1 (Modifié par Jehan 27/03/2016 à 16:39)

Corneille, Horace, acte III, scène 1

Bonjour j'ai un corpus à faire et en conclusion la prof nous a demandé d'indiquer si une décision était prise ou non dans le dilemme de Sabine dans cet extrait. Je dois avouer que je n'ai pas trop compris En gros elle a décidé de ne pas choisir entre ses frères ou son mari? Ou alors elle a choisi de ne pas choisir pour les liens mais plutôt de regarder la cause qu'elle souhaite défendre ?

Acte III, scène 1 :

Prenons parti, mon âme, en de telles disgrâces :
Soyons femme d’Horace, ou sœur des Curiaces ;
Cessons de partager nos inutiles soins ;
Souhaitons quelque chose, et craignons un peu moins.
Mais, las ! Quel parti prendre en un sort si contraire ?
Quel ennemi choisir, d’un époux ou d’un frère ?
La nature ou l’amour parle pour chacun d’eux,
Et la loi du devoir m’attache à tous les deux.
Sur leurs hauts sentiments réglons plutôt les nôtres ;
Soyons femme de l’un ensemble et sœur des autres :
Regardons leur honneur comme un souverain bien ;
Imitons leur constance, et ne craignons plus rien.
La mort qui les menace est une mort si belle,
Qu’il en faut sans frayeur attendre la nouvelle.
N’appelons point alors les destins inhumains ;
Songeons pour quelle cause, et non par quelles mains ;
Revoyons les vainqueurs, sans penser qu’à la gloire
Que toute leur maison reçoit de leur victoire ;
Et sans considérer aux dépens de quel sang
Leur vertu les élève en cet illustre rang,
Faisons nos intérêts de ceux de leur famille :
En l’une je suis femme, en l’autre je suis fille,
Et tiens à toutes deux par de si forts liens,
Qu’on ne peut triompher que par les bras des miens.
Fortune, quelques maux que ta rigueur m’envoie,
J’ai trouvé les moyens d’en tirer de la joie,
Et puis voir aujourd’hui le combat sans terreur,
Les morts sans désespoir, les vainqueurs sans horreur.
Flatteuse illusion, erreur douce et grossière,
Vain effort de mon âme, impuissante lumière,
De qui le faux brillant prend droit de m’éblouir,
Que tu sais peu durer, et tôt t’évanouir !
Pareille à ces éclairs qui dans le fort des ombres
Poussent un jour qui fuit et rend les nuits plus sombres,
Tu n’as frappé mes yeux d’un moment de clarté
Que pour les abîmer dans plus d’obscurité.
Tu charmais trop ma peine, et le ciel, qui s’en fâche,
Me vend déjà bien cher ce moment de relâche.
Je sens mon triste cœur percé de tous les coups
Qui m’ôtent maintenant un frère ou mon époux.

Merci 

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Corneille, Horace, acte III, scène 1

en fait, à ce que j'ai remarqué, c'est un discours délibératif puisqu'il est question du dilemme cornélien, il faut que Sabine prenne une décision, mais dans ce passage je vois qu'elle n'a toujours pas choisi c'est bien clair dans les deux derniers vers
Je sens mon triste cœur percé de tous les coups
Qui m’ôtent maintenant un frère ou mon époux. 
le fait qu'elle a mis la conjonction de coordination "ou" montre qu'elle est encore en perplexe et qu'elle n'optent pour aucun d'entre les deux, quoiqu'elle essaye de regarder la cause qu'elle souhaite défendre , elle n'arrive toujours pas à se décider.