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Miracle de l'abbesse grosse

Bonjour,

je suis en licence de lettres et je travail actuellement sur une pièce datant du 14ème, intitulée l'Abbesse grosse et faisant partie du corpus des 40 miracles de Nostre-Dame. Je dois rendre un commentaire composé sur cette pièce et je me heurte à de nombreux doutes.

Déjà, ma problématique me semble bancale: je voulais traiter de la fonction cathartique de cette pièce en étudiant les différentes formes de catharsis présentes dans l'oeuvre: une catharsis par la distanciation, et donc le rire. Une catharsis par la pitié, et l'identification du spectateur au personnage (donc la définition aristotélicienne grosso modo), et une catharsis par le salut opposé à la punition du coupable prôné par Aristote.

Mon plan n'arrive pas inclure la question de la pitié et de l'identification du spectateur au personnage:

I. Castigat ridendo mores

a) satyre du corps ecclésiastique
b) détournement de la poésie courtoise
c) détournement de la parole, le verbe diabolique

II. Structure et didactisme

a) paroles fausses et paroles vraies: la conversion du verbe
b) dédoublement des plans diégétiques: éclatement et unification
c) Une dramaturgie au service du prêche, la notion d'exemplum

III. Un texte tourné vers l'accouchement

a) Marie et la maïeutique, accouchement du corps et de l'esprit
b) Une virginité retrouvée: l'extraction du problème posé par le texte
c) une catharsis par le salut, la religion du pardon

J'avoue que je suis un peu désespéré, n'étant pas du tout médiéviste, je m'arrache un peu les cheveux sur cette pièce. Est-ce que quelqu'un la connait ? quelqu'un aurait un conseil pour moi ? Je sens que mon plan n'est pas efficace. En fait à l'heure actuelle je doute de tout.

si un esprit plus éclairé sur le sujet pouvait me donner un petit coup de pouce, je serais infiniment reconnaissant.

Merci d'avance

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2 (Modifié par Yvain 31/01/2016 à 20:20)

Miracle de l'abbesse grosse

Bonjour,

je suis en licence de lettres et je travail actuellement sur une pièce datant du 14ème, intitulée l'Abbesse grosse et faisant partie du corpus des 40 miracles de Nostre-Dame. Je dois rendre un commentaire composé sur cette pièce et je me heurte à de nombreux doutes.

Déjà, ma problématique me semble bancale: je voulais traiter de la fonction cathartique de cette pièce en étudiant les différentes formes de catharsis présentes dans l'oeuvre: une catharsis par la distanciation, et donc le rire. Une catharsis par la pitié, et l'identification du spectateur au personnage (donc la définition aristotélicienne grosso modo), et une catharsis par le salut opposé à la punition du coupable prôné par Aristote.

Mon plan n'arrive pas inclure la question de la pitié et de l'identification du spectateur au personnage:
Vous mettez la catharsis à toutes les sauces... Aristote l'applique à la tragédie, je vous le rappelle ; elle découle de la crainte et de la pitié à la vue des malheurs qui frappent des êtres qui ne méritent pas leur destin funeste.

I. Castigat ridendo mores

a) satyre du corps ecclésiastique
satire, s'il vous plaît ! Et la satire épargne l'évêque.

b) détournement de la poésie courtoise
Oui.

c) détournement de la parole, le verbe diabolique
Je ne comprends pas.

II. Structure et didactisme

a) paroles fausses et paroles vraies: la conversion du verbe
Où sont les paroles fausses : tout le monde dit vrai dans cette pièce.

b) dédoublement des plans diégétiques: éclatement et unification
Sans doute, mais un peu mal placé.

c) Une dramaturgie au service du prêche, la notion d'exemplum
Quel prêche ? Celui du début ?

III. Un texte tourné vers l'accouchement

a) Marie et la maïeutique, accouchement du corps et de l'esprit
L'abbesse se confesse spontanément à l'évêque, Marie ne lui a pas demandé.

b) Une virginité retrouvée: l'extraction du problème posé par le texte
Sans doute, mais l'abbesse devient "dame" à la fin.

c) une catharsis par le salut, la religion du pardon
Sans doute.

