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Comment le poète célèbre-t-il la femme à travers sa chevelure dans ces trois extraits ?

Bonsoir à tous 

Voila, alors j'ai une question de corpus a faire mais je n'y arrive pas du tout je sèche complètement.
La question est celle ci : "Comment le poète célèbre-t-il la femme à travers sa chevelure dans ces trois extraits"

Voici les extraits :

Les Cheveux d'or (Joachim du Bellay l'Olive)
   

Ces cheveux d'or sont les liens, Madame,
Dont fut premier ma liberté surprise
Amour la flamme autour du coeur éprise,
Ces yeux le trait qui me transperce l'âme.
Forts sont les noeuds, âpre et vive la flamme,
Le coup de main à tirer bien apprise,
Et toutefois j'aime, j'adore et prise
Ce qui m'étreint, qui me brûle et entame.

Pour briser donc, pour éteindre et guérir
Ce dur lien, cette ardeur, cette plaie,
Je ne quiers fer, liqueur, ni médecine:

L'heur et plaisir que ce m'est de périr
De telle main ne permet que j'essaie
Glaive tranchant, ni froideur, ni racine.


Un hémisphère dans une chevelure (Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris)

Laisse-moi respirer longtemps, longtemps, l’odeur de tes cheveux, y plonger tout mon visage, comme un homme altéré dans l’eau d’une source, et les agiter avec ma main comme un mouchoir odorant, pour secouer des souvenirs dans l’air.
Si tu pouvais savoir tout ce que je vois ! tout ce que je sens ! tout ce que j’entends dans tes cheveux ! Mon âme voyage sur le parfum comme l’âme des autres hommes sur la musique.
Tes cheveux contiennent tout un rêve, plein de voilures et de mâtures ; ils contiennent de grandes mers dont les moussons me portent vers de charmants climats, où l’espace est plus bleu et plus profond, où l’atmosphère est parfumée par les fruits, par les feuilles et par la peau humaine.
Dans l’océan de ta chevelure, j’entrevois un port fourmillant de chants mélancoliques, d’hommes vigoureux de toutes nations et de navires de toutes formes découpant leurs architectures fines et compliquées sur un ciel immense où se prélasse l’éternelle chaleur.
Dans les caresses de ta chevelure, je retrouve les langueurs des longues heures passées sur un divan, dans la chambre d’un beau navire, bercées par le roulis imperceptible du port, entre les pots de fleurs et les gargoulettes rafraîchissantes.
Dans l’ardent foyer de ta chevelure, je respire l’odeur du tabac mêlé à l’opium et au sucre ; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l’infini de l’azur tropical ; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m’enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l’huile de coco.
Laisse-moi mordre longtemps tes tresses lourdes et noires. Quand je mordille tes cheveux élastiques et rebelles, il me semble que je mange des souvenirs.


La chevelure (Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal)

Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure
Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir !

La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d'autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.

J'irai là-bas où l'arbre et l'homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l'ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m'enlève !
Tu contiens, mer d'ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

Un port retentissant où mon âme peut boire
A grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l'or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D'un ciel pur où frémit l'éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d'ivresse
Dans ce noir océan où l'autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l'azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m'enivre ardemment des senteurs confondues
De l'huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu'à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N'es-tu pas l'oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

Merci d'avance 

Comment le poète célèbre-t-il la femme à travers sa chevelure dans ces trois extraits ?

Bonsoir...

Et quelles sont tes premières idées ?

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Comment le poète célèbre-t-il la femme à travers sa chevelure dans ces trois extraits ?

J'ai l'impression qu'il y'a beaucoup de métaphore, et qu'il parle de la mer mais c'est tout ce que j'ai pu voir et je vois pas trop le rapport.

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Comment le poète célèbre-t-il la femme à travers sa chevelure dans ces trois extraits ?

Il faut bien sûr analyser sérieusement les trois poèmes pour les placer dans des contextes différents, des formes différentes (sonnet, poème et poème en prose) et pourtant :
la richesse des titres
la chevelure, symbole féminin fantasmé
la situation de l'énonciation, le JE du poète, le "Madame ", le tutoiement dans "Un hémisphère dans une chevelure"
la sensualité (vue, toucher, parfums, goût  et correspondances chez Baudelaire)
le lexique pour mesurer l'effet produit
les champs lexicaux des couleurs, du feu
la place de l'imagination et les nombreuses images (métaphores/comparaisons)
l'exotisme (voyages, port, océan ...)
un thème éternel : hymne à la femme évoquée par l'un de ses attributs : la chevelure

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Comment le poète célèbre-t-il la femme à travers sa chevelure dans ces trois extraits ?

Merci beaucoup