11 (Modifié par Jean-Luc 27/03/2016 à 11:19)

Laclos, Les Liaisons dangereuses - Exposé sur les liaisons dangereuses

Je trouve dommage que l'exposé ne reprenne pas l'intention morale de Laclos, les dangers que courent les jeunes filles lorsqu'elles ne sont pas éduquées. Les Liaisons dangereuses n'existent que par l'aveuglement, la mascarade sociale et la sottise, notamment de Mme de Volanges.

En outre faire de Valmont un être racheté par l'amour me semble être un contresens. N'oublions pas les conditions dans lesquelles il écrit sa lettre de rupture à Madame de Tourvel. Valmont reste un être cruel, sardonique au ricanement diabolique. Laclos condamne sans appel ces roués qui pervertissent.

12 (Modifié par soso1945 27/03/2016 à 14:29)

Laclos, Les Liaisons dangereuses - Exposé sur les liaisons dangereuses

Je vous remercie infiniment tous les deux. Mais je voudrais savoir quels sont les points qui posent problème dans mon dernier plan (ceux que je peux garder/ utiliser (même dans les autres plans) et ceux que je dois éliminer ).

Je trouve dommage que l'exposé ne reprenne pas l'intention morale de Laclos, les dangers que courent les jeunes filles lorsqu'elles ne sont pas éduquées. Les Liaisons dangereuses n'existent que par l'aveuglement, la mascarade sociale et la sottise, notamment de Mme de Volanges.

Si je l'avais évoquée dans le deuxième plan que j'avais proposé:
III- les liaisons dangereuses: une œuvre moralisatrice
1- une fin tragique (la mort du comte de Valmont et de la présidente, la disgrâce de Cécile et de la comtesse)
la mort purificatrice  ( la présidente)
la disgrâce de Cécile et de Mme de Merteuil
2- la fonction cathartique de l’œuvre
le lecteur est appelé à s'identifier aux personnages
3- l’œuvre: une réflexion sur  la société
le libertinage, le mariage
l'incommunicabilité entre mère et fille/ l'insuffisance de l’éducation religieuse

En outre faire de Valmont un être racheté par l'amour me semble être un contresens.

je vois qu'il avait changé à la fin. Il est amoureux et cela provoque la révolte/ la rupture entre les deux complices.
si le désir qu'il éprouve envers Mme de Merteuil le rend cruel et perfide, l'amour que lui suscite la présidente le rend "lyrique" et plus passionnel. il est tiraillé entre deux femmes qui s'opposent en tout: la première est séductrice et impure, la deuxième est vertueuse et sincère. pourtant, faible devant les deux, il fut la cause de leur perte (Merteuil est démasquée à cause de lui/ la présidente est morte en croyant qu'il ne l'aimait pas)

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Laclos, Les Liaisons dangereuses - Exposé sur les liaisons dangereuses

Il faut donc reprendre cette partie que je n'avais pas vue dans la dernière proposition.
Je ne crois pas à la conversion de Valmont.
Si les deux libertins se perdent c'est à cause de leur rivalité orgueilleuse. Ce sont d'abord des intellectuels et des êtres de plaisir (satisfaction de l'ego). Valmont regrette moins d'avoir perdu la présidente que d'avoir cédé aux injonctions de Madame de Merteuil.

14 (Modifié par soso1945 27/03/2016 à 19:19)

Laclos, Les Liaisons dangereuses - Exposé sur les liaisons dangereuses

Problématique : en quoi les liaisons dangereuses dans les liaisons dangereuses mettent elles en scène la complexité des rapports qui se tissent entre des couples opposés, mais aussi les défauts de la société ?
I-    les liaisons dangereuses dans les liaisons dangereuses
1-      le couple diabolique: Valmont et madame de Merteuil (des meneurs du jeu)
2-     l’innocence déchue: Cécile et Danceny ou l'initiation au monde des libertins (les pantins)
3-      l’aveuglement de la  vertu face à la dépravation (Mme de Volanges/ la mère dupée)

