11

Questions sur les liaisons

limpersberg a écrit :

Bonjour,

Voici une question qui m'embête depuis déjà 24 heures.

Pour la liaison, dans la phrase suivante :

Je peux avoir .... Est-ce qu'il y a la liaison à faire ? On doit dire   Je peux Zavoir , ou je peux avoir ?

Merci.

Un petit complément aux réponses de ricardo et gabiana.

Ce cas fait partie des liaisons dites facultatives (si tu souhaites davantage d’informations sur ce sujet, je te laisse le soin de choisir dans la nombreuse littérature accessible sur internet sur les "liaisons obligatoires, interdites et facultatives"), tu as donc le choix de faire ou non la liaison.

Cependant, dans ce cas précis la réalisation /z/ me parait d’une part un peu difficile (mais pas du tout impossible, hein ! ce que je veux dire, c'est que ça demande un petit effort articulatoire) et d’autre part elle peut facilement tendre vers /s/, ce qui pourrait porter à confusion :

Je peux s-avoir / Je peux savoir

Avec, par exemple la 3e personne du singulier, la réalisation n’est pas difficile (= ne demande pas d'effort articulatoire) et, à mon avis (c’est intuitif), il y aura plus de liaisons faites par les locuteurs dans ce cas qu’avec la 1re personne du singulier.

À noter pour finir que la réalisation ou non des liaisons facultatives est corrélée au milieu social et au niveau d’étude (plus le niveau est élevé, plus les liaisons sont réalisées).

Questions sur les liaisons

Avec la liaison, on pourrait parfois aussi confondre : Il peut avoir / Il peut t'avoir...

13

Questions sur les liaisons

C’est tout à fait bien vu ! D’ailleurs, les liaisons sont de grandes pourvoyeuses de jeux de mots.

Et que penses-tu de ma remarque sur la « difficulté » de réalisation ?
Personnellement, je trouve que ça demande un petit effort d’articulation (rien d’insurmontable, bien sûr - je le répète afin de ne pas être mal comprise), ce qui n’est pas le cas pour « il peut tavoir » qui coule tout seul).

14 (Modifié par freddy.lombard 25/01/2016 à 21:41)

Questions sur les liaisons

Jehan a écrit :

Avec la liaison, on pourrait parfois aussi confondre : Il peut avoir / Il peut t'avoir...

« Il peut avoir » prononcé [tavoir] ou « Il pourrait y avoir » prononcé [ty avoir] me semblent naturels. 

Maintenant que tu as signalé la confusion possible, j'ai l'impression que l'on peut facilement se faire « tavoir ». 

15 (Modifié par Jehan 25/01/2016 à 21:59)

Questions sur les liaisons

sofikat a écrit :

Et que penses-tu de ma remarque sur la « difficulté » de réalisation ?
Personnellement, je trouve que ça demande un petit effort d’articulation (rien d’insurmontable, bien sûr - je le répète afin de ne pas être mal comprise), ce qui n’est pas le cas pour « il peut tavoir » qui coule tout seul).

C'est curieux, mais je trouve au contraire, pour ma part, qu'un zzzz
coule et glisse plus facilement qu'un t...
Un t nécessite un appui plus fort de la langue, me semble-t-il.

Questions sur les liaisons

Je ne trouve pas non plus difficile " je peux z avoir" que "il peut t avoir", d'autant plus que la confusion dans le second cas nous pend t au nez...

17

Questions sur les liaisons

OK, merci pour vos avis. 

Je précise que je ne parlais pas hors contexte, où effectivement, je te rejoins Jehan, le /z/ -  consonne constrictive - est moins tendue que le /t/ - consonne occlusive - ce qui demande de ce fait plus d’énergie articulatoire. Je parlais dans le contexte phonologique particulier du « je veux avoir » / « il peut avoir ».
Mais peut-être as-tu, comme gabiana, toujours le même sentiment que ce soit hors contexte ou dans ce contexte spécifique ?

En ce qui me concerne, il me semble que je fais parfois la liaison avec « il peut avoir », alors que je pense la faire rarement avec « je peux avoir ».  Je trouve que ça se bouscule un peu au portillon dans ce dernier cas.
Pourtant, je ne crois pas avoir de problème particulier d’élocution – si ce n’est que je parle vite ; ceci explique peut-être cela.
Ce n’est bien évidemment qu’un témoignage personnel, je n’en tire aucune généralité a priori.

Sinon, moins subjectivement, je pense que mon impression peut s'expliquer phonologiquement par le "conflit" entre le "eu" antérieur et le "z" qui est un peu plus en arrière que l'on trouve dans le cas du "je peux avoir", alors que dans "il peut avoir", le  "eu" et le "t" sont tous les deux très antérieurs, ce qui est de nature à faciliter les choses.

18 (Modifié par Jehan 25/01/2016 à 22:53)

Questions sur les liaisons

Je pense pour ma part que ce ces détails articulatoires n'ont que peu d'incidence sur la fréquence respective des deux liaisons. En ce qui me concerne, j'aurais plutôt tendance à ne faire aucune des deux.

Comme pas mal de gens, je crois, je ne la fais pas non plus dans "Il peut être", mais c'est surtout pour éviter l'homophonie avec "peut-être".

19

Questions sur les liaisons

Ah oui, je ne partage pas ton avis, personnellement je pense que les contraintes articulatoires sont (très) importantes en général, et pourquoi pas en particulier dans ce cas des liaisons.

Quant aux cas d’homophonies (et je ne perds pas de vue que c’est un élément que j’avais précédemment avancé pour justifier la peut-être moindre fréquence de la liaison de « je peux avoir » par rapport à « il peut avoir »), le contexte sémantique suffit généralement à lever l’ambiguïté. Pour le cas que tu cites, l’homophonie entre « peut être » et « peut-être » me semble être d’autant plus difficilement perturbante que des raisons syntaxiques s'ajoutent à l'éventuel éclairage contextuel : « peut-être » ne pourra jamais succéder directement à « il ».

Sinon, comme je le disais précédemment, les études de sociolinguistiques ont montré que la réalisation des liaisons était essentiellement fonction du milieu social et du niveau d’étude (plus accessoirement d'autres facteurs entrent en compte, comme la génération et le sexe). J’imagine que ce n’est donc qu’à la marge qu’on les exclut pour éviter les homophonies.

Questions sur les liaisons

les études de sociolinguistiques ont montré que la réalisation des liaisons était essentiellement fonction du milieu social et du niveau d’étude

C'est bien ce que je pense aussi...
C'est pourquoi je mettrais les éventuelles contraintes articulatoires au second plan.