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Utilisation de l'adverbe beaucoup, de beaucoup

Bonjour,

J'étudie actuellement certains mécanismes de notre belle langue et j'ai une question qui reste sans réponse et semble insolvable....

L'adverbe beaucoup est utilisé pour modifier un verbe

par exemple :
J'aime beaucoup le cinéma

il parle beaucoup
....
Mais utilisé avec le verbe préférer, il faut lui ajouter la particule "de" : " je préfère de beaucoup...."

Et la grande question de jour... c'est... pourquoi?

Y a - t -il une raison ou est-ce juste une exception?

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Utilisation de l'adverbe beaucoup, de beaucoup

Bonjour Enkariss,

Un début de réponse à ton problème insoluble :

Dans un certain nombre d'expressions, l'adverbe beaucoup se combine avec les prépositions :

à beaucoup près indique l'écart, la différence (surtout faibles) possibles ou réels.

De beaucoup, exprime une différence ou un degré très notables : Il est de beaucoup le plus jeune. Dans ce dernier cas, le "de" pourrait avoir sa signification de provenance. Bâ devrait nous dire si cette supposition entre dans son schéma théorique.

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Utilisation de l'adverbe beaucoup, de beaucoup

hum, je vois, mais cela n'explique pas que l'on ne puisse dire "il prefere beaucoup" par exemple. Et que l'on soit obligé d'y rejouter une particule, ou un "plus"
en effet
"preférer beaucoup plus" est possible.....

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Utilisation de l'adverbe beaucoup, de beaucoup

Bonjour,

Préférer impose une comparaison, donc un avis relatif.
J'aime beaucoup est un avis absolu.
Si j'utilise préférer, je suis obligé de l'assortir d'une expression comparative.

J'aime beaucoup le thon.
J'aime beaucoup plus le thon que mes illusions (qui sont détruites).
Je préfère le thon à mes illusions.
Je préfère beaucoup plus le thon que mes illusions.
Je préfère de beaucoup le thon à mes illusions.

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Utilisation de l'adverbe beaucoup, de beaucoup

ah ! merci beaucoup ! Tu viens d'éclairer ma lanterne !
Je ne sais pas où tu as "pêché" ces exemples, mais ils m'ont bien aidé, merci. (et donné envie de manger du poisson)

Utilisation de l'adverbe beaucoup, de beaucoup

En effet, avec préférer tu as l'idée d'un choix
Je préfère "de" beaucoup = je préfère, je choisis "parmi" beaucoup, celui-ci

Utilisation de l'adverbe beaucoup, de beaucoup

Bonjour...

Léah a écrit:
Je préfère "de" beaucoup = je préfère, je choisis "parmi" beaucoup, celui-ci

Ne serait-ce pas plutôt: << préférer à beaucoup >>?


Quant à << préférer beaucoup plus >>, il ne me semble pas que ce soit très cohérent au niveau du sens, et je pense que ce doit être << limite >> en syntaxe...

Préférer X à Y c'est aimer plus X qu' Y. Peut-on aimer plus beaucoup plus X qu'Y? C'est un peu redondant! J'y préférerais << aimer largement plus >>, cest-à-dire: << préférer largement >>.

Utilisation de l'adverbe beaucoup, de beaucoup

Bonsoir !

BEAUCOUP

Puisque je ne mange pas suffisamment de thon, j'ai dû aller chercher des oméga 3 chez Grevisse, Hanse, Le Robert et Thomas.
Toutes les formules grammaticales ne seront pas indiquées ; celles qui ne le sont pas seront indiquées comme telles.

1 UN COMPARATIF DE SUPÉRIORITÉ OU D’INFÉRIORITÉ peut recevoir des indications de degré, exprimées par les adverbes bien, beaucoup, un peu, infiniment, de loin, autrement, tellement, infiniment.
* L’avenir est BIEN / BEAUCOUP PLUS INQUIÉTANT que je ne pensais.
* C’est TELLEMENT PLUS BEAU quand on est seul ! (Romain Rolland)

Avec MEILLEUR et MOINDRE, BIEN est plus courant que beaucoup. NÉANMOINS :
* Ce vin est BEAUCOUP MEILLEUR. (Académie)
* La situation n’est pas BEAUCOUP MEILLEURE. (Gide)
* Le phénomène est BEAUCOUP MOINDRE qu’en U.R.S.S. (Sartre)

BEAUCOUP MIEUX : reste courant.
Beaucoup pire / pis : devenus très rares. → BIEN PIRE / PIS.

PLACÉ APRÈS L’ADJECTIF AU COMPARATIF, beaucoup doit être précédé de la préposition DE ; celle-ci est facultative quand beaucoup est placé DEVANT.
* Vous êtes PLUS SAVANT DE BEAUCOUP. (Académie)
* Il est (DE) BEAUCOUP PLUS SAVANT. (Académie)
(Je n’ai pas trouvé la signification de la préposition « de ».)

