Récit au présent, concordance des temps et anecdote du passé

Bonjour. Ceci est mon premier message, je n'ai pas vu de forum de présentation, je vais en profiter pour me présenter brièvement.

Je ne suis pas un étudiant, juste un adulte ayant la passion de l'écriture, de la poésie entre autres sujets.
Je dois préciser que lors de ma période scolaire, j'étais particulièrement mauvais... D'ailleurs j'ai quitté l'école à seize ans, et je ne suis jamais allé au lycée. Ce n'est que depuis environ cinq ans que je pratique plus assidûment l'écriture, et que je rattrape mon retard, en consultant différents sites de grammaire (et le dictionnaire pour l'orthographe), en retenant les trucs et règles que j'aurais dû retenir il y a bien longtemps.

Comme beaucoup de personnes je suppose, je suis en train d'écrire un roman. Ce dernier en est à la phase de correction. C'est une autobiographie romancée, je le rédige donc à la première personne du singulier, au présent de l'indicatif.
Dans ce récit, il y a parfois des références au passé (par rapport au moment du récit), et donc une rédaction de certains paragraphes parlant d'anecdotes.

Là, je suis perplexe quant à une de ces anecdotes et j'aimerais respecter au mieux les règles. Je souhaite qu'on m'aide - si possible - à comprendre où et comment je fais certaines erreurs.
Notamment au milieu du paragraphe suivant, dans l'usage du subjonctif plus-que-parfait. J'hésite à mettre "que j'eusse envisagé" au subjonctif présent : "que j'envisage". Cependant, comme je suis dans le passé par rapport au moment du récit et que j'ai choisi le PQP (c'est ce qui m'a semblé le mieux) pour parler, je ne sais pas quel temps utiliser. Je peux évidemment revoir tout le paragraphe, et utiliser des temps différents.
Je ne suis pas non plus sûr de la dernière phrase (c'était - ce fut - ça avait été).

Voici le texte :

Une fois, il était tombé pour une histoire sordide de cambriolages mal organisés, après lesquels il stockait tout ici-même le temps de trouver des acheteurs. Quand les flics avaient perquisitionné, ils n'avaient eu aucun mal à différencier le vrai mobilier de tout le bric-à-brac d'origine hasardeuse caché dans le garage – garage qu'il s'était approprié et qui était devenu un véritable magasin. Étant en récidive, il était resté en taule suffisamment longtemps – un peu plus d'un an – pour qu'au bout de quelques semaines j'eusse envisagé de suivre un apprentissage dans une école pour adultes où j'avais choisi des cours d'électronique, par élimination. Mais il était revenu bien trop vite, son cinéma avait repris en pire, et j'avais recommencé à boire plus que de raison. Un jour, en rentrant de l'école, j'avais découvert ma fenêtre de chambre cassée. Un objet avait voyagé d'un bout à l'autre de la piaule comme par enchantement, et était venu éclater la première glace du double vitrage. C'était la goutte d'eau, et sous cette pression j'avais arrêté la formation avant la fin.

Merci d'avance.

2 (Modifié par keep.smiling 06/11/2015 à 22:57)

Récit au présent, concordance des temps et anecdote du passé

Bonsoir ! Voilà ce que je corrigerais de ton texte :

Une fois, il était tombé pour une histoire sordide de cambriolages mal organisés, après lesquels il stockait > là le temps du verbe "stocker" ne va pas : tu devrais peut-être changer la préposition, écrire plutôt "depuis" ou alors un verbe inchoatif : "après lesquels il s'était mis à stocker"

tout ici-même le temps de trouver des acheteurs. Quand les flics avaient perquisitionné > le verbe est censé admettre un COD il me semble. Peut-être que c'est "fait exprès", mais ça me semble étrange tout de même, je trouve que si l'effet recherché est l'oralité, ce n'est peut-être pas le meilleur moyen de la rendre.

ils n'avaient eu aucun mal à différencier le vrai mobilier de tout le bric-à-brac d'origine hasardeuse caché dans le garage – garage qu'il s'était approprié et qui était devenu un véritable magasin. Étant en récidive, il était resté en taule suffisamment longtemps – un peu plus d'un an – pour qu'au bout de quelques semaines j'eusse envisagé > l'emploi du plus-que-parfait est possible, mais il me semble là aussi que si l'effet recherché est l'oralité (cette fois dans le texte en général et non dans l'expression), le côté trop littéraire est très bizarre. C'est trop littéraire pour un monologue qui cherche l'effet de naturel.

de suivre un apprentissage dans une école pour adultes où j'avais choisi des cours d'électronique, par élimination. Mais il était revenu bien trop vite, son cinéma avait repris en pire, et j'avais recommencé à boire plus que de raison. Un jour, en rentrant de l'école, j'avais découvert ma fenêtre de chambre cassée. Un objet avait voyagé d'un bout à l'autre de la piaule comme par enchantement, et était venu éclater > je ne suis pas très sûre de la construction. Ca me semble étrange "éclater quelque chose".

la première glace du double vitrage. C'était la goutte d'eau, et sous cette pression j'avais arrêté la formation avant la fin.

