1 (Modifié par daniel750 23/02/2016 à 22:59)

Subjonctif après "le plus…" et "le moins…"

Bonjour à tous et à tous,

Quelqu’un saurait-il expliquer la présence de subjonctif après « le plus … », « le moins … » ?
Ex : C’est la personne la plus sympa que je connaisse.

Peut-on voir un lien avec le subjonctif dans des phrases telles que :
- je veux que tu viennes
- J’ai besoin d’un manteau qui soit chaud ?

Merci d’avance pour votre aide,

Cordialement,

Daniel

Subjonctif après "le plus…" et "le moins…"

Bonsoir.

Selon la grammaire Riegel, quand l'antécédent exprime comme ici un choix restrictif (voire unique) au sein d'un ensemble de possibles (le premier... le plus... le moins... le dernier...  etc. ) le verbe au subjonctif dans la relative met l'accent sur l'ensemble des possibles parmi lesquels s'est effectué ce choix.

C’est la personne la plus sympa que je connaisse.
Je fais un choix restrictif (la personne la plus sympa) parmi toutes mes connaissances possibles.

Dans : J’ai besoin d’un manteau qui soit chaud le subjonctif dans la relative s'explique parce que l'existence d'un tel manteau est simplement envisagée ou souhaitée.

Subjonctif après "le plus…" et "le moins…"

Ça se discute semble-t-il. Voir ceci.

Subjonctif après "le plus…" et "le moins…"

Qu'y a-t-il de contradictoire avec l'explication de Riegel ?

Subjonctif après "le plus…" et "le moins…"

Rien de contradictoire. Il semble seulement que le présent de l'indicatif est possible et c'est ce que j'ai pu lire ailleurs suite à la question posée.
A tort ou à raison, cela ne me paraissait pas ressortir aussi nettement dans votre réponse.

6

Subjonctif après "le plus…" et "le moins…"

Je crois que Jehan est un chaud tenant du subjonctif dans cette circonstance :
https://www.etudes-litteraires.com/foru … ml#p113833
et il a raison car c'est bien généralement le cas.
Néanmoins, l'indicatif peut parfois s'employer, comme le rappellent Girodet ou Hanse :
https://www.example.net/pics/657368PhotoScan12.jpg
https://www.example.net/pics/254468PhotoScan11.jpg

Subjonctif après "le plus…" et "le moins…"

Je crois que Jehan est un chaud tenant du subjonctif dans cette circonstance

On est deux alors.

Les deux derniers exemples me paraissent  d'une autre sorte.

C'était la seule chose qu'il faisait. C'est le meilleur qui a gagné;
Ce sont des faits réalisés, et non simplement pensés, donc indicatif évidemment.

Subjonctif après "le plus…" et "le moins…"

J'ai effectivement omis de dire que le subjonctif n'était pas le seul mode possible, même si c'est  le mode le plus courant.
Je me suis contenté de donner une explication de l'emploi dudit subjonctif dans ces tournures, en réponse à la question posée.

Riegel précise en sus : "L'indicatif, souvent moins adéquat, établit une présupposition d'existence."

9 (Modifié par paulang 24/02/2016 à 14:11)

Subjonctif après "le plus…" et "le moins…"

Il semble bien que chacun écrit et dit comme il ressent.
C'est le plus beau voyage que nous ayons fait. Si réserve ou atténuation il y a, ce ne peut-être que par comparaison avec C'est le plus beau voyage que nous avons fait qui affirme un fait après comparaison avec d'autres voyages.
Comment pourrait-on d'ailleurs exprimer ce fait autrement qu'avec un superlatif relatif ?
Edit : Pas vu la dernière réponse de Jehan avant de poster.

10 (Modifié par lamaneur 24/02/2016 à 14:30)

Subjonctif après "le plus…" et "le moins…"

Ces nuances entre indicatif et subjonctif entraînent toujours des débats passionnés. On peut lire avec amusement les échanges sur un autre blog :
http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2009 … ubjonctif/
et, avec intérêt, les développements grammaticaux sur la question :
https://books.google.fr/books?id=e9p-t3 … mp;f=false
Et il ne faudrait pas croire que ces débats soient récents. Voici dans une livraison de 1835 du Journal grammatical et didactique de la langue française, un long plaidoyer de monsieur Bescherelle lui-même pour la licéité de l'indicatif, avec une nuance de sens.

Vous dites, en terminant votre réponse, que il est le plus savant que je connais ne serait pas français.
Pour acquérir la preuve du contraire, il suffit d'ouvrir le premier livre venu. Nos écrivains fournissent de nombreux exemples de l'emploi de l'indicatif après un superlatif. Je me bornerai aux suivants:
C'était la plus intrépide menteuse que j'ai connue. (Marivaux)
C'est la plus belle occasion que j'aurai jamais de vous peindre tant d'illustres originaux, et la seule peut-être que vous aurez de les connaître. (J.-J. Rousseau.)
Madame Clot, bonne femme au demeurant, était bien la vieille ta plus grognon que je connus de ma vie. (J.-J. Rousseau. )
Je suis le fils du grand Ulysse, le plus sage des rois de la Grèce, qui ont renversé la superbe ville de Troie. (Fénelon)
J'ai fait de mon héros le portrait le plus brillant et le plus majestueux que j'ai pu. (Voltaire)
Nous vivons dans la plus grande amitié qu'il est possible. (Voiture)
Le plus grand mal que fait un ministre sans probité, n'est pas de desservir son prince et de ruiner son peuple. Il y en a un autre, à mon avis, mille fois plus dangereux : c'est le mauvais exemple qu'il donne. (Montesquieu)
Je fais la meilleure contenance que je puis. (mme de Sévigné)
C'est le moindre secret qu'il pouvait nous apprendre. (Racine)
Le moins de servitude qu'on peut est le meilleur. (Pascal)
La moindre louange qu'on peut lui donner, c'est d'être sorti de l'ancienne et illustre maison de la Tour d'Auvergne. (Fléchier)

Et en effet pourquoi ne serait-il pas permis de faire usage de l'indicatif, lorsqu'on a l'intention d'affirmer quelque chose de positif ?

L'emploi des deux modes dépend entièrement, à mon sens, des vues de l'esprit. Celui qui dit : C'est le plus grand savant que je connais, parle d'un ton absolu, et veut présenter le fait qu'il avance comme incontestable.

Mais celui qui dit: C'est le plus savant que je connaisse, se sert du subjonctif parce qu'il craint que l'expression décisive, péremptoire, absolue, le plus grand savant, qui précède le verbe, n'éprouve quelque contradiction, et qu'il veut par-là affaiblir son assertion par l'emploi d'une expression dubitative et en quelque sorte palliative. C'est un euphémisme.