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Grâce à quels procédés les trois auteurs manifestent-ils la force de leur engagement ?

Bonjour

Je voudrais de l'aide sur une question de corpus concernant les textes " Cahier d'un retour au pays natal " d'Aymé Césaire, "Hosties Noires " de Léopold Sedar Senghor et " Chimères d'en ville " de Raphael Confiant. La question est : Grace a quels procedes les trois auteurs manifestent - ils la force de leur engagement ?

Merci de me répondre rapidement si possible.

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

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Grâce à quels procédés les trois auteurs manifestent-ils la force de leur engagement ?

Bonjour,

Il nous faudrait les textes.

3 (Modifié par Jehan 28/03/2016 à 12:54)

Grâce à quels procédés les trois auteurs manifestent-ils la force de leur engagement ?

Extrait de la poésie d'Aimé Césaire :

La négraille aux senteurs d'oignon frit retrouve dans son sang répandu le goût amer de la liberté
Et elle est debout la négraille
la négraille assise
inattendument debout
debout dans la cale
debout dans les cabines
debout sur le pont
debout dans le vent
debout sous le soleil
debout dans le sang
debout
et
libre
debout et non point pauvre folle dans sa liberté et son dénuement maritimes girant en la dérive parfaite et
la voici :
plus inattendument debout
debout dans les cordages
debout à la barra
debout à la boussole
debout à la carte
debout sous les étoiles
debout
et
libre
et le navire lustral s'avancer impavide sur les eaux écroulées.

Extrait d'Hosties Noires de Senghor :

Vous Tirailleurs Sénégalais, mes frères noirs à la main chaude sous la glace et la mort
Qui pourra vous chanter si ce n’est votre frère d’armes, votre frère de sang ?

Je ne laisserai pas la parole aux ministres, et pas aux généraux
Je ne laisserai pas — non ! — les louanges de mépris vous enterrer furtivement.
Vous n’êtes pas des pauvres aux poches vides sans honneur
Mais je déchirerai les rires banania sur tous les murs de France.

Car les poètes chantaient les fleurs artificielles des nuits de Montparnasse
Ils chantaient la nonchalance des chalands sur les canaux de moire et de simarre
Ils chantaient le désespoir distingué des poètes tuberculeux
Car les poètes chantaient les rêves des clochards sous l’élégance des ponts blancs
Car les poètes chantaient les héros, et votre rire n’était pas sérieux, votre peau noire pas classique.

Ah ! ne dites pas que je n’aime pas la France — je ne suis pas la France, je le sais —
Je sais que ce peuple de feu, chaque fois qu’il a libéré ses mains
A écrit la fraternité sur la première page de ses monuments
Qu’il a distribué la faim de l’esprit comme de la liberté
À tous les peuples de la terre conviés solennellement au festin catholique.
Ah ! ne suis-je pas assez divisé ? Et pourquoi cette bombe
Dans le jardin si patiemment gagné sur les épines de la brousse ?
Pourquoi cette bombe sur la maison édifiée pierre à pierre ?

Pardonne-moi, Sira-Badral, pardonne étoile du Sud de mon sang
Pardonne à ton petit-neveu s’il a lancé sa lance pour les seize sons du sorong
Notre noblesse nouvelle est non de dominer notre peuple, mais d’être son rythme et son cœur
Non de paître les terres, mais comme le grain de millet de pourrir dans la terre
Non d’être la tête du peuple, mais bien sa bouche et sa trompette.

Qui pourra vous chanter si ce n’est votre frère d’armes, votre frère de sang
Vous Tirailleurs Sénégalais, mes frères noirs à la main chaude, couchés sous la glace et la mort ?


Et voici le troisième, poème Chimères d'en ville de Raphael Confiant :

Noir. J’écris ce mot partout. Je le griffonne sur ma table du cours d’adultes. Je l’inscris avec une pointe de charbon de bois sur le premier mur rencontré. Hier, Rigobert s’est moqué de moi : «  A ce qu’il  parait, notre chère Adelise est en train de faire un dictionnaire ! Ha, ha, ha ! Je suis sur qu’elle n’osera jamais y mettre «  noir » . Le bougre se trompait. Il n’y a rien de plus noble que la noirceur quand on cesse cde se regarder avec les yeux des Blancs. Ceux-ci nous ont appris a la haïr et parfois, nous avons envie d’enlever cette peau que Dieu nous a baillée comme s’il s’agissait d’un vêtement affreux. J’ai beaucoup lutté contre ce sentiment. Je l’ai dompté petit à petit et aujourd’hui, quand Homère, Rigobert ou Carmélise se mettent à dénigrer leur race, je me tais et je me tiens très a distance d’eux. Je ferme à moitié les yeux et je vois la mer noire, le ciel noir, les astres noirs, le soleil noir. Le monde en son entier se drape de noirceur et alors je sens comme une vague d’apaisement descendre en moi et m’envelopper l’âme. Même Monsieur Jean, à qui j’ai tenté d’expliquer cette sensation là, s’est montré sceptique. Il croit que le Nègre a encore beaucoup de chemin à parcourir avant que le Blanc lui baille honneur et respect. Il parle tout le temps du savoir. « Le Savoir avec un grand S s’exclame-t-il celui dont trois siècles d’esclavage nous ont privé. » Lui aussi se gausse de mon dictionnaire créole. Décidément, il n’y a personne autour de moi pour mesurer notre pesant de noirceur et pourtant il vaut plus que de l’or.

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Grâce à quels procédés les trois auteurs manifestent-ils la force de leur engagement ?

Quelques pistes pour t'aider :
D'abord définir l'engagement des auteurs : réhabiliter les noirs méprisés.
Dans le premier texte, la surprise du retournement, l'esclave méprisé se révolte et sait prendre en charge la direction du navire reconquis. Cherche tous les procédés qui soulignent ce contraste.
Dans le second, le lyrisme exalté qui veut redonner une stature de héros à ceux que la publicité a déformés par un sourire niais de grand enfant.
Le troisième est une réécriture du poème "liberté" d'Eluard. C'est une série de variations sur les connotations du mot "noir". Ne pas oublier de mettre en valeur la variante "dénigrer".

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Grâce à quels procédés les trois auteurs manifestent-ils la force de leur engagement ?

Merci de votre aide.
Pourriez vous me donner quelques détails en plus ?

Grâce à quels procédés les trois auteurs manifestent-ils la force de leur engagement ?

Grace a quels procedes les trois auteurs manifestent - ils la force de leur engagement ?

Césaire et Senghor optent pour la poésie, Confiant pour le roman. Considération importante : Chimère d'En-ville a été composé en créole martiniquais, puis traduit en français par un certain Jean-Pierre Arsaye. 
Poésie épique, poésie lyrique, narration. Usage de la langue du Blanc, usage de la langue du Noir.

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Grâce à quels procédés les trois auteurs manifestent-ils la force de leur engagement ?

Auriez-vous une conclusion à me donner svp ?

8 (Modifié par Jean-Luc 30/03/2016 à 12:00)

Grâce à quels procédés les trois auteurs manifestent-ils la force de leur engagement ?

Ne pas oublier de mettre en valeur la variante "dénigrer".

Dénigrer se rattache à la famille de noir. Latin niger.
Dénigrer signifie dire du mal, mépriser.
Le noir a donc par connotation une valeur péjorative.
En fait ce n'est pas la couleur de la peau qui induit ce sens mais plutôt le rattachement au monde nocturne, aux ténèbres.
Cependant l'auteur joue sciemment sur cette association.