Gide trouvait déplorable « AUTREMENT PLUS ».
Grevisse le cite cependant chez Thérive, Tharaud, R. Martin du Gard, Montherlant, Vercors ; il a trouvé « AUTREMENT MIEUX » chez Miomandre et Kessel.

2 DEVANT OU APRÈS UN SUPERLATIF :
* Il est DE BEAUCOUP / DE LOIN LE PLUS SAVANT.
* C’est LE PLUS MALIN DE BEAUCOUP.

3 DEVANT L’ADVERBE DE COMPARAISON SEUL (non suivi d’un adjectif) : mieux, moins, plus, trop.
* Il travaille BIEN / BEAUCOUP MIEUX.
* Il travaille BIEN / BEAUCOUP PLUS.

4 APRÈS UN VERBE EXPRIMANT LA SUPÉRIORITÉ :
* Ce projet l’emporte DE BEAUCOUP / DE LOIN sur l’autre.
En dehors de cette hypothèse :
* La valise déborde (DE) BEAUCOUP.
* On aurait BEAUCOUP surpris le Joseph… (Giono)
Si j’ose extrapoler modestement :
* Je préfère DE BEAUCOUP / DE LOIN le thon À mes illusions.
* J’aime BEAUCOUP PLUS le thon QUE mes illusions.

5 AU POSITIF :
* Vous êtes BIEN AIMABLE. (° beaucoup aimable.)
* Vous n’êtes PAS TRÈS AIMABLE. (J’ai déjà lu : pas bien aimable.)
* Dévoué, il L’EST BEAUCOUP.

6 DIVERS
* IL Y EN A BEAUCOUP qui le croient. (En renvoie au nom représenté.)
* IL EN FAUT BEAUCOUP. (Idem)
* J’EN connais BEAUCOUP qui seraient contents. (Renvoie à « des gens ».)
* Il S’EN FAUT DE BEAUCOUP. (Quantité ou qualité, cela semble acquis.)
* Il a BEAUCOUP DE courage. (Déterminant indéfini)
* Il a BIEN DU courage. (Idem. Appréciation subjective)
* Il N’A PAS BEAUCOUP / N’A GUÈRE DE courage. (Idem)
* BEAUCOUP D’ENTRE / PARMI NOUS. (° Beaucoup de nous.) (Pronom indéfini)

Utilisation de l'adverbe beaucoup, de beaucoup

Bonsoir!


Édy, vous dîtes n'avoir pas trouvé le sens de la préposition << de >> dans << Il est de beaucoup plus savant (que...). >>.

Je pense que la syntaxe de cette phrase est radicalement différente de celle de << Il est beaucoup plus savant. >>! Il y a nuance sémantique.

Dans << beaucoup plus >>, l'adverbe se rapporte au comparatif de supériorité dont il accentue le sens.

Dans << Il est, de beaucoup, plus savant. >> (j'ai mis les virgules pour que ce soit plus clair), << de beaucoup >> n'est pas un complément du syntagme adjectival, mais un complément de phrase. Au niveau sémantique, il indique une manière, plus précisément, à quel point << il >> est ainsi.

Bon... Vous direz qu'il s'agit de deux manières pour dire la même chose... Je pense que d'insérer (entre virgules) un complément de phrase entre la copule et l'attribut permet de marquer une différence de ton et une rupture dans la syntaxe qui offrent une possibilité d'insistance et de conviction...

À noter que ce << de beaucoup >> peut s'employer ailleurs, sans adjectif, ce qui permet de lever l'ambiguïté quand à la syntaxe de la phrase: << Elle a raté son examen, et de beaucoup. >>.


Bonne soirée!

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Utilisation de l'adverbe beaucoup, de beaucoup

Bonjour,

Je serais plutôt d'accord avec Bââ.
Dans la nuit profonde, comptant mes moutons, cher Edy, je comparais "je préfère de beaucoup le thon" où "de beaucoup" renforçait le comparatif à d'autres énoncés du type "Le thon bat tous les autres poissons de beaucoup", "Le thon dépasse de beaucoup les illusions", "il s'en faut de beaucoup (de peu) que le thon ne soit sot, piqué"...
J'en concluais alors que dans ces énoncés la comparaison s'estompait et mon attention était attirée sur cette fameuse préposition "de". J'en suis arrivé à formuler cette hypothèse qui contredirait l'avis de Léah qui y voyait un "parmi" : j'envisagerais plutôt une focalisation sur la distance qui sépare l'objet considéré de la population de référence = de (origine) beaucoup à (état d'arrivée).
Fatigué par ce remue-méninges, je me suis endormi...