II-    le délitement du cercle dangereux
1-    Valmont et la présidente/ Valmont et Mme de Merteuil: des morts physiques/ une mort symbolique
2-    Cécile et Danceny: le dévoilement/ la fin de l’innocence et de l’amour
3-    un itinéraire collectif : la fin de la mascarade
la séparation, voire les choix de éloignement: délibérés (Cécile et Danceney) ou forcés (Mme de Merteuil)
III-    les liaisons dangereuses: une œuvre moralisatrice
1-    la femme face à elle-même : entre la volonté de croire (Cécile et la présidente) et la volonté de nuire (Mme de Merteuil)/ entre sincérité et hypocrisie/ amour et concupiscence
2-    l’homme face à la femme : faiblesse devant la tentation/ la femme un défi- une complice-une ennemie- l’objet désiré (chosification de la femme)/ le jeu du dominé-dominateur
3-    la fonction cathartique de l’œuvre : une réflexion sur  la société
Le libertinage, le mariage
l'incommunicabilité entre mère et fille/ l'insuffisance de l’éducation religieuse


j’espère que cette fois, j'ai pas fait de contresens.

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Laclos, Les Liaisons dangereuses - Exposé sur les liaisons dangereuses

Je trouve que c'est excellent.
Juste un point pour finir : dans quelle mesure Laclos est-il véritablement un moraliste ? Ne se montre-t-il pas complaisant à l'égard du vice par excès d'habileté stylistique ?

16 (Modifié par soso1945 27/03/2016 à 19:57)

Laclos, Les Liaisons dangereuses - Exposé sur les liaisons dangereuses

I-les liaisons dangereuses: une œuvre moralisatrice
1-    la femme face à elle-même // l’homme face à la femme :
2-    la fonction cathartique de l’œuvre : une réflexion sur  la société
3-    la position ambiguë de l'auteur: entre condamnation et  complaisance à l’égard du vice
les lettres= paroles= pouvoir (ceux qui parlent plus sont ceux qui ont plus de pouvoir)//  la double énonciation et la polyphonie pour construire une certaine complicité avec le lecteur
l'image des héros : des antihéros qui refusent la vertu, l'attaquent et la condamnent
=>  (un aspect inhumain/ ils sont  déshumanisés: l'animalisation du couple diabolique qui cherche par tous les moyens à satisfaire ses désirs. Nous sommes face à des prédateurs qui sont aux guets de leurs proies
=>un aspect surhumain: car ils ont un très grand pouvoir sur les autres qui leur permet de changer leur destin )
le recours à l'argumentation: l’œuvre semble être un plaidoyer du vice qui est défendu et justifié à travers les paroles de Valmont et de sa complice (on peut même parler d'humour noir: le mal et le vice rationalisés, justifiés et défendus )
la défaite de la vertu face au vice= tous les personnages sont broyés parce qu'ils cèdent à la tentation
dès lors, il faut noter les limites de cette complaisance. certes, le vice a du pouvoir, mais la fin tragique à laquelle ils mènent tous les protagonistes permet de voir que le mal a toujours une fin (mort, variole, éloignement, disgrâce)

J'ai tenté de modifier le dernier point pour tenir compte de votre remarque. Qu'est ce que vous en pensez maintenant?

17 (Modifié par Jean-Luc 27/03/2016 à 21:33)

Laclos, Les Liaisons dangereuses - Exposé sur les liaisons dangereuses

C'est très bien.

Je précise ma remarque pour éviter toute erreur d'interprétation.

Le mot qui m'a fait un peu réagir dans un précédent message est celui de moralisateur ou moralisatrice.
Laclos est un moraliste, comme La Rochefoucauld ou La Bruyère. Il étudie les moeurs pour montrer ce qu'elles ont de déraisonnables. Le moraliste est ennemi des passions. Dans son roman, Laclos ne cherche pas tant à dénoncer les attaques contre la morale qu'à montrer comment les libertins quittent la condition humaine et sont un danger pour la société. Laclos est libre-penseur, sa conduite se fonde sur l'usage de la raison.