Il ne ressort pas grand chose de cette étude. Au XIVème siècle, le théâtre religieux tend à perdre de sa spiritualité ancienne. Cette pièce s'adresse à un public de mondains, c'est évident quant on remarque la noblesse d'esprit conférée à l'évêque, le sort de l'abbesse et le personnage de la Vierge qui recommande à ses clercs de lui chanter des rondels pour son voyage sur terre ! Tout finit bien, y compris pour l'enfant. C'est le théâtre "à l'eau de rose" de l'époque, grivoiserie en plus !!! Satire sociale ? A peine. Spectacle divertissant pour la guilde des orfèvres...

Il me semble que vous pourriez travailler sur le détournement du miracle au XIVème siècle

3 (Modifié par Jehan 01/02/2016 à 00:47)

Miracle de l'abbesse grosse

Vous mettez la catharsis à toutes les sauces... Aristote l'applique à la tragédie, je vous le rappelle ; elle découle de la crainte et de la pitié à la vue des malheurs qui frappent des êtres qui ne méritent pas leur destin funeste.

Pour la catharsis je suis d'accord avec vous je la mets un peu à toutes les sauces. Cependant Aristote n'a justement travaillé QUE sur la catharsis dans le cadre de la tragédie alors que les analystes modernes parlent de la catharsis dans le cadre du comique. (je vous réfère à une communication intitulée "la catharsis comique") il existe donc différents types de catharsis selon les travaux actuels, merci de vous renseigner.......

"Où sont les paroles fausses : tout le monde dit vrai dans cette pièce."

Hum je ne suis pas d'accord, l'abbesse ment aux bonnes sœurs à partir du moment où l'intrigue amoureuse commence.
Exemple : " mes suers, bien voy que longuement cy endroit m'avez attendu mais j'ai toute jours entendu aus besoignes de nostre hostel et tant fait puis d'un puis d'el que plus tost n'ay pu venir et s'ay si grant fain de dormir que je ne say ou me tourner" dit l'abbesse page 71 alors qu'elle ne répondait pas du tout au besoin de son église, mais qu'elle était en train de déclarer son amour au clerc. De même elle n'a pas du tout besoin de dormir: elle souhaite retrouver le clerc pour coucher avec."
Idem pour les bonnes sœurs qui mentent à l'abbesse en disant qu'elle vont voir une tante alors qu'elle se rendent auprès de l'évêque pour lui rapporter les péchés de l'abbesse.
Avez-vous au moins lu cette pièce ??

b) dédoublement des plans diégétiques: éclatement et unification
"Sans doute, mais un peu mal placé."

Très constructif, merci pour le conseil

c) Une dramaturgie au service du prêche, la notion d'exemplum
"Quel prêche ? Celui du début ?"

Oui.

III. Un texte tourné vers l'accouchement
a) Marie et la maïeutique, accouchement du corps et de l'esprit
"L'abbesse se confesse spontanément à l'évêque, Marie ne lui a pas demandé."

Certes, mais c'est assez pauvre comme réflexion. Il y a clairement un lien à faire entre l'accouchement du corps et celui de l'esprit qui arrive justement après l'intervention de Marie.

b) Une virginité retrouvée: l'extraction du problème posé par le texte
Sans doute, mais l'abbesse devient "dame" à la fin.

Et alors ? Quelle est l'utilité de cette remarque ?

c) une catharsis par le salut, la religion du pardon
Sans doute.

Merci.

Il ne ressort pas grand chose de cette étude.


Merci encore, je peux dire la même chose de vos réflexions.

Au XIVème siècle, le théâtre religieux tend à perdre de sa spiritualité ancienne. Cette pièce s'adresse à un public de mondains, c'est évident quant on remarque la noblesse d'esprit conférée à l'évêque, le sort de l'abbesse et le personnage de la Vierge qui recommande à ses clercs de lui chanter des rondels pour son voyage sur terre ! Tout finit bien, y compris pour l'enfant. C'est le théâtre "à l'eau de rose" de l'époque, grivoiserie en plus !!! Satire sociale ? A peine. Spectacle divertissant pour la guilde des orfèvres...Il me semble que vous pourriez travailler sur le détournement du miracle au XIVème siècle.

