Zola, Au Bonheur des Dames - Ce qui arrêtait ces dames, c'était le spectacle prodigieux...

Bonjour à tous

Je suis actuellement en train de faire mes lectures analytiques pour le bac de français mais il y en a une sur laquelle je sèche: celle sur la grande vente du blanc dans Au Bonheur des Dames

Ce qui arrêtait ces dames, c’était le spectacle prodigieux de la grande exposition de blanc. Autour d’elles, d’abord, il y avait le vestibule, un hall aux glaces claires, pavé de mosaïques, où les étalages à bas prix retenaient la foule vorace. Ensuite, les galeries s’enfonçaient, dans une blancheur éclatante, une échappée boréale, toute une contrée de neige, déroulant l’infini des steppes tendues d’hermine, l’entassement des glaciers allumés sous le soleil. On retrouvait le blanc des vitrines du dehors, mais avivé, colossal, brûlant d’un bout à l’autre de l’énorme vaisseau, avec la flambée blanche d’un incendie en plein feu. Rien que du blanc, tous les articles blancs de chaque rayon, une débauche de blanc, un astre blanc dont le rayonnement fixe aveuglait d’abord, sans qu’on pût distinguer les détails, au milieu de cette blancheur unique. Bientôt les yeux s’accoutumaient : à gauche, la galerie Monsigny allongeait les promontoires blancs des toiles et des calicots, les roches blanches des draps de lit, des serviettes, des mouchoirs ; tandis que la galerie Michodière, à droite, occupée par la mercerie, la bonneterie et les lainages, exposait des constructions blanches en boutons de nacre, un grand décor bâti avec des chaussettes blanches, toute une salle recouverte de molleton blanc, éclairée au loin d’un coup de lumière. Mais le foyer de clarté rayonnait surtout de la galerie centrale, aux rubans et aux fichus, à la ganterie et à la soie. Les comptoirs disparaissaient sous le blanc des soies et des rubans, des gants et des fichus. Autour des colonnettes de fer, s’élevaient des bouillonnés de mousseline blanche, noués de place en place par des foulards blancs. Les escaliers étaient garnis de draperies blanches, des draperies de piqué et de basin alternées, qui filaient le long des rampes, entouraient les halls, jusqu’au second étage ; et cette montée du blanc prenait des ailes, se pressait et se perdait, comme une envolée de cygnes. Puis, le blanc retombait des voûtes, une tombée de duvet, une nappe neigeuse en larges flocons : des couvertures blanches, des couvre-pieds blancs, battaient l’air, accrochés, pareils à des bannières d’église ; de longs jets de guipure traversaient, semblaient suspendre des essaims de papillons blancs, au bourdonnement immobile ; des dentelles frissonnaient de toutes parts, flottaient comme des fils de la Vierge par un ciel d’été, emplissaient l’air de leur haleine blanche. Et la merveille, l’autel de cette religion du blanc, était, au-dessus du comptoir des soieries, dans le grand hall, une tente faite de rideaux blancs, qui descendaient du vitrage. Les mousselines, les gazes, les guipures d’art, coulaient à flots légers, pendant que des tulles brodés, très riches, et des pièces de soie orientale, lamées d’argent, servaient de fond à cette décoration géante, qui tenait du tabernacle et de l’alcôve. On aurait dit un grand lit blanc, dont l’énormité virginale attendait, comme dans les légendes, la princesse blanche, celle qui devait venir un jour, toute-puissante, avec le voile blanc des épousées.
— Oh ! extraordinaire ! répétaient ces dames. Inouï !


Notre professeur nous avait donné comme plan:
I-Description pictural et horizontal
II-Structure ascensionnelle de la description

Mais je trouve pas ça terrible d'autant plus que c'est un plan pour une analyse linéaire.

Je me demandais donc si vous auriez un plan qui marcherait avec plusieurs problématiques à me proposer pour cette lecture analytique (j'avais pensé à parler du "poème de l'activité moderne" par exemple) ?

Merci d'avance

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Zola, Au Bonheur des Dames - Ce qui arrêtait ces dames, c'était le spectacle prodigieux...

Bien qu'il ne faille jamais séparer le fond de la forme, cet extrait s'y prête pourtant. Je m'interrogerais par exemple sur l'art de la description et les procédés stylistiques (accumulations, comparaisons métaphores, etc.) en me demandant quel est l'effet obtenu sur le lecteur... et sur ces dames. Voilà bien "le poème de l'activité moderne" que vous proposez.

D'autre part, cette symphonie en blanc majeur n'est pas innocente... Pensez au mariage de Denise et Octave. N'est-ce pas une annonce (voir le champ lexical à la fin) ? (bien pour la conclusion éventuellement).

Zola, Au Bonheur des Dames - Ce qui arrêtait ces dames, c'était le spectacle prodigieux...

Tout d'abord merci de ta réponse

En effet un plan tel que celui-ci me parait adapté:
I-Un poème de l'activité moderne
II-La symbolique du blanc

Dans le II je mettrais:
a) Le magasin qui s'apparente à un paradis
b) Un passage proléptique de la fin du roman

Mais pour le I j'ai vraiment pas d'idée...
Surtout que les sous-parties doivent êtres assez subtiles pour que l'examinateur comprenne que je ne sépare pas le fond de la forme.

4 (Modifié par fandixhuit 06/06/2016 à 19:43)

Zola, Au Bonheur des Dames - Ce qui arrêtait ces dames, c'était le spectacle prodigieux...

Ne faites pas de plan en avance ! Vous ignorez la question que l'on vous posera. Mettez les idées essentielles sur fiche :

* symbolique du blanc
* figures de style (il y a en a un paquet, classez-les) + leur effet (très important) => le paradis, le bonheur des dames, quoi ! Voilà le fond. Notez que le blanc est aussi la couleur du paradis. Pourquoi ne pas jouer sur les mots ? On peut le faire quand on maîtrise son sujet. Les profs sont contents.   
* autre chose sans doute...

Zola, Au Bonheur des Dames - Ce qui arrêtait ces dames, c'était le spectacle prodigieux...

Personnellement faire un plan me rassure car je sais que lorsque j'ai un bon plan je suis sûr d'avoir compris le texte, et de toute façon si le plan est complet il peut normalement s'adapter à toute les problématiques.
C'est pourquoi je sollicite votre aide afin de mettre au point un plan cohérent qui balai tout les aspects du texte.

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Zola, Au Bonheur des Dames - Ce qui arrêtait ces dames, c'était le spectacle prodigieux...

Ce qui arrêtait ces dames, c’était le spectacle prodigieux de la grande exposition de blanc

Qu' est-ce qui tient du "spectacle" ?
Qu' est-ce qui tient du "prodige" ?

Zola, Au Bonheur des Dames - Ce qui arrêtait ces dames, c'était le spectacle prodigieux...

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