1 (Modifié par Yvain 06/12/2015 à 11:54)

L'allégorie de la caverne version contemporaine

L'allégorie de la caverne de Platon expliquait essentiellement l'idée de la caverne, d'où  les gens regardaient les ombres de celle-ci, qui représente les sophismes selon Platon, est une idée qui peut se transcender à travers les siècles. Avant, les humains étaient esclaves de la religion, puis de la politique, plus récemment de la télévision puis pour les plus jeunes, des réseaux sociaux et de la technologie.

Si je parle pour aujourd'hui, c'est que je trouve que les gens sont de plus en plus esclaves de la technologie et des réseaux sociaux. C'est rendu une addiction grave que bien des jeunes développent des pathologies reliés à l'utilisation, voir excès, de toutes ces sources de technologies et de communication. C'est rendu que la vie privée est pratiquement rendue publique. Big brother n'aurait pas fait mieux. Pensez-vous que les médias sociaux et la technologie vont finir par déshumaniser toute la terre ou bien il va y avoir le contraire et une révolte contre toute cette place accordé à la technologie, qui rend plus souvent qu'autrement esclave d'un mode de vie?

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L'allégorie de la caverne version contemporaine

Nicholas1980, vous intervenez pour poser une question ou exprimer une opinion ?

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L'allégorie de la caverne version contemporaine

Il me semble que Nicolas propose en tout premier lieu son opinion et qu'ensuite il nous demande notre avis.

Je crois fermement que la téléphonie portable et ses avatars font l'objet d'un fétichisme forcené tel que peu d'idoles du passé ont pu en produire.

D'un point de vue optimiste, je dirai que l'utilisation aveugle de tout ça rend les gens abrutis - à un degré variable - mais que, pour l'instant, ça fait moins de morts que n'en ont produits les religions ou la politique « dans le passé ».

Toujours selon l'optimisme qui me caractérise, je crois et j'espère que cela passera, que l'on finira par mieux apprivoiser ces objets envahissants.

En revanche, il y aura encore et toujours d'autres nouveautés qui prendront le relais. Majoritairement, les religions et les politiques occidentales actuelles ne cherchent plus à asservir physiquement mais financièrement.

Le risque de premier niveau est l'abrutissement ; le risque de second niveau serait l'utilisation des ces médias à des fins politiques telles qu'une dictature. Mais le 1984 de Georges Orwell n'a-t-il pas aujourd'hui pris la forme du marché ? Quel besoin de contrôler une population qui court acheter les dernières nouveautés de son plein gré

L'allégorie de la caverne version contemporaine

Savez-vous qu'il existe un groupe de scientifiques américain qui mène des études sur la possibilité d'implanter des modules électroniques dans le corps humain afin d'en multiplier les capacités physiques ou intellectuelles ? L'homme porterait son ordinateur en lui et non plus sur lui... Cela restera sans doute longtemps de la science-fiction, mais c'est tout de même assez inquiétant car à l'évidence, une catégorie de "surhommes" - ou d'esclaves, comme on veut, pourrait être créée, et pas sur des bases idéologiques mais, hélas, sur des bases scientifiques, donc objectives.
La seule parade que l'Homme puisse opposer à cette éventualité, je crois, c'est de devenir assez vite intelligent.

L'allégorie de la caverne version contemporaine

Les remarques de Nicholas 1980 sont intéressantes, mais quel est le lien avec le mythe de la caverne ?

Effectivement, les prisonniers de la caverne préfigurent le public des salles de cinéma : enfermés dans une pièce obscure fasciné par le spectacle qui se déroule sur le mur du fond ils finissent par le prendre pour la réalité du monde au point de récuser le témoignage de l'évadé qui revient leur ouvrir les yeux. Tels sont aussi les adeptes des réseaux sociaux qui accordent du crédit aux bobards les plus invraisemblables.
Platon voulait signifier par ce mythe que la réalité est pure apparence : le vrai monde est le monde des idées.

Un réseau est un filet : nos contemporains s'emberlificotent volontairement dans ce filet.

L'allégorie de la caverne version contemporaine

Je n'ai pas appris ce que je signale sur les "réseaux sociaux", mais sur France-Inter.

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L'allégorie de la caverne version contemporaine

jacquesvaissier a écrit :

La seule parade que l'Homme puisse opposer à cette éventualité, je crois, c'est de devenir assez vite intelligent.

Il y a encore du boulot... 

8 (Modifié par Delia 05/12/2015 à 22:32)

L'allégorie de la caverne version contemporaine

jacquesvaissier a écrit :

Je n'ai pas appris ce que je signale sur les "réseaux sociaux", mais sur France-Inter.

Mais pourquoi il me dit ça ? dit un personnage de Feydeau.
Je ne vois aucun lien entre la discussion et cette confidence personnelle.

9 (Modifié par boulou99 05/12/2015 à 19:20)

L'allégorie de la caverne version contemporaine

Bonsoir,

Comme Délia, je ne parviens pas à saisir l'analogie entre la dépendance des générations actuelles aux ordinateurs, réseaux sociaux, ..., et l'allégorie de la caverne. 

