1 (Modifié par stephanie75 08/10/2015 à 18:49)

Quels procédés La Bruyère utilise-t-il dans ces textes ?

Bonsoir,je suis en 2nd et j'ai besoin d'aide pour mon DM de français je bloque dessus depuis une heure     
merci d'avance    

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

29 (VII)
Quand vous voyez quelquefois un nombreux troupeau, qui répandu sur une colline vers le déclin d'un beau jour, paît tranquillement le thym et le serpolet, ou qui broute dans une prairie une herbe menue et tendre qui a échappé à la faux du moissonneur, le berger, soigneux et attentif, est debout auprès de ses brebis; il ne les perd pas de vue, il les suit, il les conduit, il les change de pâturage; si elles se dispersent, il les rassemble; si un loup avide paraît, il lâche son chien, qui le met en fuite; il les nourrit, il les défend; l'aurore le trouve déjà en pleine campagne, d'où il ne se retire qu'avec le soleil: quels soins! quelle vigilance! quelle servitude! Quelle condition vous paraît la plus délicieuse et la plus libre, ou du berger ou des brebis? le troupeau est-il fait pour le berger, ou le berger pour le troupeau? Image naïve des peuples et du prince qui les gouverne, s'il est bon prince.
Le faste et le luxe dans un souverain, c'est le berger habillé d'or et de pierreries, la houlette d'or en ses mains; son chien a un collier d'or, il est attaché avec une laisse d'or et de soie. Que sert tant d'or à son troupeau ou contre les loups?

128 (IV)
  L'on voit certains animaux farouches, des mâles et des femelles répandus par la campagne, noirs, livides et tout brûlés du soleil, attachés à la terre qu'ils fouillent et qu'ils remuent avec une opiniâtreté invincible ; ils ont comme une voix articulée, et quand ils se lèvent sur leurs pieds, ils montrent une face humaine, et en effet ils sont des hommes ; ils se retirent la nuit dans des tanières où ils vivent de pain noir, d'eau et de racine : ils épargnent aux autres hommes la peine de semer, de labourer et de recueillir pour vivre, et méritent ainsi de ne pas manquer de ce pain qu'ils ont semé.  »

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Quels procédés La Bruyère utilise-t-il dans ces textes ?

Sans les extraits, il va être difficile de t'aider.

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Quels procédés La Bruyère utilise-t-il dans ces textes ?

dsl je les avaient oublié

4 (Modifié par floreale 08/10/2015 à 18:56)

Quels procédés La Bruyère utilise-t-il dans ces textes ?

La métaphore ... pour commencer.

5 (Modifié par Scara 09/10/2015 à 07:39)

Quels procédés La Bruyère utilise-t-il dans ces textes ?

Il y a effet dilatoire dans la premiere maxime, (29), on ne comprend ce dont il s'agit qu'a la ligne 5 avec l'anacoluthe du berger....n'oublie pas non plus les allongements syntaxiques fréquents chez La BRUYERE (phrase longue, entrecoupée de points virgule, pratique des deux points qui renforcent parataxe ou asyndète ), l'isotopie du métal précieux (l'or qui revient quatre ou cinq fois et renvoie au luxe de Louis  XIV), enfin le fonctionnement allégorique du texte : n'y a t il pas critique ici du pouvoir absolu ?
....en gros, memes procèdes dans l'autre passage ou il serait bon de signaler l'animalisation, les gradations ascendantes, la visée allégorique puisqu'il importe ici de dénoncer l'extreme misère du monde rural de l'époque.

6 (Modifié par Ammy 09/10/2015 à 08:48)

Quels procédés La Bruyère utilise-t-il dans ces textes ?

Bonjour Scara, j'ai peur que tous ces termes ne soient pas adaptés pour une élève de seconde, de plus en début d'année.

7 (Modifié par Laoshi 09/10/2015 à 12:08)

Quels procédés La Bruyère utilise-t-il dans ces textes ?

...et même en fin d'année. On peut se passer de dilatoire, d'isotopie, de parataxe et d'asyndète.
On peut, je crois commenter un texte sans parler latin ou grec.

Je regarde par exemple le premier texte.
Le procédé utilisé par La Bruyère, c'est avant tout l'image. D'ailleurs, il le dit lui-même, pour le cas où on n'aurait pas compris.
L'image du troupeau et du berger pour représenter le peuple et le souverain est développée de façon complaisante dans le premier extrait. (Bien sûr, on peut parler de métaphore, puisque l'outil de comparaison n'est pas exprimé, du moins au début.)
La Bruyère donne à voir. La colline, le coucher du soleil, l'herbe tendre, le berger attentif qui ne quitte pas des yeux son troupeau, et prend soin de son bien-être.
Il raconte aussi une petite histoire, l'attaque du loup et et la riposte du berger et son chien.
On a quasiment affaire à une fable. L'utilisation de la fable, c'est aussi un procédé.
Une fable dont la morale est donnée à la fin avec la critique du luxe inutile du berger/souverain.
Enfin, il interpelle son lecteur.

Dans le deuxième extrait, le principal procédé utilisé par La Bruyère est une description encore extrêmement imagée, détaillée, peut-on dire exagérée, peut-être pas, de la condition paysanne. Il parle d'hommes comme d'animaux, mais ils vivent effectivement comme des animaux.

8 (Modifié par Scara 09/10/2015 à 13:14)

Quels procédés La Bruyère utilise-t-il dans ces textes ?

D'accord avec vous chère Gabiana, mais votre terme de " fable", soit apologue, m'embarrasse : pour qu'il y ait fable, il faut bien qu'il y ait morale, voire enseignement . Or, ici, dans la premiere Maxime, il se garde bien de porter un jugement quelconque, sa critique reste purement implicite. Il ne peut attaquer frontalement.

Quels procédés La Bruyère utilise-t-il dans ces textes ?

Bien sûr, il ne peut attaquer directement ; aussi ne le fait-il pas. Ses critiques sont suffisamment claires pourtant, tout autant que celles qu'il fait de la guerre. Chez La Fontaine, de nombreuses morales ne sont-elles pas implicites ?
Ce qui me fait penser à une fable, mais je ne suis pas spécialement fixée sur ce mot (le recours à l'anecdote imagée me suffit), c'est le récit détourné qui conduit bien évidemment à une conclusion, même formulée de façon indirecte.