Pardon, mais qui êtes vous ?? Désolé mais je vais me permettre de ne pas trop suivre vos conseils qui ne m'inspirent guère. Je pense au contraire que cette pièce a une fonction didactique et non pas seulement divertissante. Placere et docere.  "la vierge qui recommande à ses clercs de lui chanter des rondels" vous voulez dire ses anges plutôt non ? Désolé mais votre réflexion ne me plait pas trop... Peut-être suis-je totalement en tort, mais je préférerais attendre un autre avis que le vôtre, qui ne me semble pas très pertinent.... Désolé. Ou alors pourriez vous étayer votre propos un peu plus ? Car pour l'instant vos réponses sont au moins aussi fades que mon plan.

Dans l'attente de votre réponse, je vous souhaite une très bonne soirée.

Miracle de l'abbesse grosse

Pardon, mais qui êtes vous ??

Avant qu'il ne te réponde plus en détail, je peux déjà te préciser que Jacquesvaissier est un professeur de lettres expérimenté.

5 (Modifié par blacknote 01/02/2016 à 01:52)

Miracle de l'abbesse grosse

D'accord... pour l'instant ce qu'il me dit ne correspond pas vraiment aux maigres informations que m'a donné mon professeur (spécialiste de la littérature médiéval, même si je n'aime pas bien les arguments d'autorités)

Par ailleurs le mensonge a bien une place centrale dans le Miracle de l'abbesse grosse... Pour le coup il suffit juste de lire la pièce pour le comprendre.....

De fait, je reste mitigé sur la réponse donnée, il est difficile de faire la part du vrai et du faux....

6 (Modifié par Jehan 01/02/2016 à 15:03)

Miracle de l'abbesse grosse

D'accord... pour l'instant ce qu'il me dit ne correspond pas vraiment aux maigres informations que m'a données mon professeur (spécialiste de la littérature médiévale, même si je n'aime pas bien les arguments d'autorité)

Il se trouve que Jacquesvaissier est lui aussi un connaisseur et un passionné de littérature médiévale...  Mais bon, attendons sa réponse à ton aimable message ! 

7 (Modifié par blacknote 01/02/2016 à 03:25)

Miracle de l'abbesse grosse

Pourriez-vous éviter de me tutoyer s'il vous plait ?

"lui aussi" ? visiblement vous ne comprenez pas le terme de "spécialiste" qui désigne en fait une personne qui a juste consacré sa vie à l'étude d'une discipline. C'est à dire qu'on est pas champion de natation quand on va a la mer le dimanche, et encore moins quand on confond les méduses avec des bouées.

8 (Modifié par Katioucha 01/02/2016 à 03:35)

Miracle de l'abbesse grosse

@blacknote

Waouh, mais quelle agressivité. C’est une drôle de façon que vous avez de vous adresser à des personnes qui ont la gentillesse de prendre le temps et la peine de vous répondre gracieusement.
Si la réponse ne vous convient pas, pourquoi pas en effet le faire savoir, mais alors ayez au moins la courtoisie de le dire gentiment et de remercier la personne pour sa peine.
Il se trouve que je suis tout à fait incapable de vous aider, mais j’avoue que le ton de vos propos m’aurait retiré l’envie de le faire si j’en avais eu la compétence.

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Miracle de l'abbesse grosse

Ah oui, c'est un oublie de ma part, que je corrige par mes remerciements.

Pour ce qui est de l'agressivité, je pense n'en avoir fait nullement preuve. J'ai répondu sur le même ton que ce monsieur.

Miracle de l'abbesse grosse

C'est un oubli...que vous corrigez par vos remerciements,soit.
Mais je suis d'accord avec Sofikat. Si vous ne percevez pas la différence de ton entre le message de Jehan, toujours courtois, et le vôtre, je crois que le fait d'avoir consacré votre vie à l'étude d'une discipline vous a ôté le sens des nuances.
Quelle hauteur et quelle prétention !
C'est à dire qu'on n' est pas champion de natation quand on va a la mer le dimanche, et encore moins quand on confond les méduses avec des bouées.
C'est charmant. Merci pour eux.