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Versification - Élision du e

Bonjour,

Je voulais savoir si le "ie" à la fin d'un mot, dans un poème, doit avoir son e élidé ou pas.

Par exemple, prenons  "la vie malheureuse": doit-on prononcer vi en une syllabe  ou vi-e en deux syllabes.

Enfin, un mot comme "matériel" peut-il être sujet à une diérèse? J'aimerais en être sûr.   

Merci.

2 (Modifié par floreale 25/04/2016 à 13:15)

Versification - Élision du e

la/ vie/ mal/heu/reuse

Ici 5 syllabes si "malheureuse" est en fin de vers.
mais
la /vie/ mal/heu/reu/se /te /guet/te/ra /bien/tôt

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Versification - Élision du e

Autre exemple merveilleux chez Baudelaire :

"Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
La folie et l'horreur, froides et taciturnes. "

"Réfléchis" aurait dû s'écrire "réfléchies" puisque c'est la folie et l'horreur, féminin pluriel. Mais on aurait eu 13 syllabes.

Alors la licence poétique utilisée ici permet d'avoir 12 pieds.

Il faut faire attention à ce poème de "La muse malade", car certaines éditions corrigent cette licence et dénaturent donc le sonnet.

Versification - Élision du e

Oui, mais c'est tout le problème du -e après voyelle et devant consonne. Malherbe considérait comme vieillie la prononciation du -e dans cette position et pratiquait l'élision. Malgré tout, certains poètes ont évité cette position du -e. Presque tous élident sans scrupule.

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Versification - Élision du e

Des exemples sont les bienvenus.
Je n'en ai pas trouvé pour l'instant, par exemple, dans Les Fleurs du Mal.

6 (Modifié par Yvain 25/04/2016 à 15:55)

Versification - Élision du e

En second lieu nos mœurs qui se croient plus sévères (Musset)
Bon ! jurer ! ce serment vous lie-t-il davantage ? (La Fontaine)
Les astres de ta vie influaient sur ma danse (Apollinaire)
Les -e sont tous élidés.

Par contre, je ne trouve pas de cas où le -e "compterait".

Je ne vois pas d'autres exemples chez Baudelaire, mais, comme je le dis, les puristes évitent généralement cette position.
Au MA, c'était différent, cas le -e se prononçait, bien que faiblement.
Amors, se bien sui apensée,
c'est maladie de penser.
(G. de Lorris)
(octosyllabes, donc le -e de maladie se prononce).


Avant que tu n'aies mis la main à ta massue. (Hugo)