3 (Modifié par 23/11/2015 à 13:11)

Récit au présent, concordance des temps et anecdote du passé

Merci beaucoup, je vais prendre en compte toutes ces remarques.
1) après lesquels il s'était mis à tout stocker ici même
2) perquisitionné la maison (la maison en COD)
3) que j'envisage (le subjonctif PQP est effectivement un peu "trop")
4) briser (éclater est trop familier)
Encore merci !


Salut.

Je n'ouvre pas un nouveau sujet, puisque c'est le même type de problème auquel je suis confronté. Voici un nouveau passage. Je ne suis pas du tout certain du bon respect des règles. Le reste du récit est au présent, et ceci est une anecdote du passé, comme je précisais dans le titre.
Si quelqu'un pouvait m'aider... Ce serait super sympa. Je l'ai déjà tourné et retourné dans tous les sens, changé les temps, et là, c'est la version la plus "lisible" sur laquelle j'ai tranché, mais y a des détails qui me laissent perplexe.

Ça commence au passé composé, imparfait, et je continue au plus-que-parfait.

Donc ma question est : est-ce que c'est bon comme ça, ou bien est-ce que je me trompe ?

« Il y a eu pourtant une courte période, quand j'avais seize ans, pendant laquelle j'ai revendiqué l'être. À l'époque, internet n'existait pas, tout le monde se copiait de la musique sur des cassettes audio et il était difficile d'accéder à certains genres musicaux sans connaître des membres des milieux en question ; il fallait avoir été introduit et avoir trouvé une personne assez généreuse pour qu'elle prête sa musique au moins le temps de la dupliquer. Et autour de moi, dans mon maigre réseau de connaissance, personne n'avait choisi cette voie. Mais j'avais eu la chance un peu plus tôt – vers treize ans – de tomber sur une scène que je ne comprends toujours pas aujourd'hui. Ça m'avait permis au final d'obtenir gratuitement un disque vinyle de punk… Une demi-douzaine de grands de la cité d'à côté s'étaient réunis dans le champ derrière chez moi, pour se défouler d'une bien étrange manière : ils avaient amené un bac de disques avec eux, bac qui ne contenait que des exemplaires de Never mind the bollocks des Sex Pistols. Chacun leur tour, ils prenaient les vinyles et les envoyaient valdinguer comme des frisbees. Les disques, étant ainsi projetés en l'air, sortaient de leurs pochettes, et se brisaient presque tous en atterrissant. Ce jour là, j'avais attendu patiemment qu'ils soient repartis, et j'étais allé prospecter dans l'idée de trouver un échantillon intact. J'avais justement une platine vinyle dans ma chambre, et je savais que j'allais pouvoir l'écouter – je me demandais vraiment pourquoi ils avaient fait ça… J'étais excité car j'allais probablement avoir un nouveau disque, et ça n'arrivait pas tous les jours. J'avais donc treize ans, ma culture musicale se limitait essentiellement à celle de mes parents, je ne connaissais pas du tout les Sex Pistols, et je ne savais pas du tout à quoi ressemblait la musique que j'allais essayer de récupérer. À force de chercher parmi les morceaux cassés, j'avais fini par trouver un exemplaire en bon état… « L'opération Sex Pistols » ne s'était donc pas déroulée aussi parfaitement que ces jeunes l'avaient voulu… Je l'avais ramené à la maison, très content de moi. Dès la première écoute, j'avais pris une claque et j'étais tombé amoureux. Bien malgré eux, cette bande de la Renardière m'avait ouvert une voie de laquelle elle ne soupçonnait pas la portée. »

Merci d'avance.

Récit au présent, concordance des temps et anecdote du passé

3) que j'envisage (le subjonctif PQP est effectivement un peu "trop")

Le subjonctif passé serait tout de même préférable au subjonctif présent :
que j'aie envisagé.

Pour ce qui est de la suite, rien de particulier à signaler, si ce n'est que rapporté serait préférable à ramené.
Et je changerais ainsi le pronom relatif de la fin :
cette bande de la Renardière m'avait ouvert une voie dont elle ne soupçonnait pas la portée.

Récit au présent, concordance des temps et anecdote du passé

Merci Jehan.