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Emploi du conditionnel dans un récit au passé

Bonjour,

Je suis toujours gêné par l'emploi du conditionnel dans un récit au passé dans certains cas, alors qu'il semble que ce soit l'usage en littérature.

Un exemple : "Pierre, qui serait le père de ses deux enfants, devint l'amant de Françoise."
J'aurais plutôt écrit : "Pierre, qui sera le père de ses deux enfants, devint etc."

Avec l'emploi du conditionnel, on émet un doute sur la paternité de Pierre, ce qui est un contre-sens ici. L'emploi du futur est, par contre, sans équivoque.
Je viens pourtant de lire une phrase équivalente dans les mémoires d'un écrivain, par ailleurs agrégé de lettres.
Qu'en pensez-vous ?

Emploi du conditionnel dans un récit au passé

Il ne s'agit pas de la valeur modale du conditionnel, qui exprimerait une hypothèse, mais de sa valeur temporelle de futur dans le passé.
C'est plus net avec devenir : "Pierre, qui deviendrait le père de ses deux enfants, devint l'amant de Françoise."

3 (Modifié par Katioucha 13/05/2016 à 15:03)

Emploi du conditionnel dans un récit au passé

Les deux temps peuvent s'employer, avec une petite nuance entre les deux, que Wagner et Pinchon présentent de la façon suivante :

Le narrateur évoque au moyen du futur des faits qui sont passés par rapport à lui, mais qui étaient à venir par rapport au moment où se situe l'histoire racontée". Puis : "Dans les narrations historiques, le conditionnel entre quelquefois en concurrence avec le futur. Comme le futur, il traduit une relation chronologique de postériorité. A la différence du futur, il présente un fait comme étranger à l'actualité soit du narrateur, soit du personnage mis en scène.
http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2010 … istorique/
http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2010 … -une-pipe/

Emploi du conditionnel dans un récit au passé

Dans ce cas, ce serait donc un fait étranger à l'actualité du personnage tant il est certain (quoi que par les temps qui courent) qu'il n'a pas eu les deux enfants avant d'être amant, l'actualité étant qu'il devint amant ?
L'emploi du conditionnel est ici bien compliqué quand le futur, qui ne pose aucun problème de compréhension, exprime exactement la même chose.

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Emploi du conditionnel dans un récit au passé

Disons que ça ne donne pas tout à fait la même impression - Vous ne sentez pas la différence ?

Emploi du conditionnel dans un récit au passé

Principales valeurs du conditionnel présent :
Futur du passé = Le fait se déroule dans l’avenir par rapport à un fait du passé.

Principales valeurs du futur simple :
Futur historique = Un fait passé situé après d’autres faits passés.

Pour voir une différence dans ces définitions avouez qu'il faut quand même être "pinailleur". Attention, cela n'est pas bien vu ici.

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Emploi du conditionnel dans un récit au passé


Oui, bien sûr dans les deux cas il s’agit d’évoquer des faits postérieurs à un point de référence, mais – j’ai laissé plus haut la parole aux pros, je dis maintenant les choses à ma façon – avec le futur j’ai l’impression qu’on se contente de me donner une information de façon neutre et/ou que l’évènement futur appartient à un futur pas trop éloigné par rapport au point de référence et/ou que cet évènement était plus ou moins prévu, qu'il faisait partie de l'ordre des choses.
Avec le conditionnel, je trouve qu'on a une dimension plus prophétique et/ou plus emphatique et/ou que l’évènement appartient à un futur plus lointain et/ou qu'il était pas tout à fait dans l'ordre des choses.

Pour vous, la phrase est la même (non pas dans son sens, on est bien d'accord, mais dans sa coloration) quel que soit le temps employé ?

8 (Modifié par paulang 14/05/2016 à 06:24)

Emploi du conditionnel dans un récit au passé

"Pierre, qui serait le père de ses deux enfants, devint l'amant de Françoise."
"Pierre, qui sera le père de ses deux enfants, devint l'amant de Françoise."

Pour ma part, avec une valeur futur du passé je ne ressens pas de nuance probante entre ces deux temps. C'est pourquoi je verrais davantage dans ce conditionnel l'expression d'une incertitude quant à la paternité (le narrateur ne sais pas). D'ailleurs, laquelle des deux personnes représente ses ? En principe Françoise, mais qui sait ! 
A vrai dire, je pense surtout que le conditionnel est ici difficilement justifiable.

Emploi du conditionnel dans un récit au passé

Je trouve que tu as raison.
La première phrase est équivoque.C'est-y le père ou non, qu'en sait-on, mon bon monsieur ?
Pour enlever ce doute, il faudrait rajouter un mot du style plus tard, par la suite
...Pierre, qui serait plus tard le père de ses deux enfants, devint l'amant de Françoise.
Et d'ailleurs, pourquoi ne pas écrire plus simplement :
Pierre devint l'amant de Françoise, elle en eut deux enfants.

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Emploi du conditionnel dans un récit au passé

Pierre devint l'amant de Françoise, elle en eut deux enfants.

ou
Pierre devint l'amant de Françoise, dont il eut deux enfants.
Question de point de vue !