondré si brusquement s'élèvera de nouveau tôt ou tard.

L’édifice s’effondre et la foule applaudit.
Un silence s’élève au milieu du vacarme ;
Des décombres surgit le poète maudit,
Qui tient en sa main droite un semblant d’une larme.

L’édifice s’effondre et la foule grandit.
Abattu, le poète agrippe sa seule arme ;
En dépit de son mal, il se lève et brandit,
Devant le monde gris, sa plume aux couleurs parme.

Il se met à construire un nouvel univers
Et retrouve une verve alors pensée perdue.
Le Printemps prend alors la place des hivers,

Et la senteur des fleurs est partout répandue ;
Car même si la vie le noie dans ses méandres,
L’édifice renaît tôt ou tard de ses cendres.

Espace poétique

Merci de votre participation !

184 (Modifié par Duane 11/01/2019 à 17:51)

Espace poétique

Et bravo pour votre poème !

Oubliez la robe de bure des malédictions, si vous le pouvez, pour soulever des étoffes plus légères, même en ces périodes de froid glacial...

Ô vous filles superbes
Passant votre chemin
Combien vous ignorez
Que le seul sens du verbe
De naguère à demain
Est de vous adorer

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Espace poétique

Pour ceux qui en subissent les rigueurs...

Yver, vous n'estes qu'un villain - Charles d’Orléans

Yver, vous n'estes qu'un villain,
Esté est plaisant et gentil,
En tesmoing de May et d'Avril
Qui l'acompaignent soir et main.

Esté revest champs, bois et fleurs,
De sa livrée de verdure
Et de maintes autres couleurs,
Par l'ordonnance de Nature.

Mais vous, Yver, trop estes plain
De nege, vent pluye et grezil;
On vous deust banie en essil.
Sans point flater, je parle plain,
Yver, vous n'estes qu'un villain !

Espace poétique

A toi merci. Ce est rimerie escrite a grant art.

187 (Modifié par emmanuellela 25/01/2019 à 08:30)

Espace poétique

J habite une étoile ancienne
et des cris silencieux
un bleu souvenir
où le temps a marché.
Je rêve le nom d une forêt.
Je rêve
et trouve dans le noir
une porte ouverte
où l hiver est entré.
La solitude me possède
et les rapides de l instant
laissent dans mes veines
un goût de ciel et un bruit savoureux.
J écris...
jusqu'à ce que les mots me séparent
j écris la nuit d invisibles poèmes
et je n ai plus peur du jour
ni de l aube égarée
dans la marche de mes étés.

(La porte bleue)

Espace poétique

Votre poésie est à la fois simple, belle et inspirée : bravo et merci.

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Merci et belle journée à vous

190 (Modifié par Jehan 27/02/2019 à 21:46)

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Juste pour partager ce très beau poème d'Henri de Régnier que je viens de découvrir.

Le Jardin mouillé

La croisée est ouverte ; il pleut
Comme minutieusement,
A petit bruit et peu à peu,
Sur le jardin frais et dormant,

Feuille à feuille, la pluie éveille
L’arbre poudreux qu’elle verdit ;
Au mur, on dirait que la treille
S’étire d’un geste engourdi.

L’herbe frémit, le gravier tiède
Crépite et l’on croirait là-bas
Entendre sur le sable et l’herbe
Comme d’imperceptibles pas.

Le jardin chuchote et tressaille,
Furtif et confidentiel ;
L’averse semble maille à maille
Tisser la terre avec le ciel.

Il pleut, et, les yeux clos, j’écoute,
De toute sa pluie à la fois,
Le jardin mouillé qui s’égoutte
Dans l’ombre que j’ai faite en moi.