Entouré de gens sans mœurs, j'ai imité leurs vices ; j'ai peut-être mis de l'amour propre à les surpasser. — (Laclos, Les Liaisons dangereuses, 1782)

Soucieux de passer derrière le masque d'hypocrisie pour mettre en lumière les mobiles et le fonctionnement de la secte des roués, Laclos les rend plus "intéressants", plus séduisants que les pauvres naïfs qu'ils manipulent et dont ils se moquent. Les lettres de Merteuil et de Valmont sont des chefs-d'oeuvre de prise de pouvoir sur les personnes. En ce sens Laclos peut paraître complaisant avec le vice. La fin du roman avec la maladie enlaidissante et la mort sociale de Mme de Merteuil peut paraître plaquée. Elle est sans doute le signe que l'auteur a voulu rétablir un équilibre bienséant pour éviter le reproche d'apologie du vice. Enfin le roman a longtemps été considéré comme sulfureux. Les manuels de littérature scolaires ne lui ont fait une place que récemment.

des prédateurs qui sont aux guets de leurs proies

Qui sont aux aguets
ou
qui guettent leurs proies

18 (Modifié par soso1945 27/03/2016 à 21:56)

Laclos, Les Liaisons dangereuses - Exposé sur les liaisons dangereuses

je pense que c'est ce que j'ai rédigé. veuillez m'indiquer mon erreur de manière plus précise. 
Effectivement, Valmont et Mme de Merteuil ont plus d’épaisseur, et de consistance que Cécile et Danceney... le lecteur est plus excité à voir leur stratagèmes diaboliques et comment ils sont mobilisés pour détruire les autres personnages

3-la complaisance à l’égard du  vice: un masque pour l’étudier et le  dénoncer.
l’écart entre le début et la fin: des prédateurs à l'apogée de leur pouvoir/ la fin horrible du mal

j’espère que cette modification est bonne  (mon réservoir d'idées commence à tarir) 
=> le "a" de aguets s'est envolé lorsque j’écrivais, je n'ai pas fait attention (le verbe est "guetter")

19 (Modifié par Jean-Luc 27/03/2016 à 22:10)

Laclos, Les Liaisons dangereuses - Exposé sur les liaisons dangereuses

Il faut enlever moralisatrice et le remplacer par "une oeuvre de moraliste". Il y a un aspect paradoxal dans la manière de dénoncer le système libertin que le mot "oeuvre moralisatrice" détruit.

20 (Modifié par soso1945 27/03/2016 à 22:30)

Laclos, Les Liaisons dangereuses - Exposé sur les liaisons dangereuses

Merci Jean-luc, c'est plus clair maintenant. Voilà mon plan final

I-    les liaisons dangereuses dans Les Liaisons Dangereuses
1-     le couple diabolique: Valmont et madame de Merteuil (des meneurs du jeu)
2-     les deux pantins innocents: Cécile et Danceny ou l'initiation au monde des libertins
3-     l’aveuglement de la  vertu face à la dépravation (Mme de Volanges:  la mère dupée/ Mme de rosemond: l’hôte du vice à son insu)

II-    le désagrégement du cercle périlleux
1-    le triangle d'amour (Valmont, Mme de Merteuil, la présidente): la séparation physique (la mort) et symbolique
2-    Cécile et Danceny: le dévoilement (la fin de l’innocence et de l’amour)/ l'exil
3-    un itinéraire collectif : la fin de la mascarade (les liens entre les personnages se défont)

III-    les liaisons dangereuses: un projet moralisateur
1-    un face à face entre la femme et elle-même // l’homme et la femme :
2-    la fonction cathartique de l’œuvre : une société déchue
3-    la complaisance à l’égard du  vice: un masque pour l’étudier et le  dénoncer