Délia a très bien rappelé ce qu'était cette allégorie. On comprend donc que celle-ci aborde la question de la Vérité, comme souvent dans l'œuvre de Platon avec justement la thèse du monde des Idées VS monde sensible; aussi que viennent faire ici la déshumanisation des médias et la perte de la vie privée ? (ceci est une question que je me pose hein, je ne blâme en rien votre rapprochement, je cherche juste à le saisir )

En revanche, je puis comprendre une analogie avec la manipulation des pensées par la médias, effectivement. Comme els esclaves, la solution de facilité nous convient tout à fait, la sortie de la caverne étant une épreuve particulièrement douloureuse pour l'évadé, qui doit se détacher de la masse, de briser ses chaînes seul, et d'effectuer une ascension périlleuse jusqu'à la véritable lumière. L'on pourrait donc établir un rapprochement avec le nécessaire travail de vérification des informations, sans entrer dans un culte de l'immédiateté et de l'absence de douleur, un culte du moindre effort...

Permettez-moi, d'ailleurs, cette remarque : l'on se plaît depuis longtemps à blâmer les épicuriens, sans pour autant saisir que c'est là une éthique hédoniste certes, mais ascète tout du moins. L'on les blâme, donc, mais notre société incarne tout à fait un hédonisme bien moins moral, à savoir celui de Calliclès (oui oui j'ai commencé les dialogues de Platon  ), qui prône la maximisation des plaisirs brefs qui ne demandent que peu d'efforts, et l'immédiateté de la jouissance...  Je suis loin de m'y connaître, mais je crois qu'il y a là une étude sociologique et philosophique intéressante à mener.

Bref, pour revenir au sujet initial, que j'isole du mythe de la caverne, je pense qu'il faut étudier certes les inconvénients, mais aussi les avantages du progrès technologique. Il me semble que votre propos s'inspire d'une certaine vision futuriste très visitée par les films américains qui oppose la machine à l'homme. Je crois qu'il y a, comme dans tout, un équilibre à trouver. Se révolter contre les réseaux sociaux n'est pas, selon moi, une action tout à fait louable, et je lis dans la technologie la perfectibilité dont parle Rousseau : pourquoi vouloir la freiner quand elle nous fait progresser, tant scientifiquement qu'intellectuellement et philosophiquement ?
Car oui, il me semble que la technologie cultive le questionnement du progrès humain, et nous maintient dans une attitude constante d'étonnement et de réflexion sur notre limite et la vie qu'il convient de mener. Ne blâmons donc pas trop vite, et seulement les excès, et réfléchissons sereinement à tête froide, sans déjà penser à guerroyer ou rejeter tout à fait le mode de vie nouveau des jeunes, sur le juste équilibre qu'il nous incombe de trouver 

Je me suis un peu éloignée du sujet initial je crois, pardonnez-moi
Cordialement.

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L'allégorie de la caverne version contemporaine

Bonsoir,

pour répondre à tous vos publications, je me suis inspiré de ma vie réelle, car pour moi, ce que j'ai vécu me permet de me faire ma propre vérité, qui est selon moi un concept relatif à chacun.

C'est vrai que je me suis un peu inspiré du monde nord-américain. C'est normal,car je viens du Québec et je suis en partie influencé par la vision américaine étant en contact proche de cette culture. Un film qui parle de cette allégorie de la caverne est évidemment la Matrice des frères Wachowski.

Les gens, surtout au lieu d'admirer ce qui est beau et vrai, comme par exemple la nature, ont tendance à vouloir s'isoler dans un monde virtuel, que ce soit pour la sexualité, le contact humain et la vie en général, ce qui représente la caverne à mes yeux. Pour moi, les gens manquent beaucoup de belles choses autour d'eux, ce qui est beau ce qui est vrai pour paraphraser Platon. C'est vrai que le progrès permet le perfectionnement des êtres humains, mais il peut aussi l'abrutir comme le faisait remarquer un des intervenant.  Combien avez-vous vu de personnes étayer leur états d'âmes sur Facebook par exemple? Je suis un des premier à l'avoir fait et j'ai vécu avec les conséquences. Vous êtes vous posés la question jusqu'à quel point vous avez réellement besoin de ces médias sociaux ou de la technologie en général? Maslow parlait de la satisfaction des besoins fondamentaux pour arriver à l'actualisation de soi. J'ai remarqué que bien des gens avaient tendance à les oublier. La parodie de South Park sur le Monde de Warcraft n'est pas tant dénué de sens que cela, parce que le but de l'humour est justement de rire jusqu'à un certain point de ces situations de la vie de tous les jours.

Selon moi, les réseaux sociaux sont inutiles. Rien ne remplace le contact humain dans la vie de tous les jours. On a de plus en plus de moyens de communiquer, mais en général, les gens se communiquent de moins en moins, ce qui est paradoxal. Le Québec et le reste de l'occident n'y échappent pas, un exemple est le taux de divorce qui est de 1 mariage sur 2 au Québec et je suis convaincu que c'est pareil dans ce monde Occidental. Pourquoi ce haut taux? Je pense qu'une phrase résume ce taux: le manque de communication entre les gens. Selon moi, cela n'ira qu'en empirant car les gens mettent tout sur les réseaux sociaux, y compris leurs états d'âmes, créant ainsi des dommages à leurs vies. Facebook et Twitter devaient être des outils pour permettre aux gens de se rapprocher, mais il est en train de devenir le contraire. Il crée selon moi des distances entre les gens. Posez-vous la question comment vos parents se sont rencontrés? Posez la question, c'est y répondre.