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Le théâtre est-il complètement un espace de liberté ?

Bonsoir,
  J'ai une dissertation à rendre lundi prochain. La problématique est "Le théâtre est-il complètement un espace de liberté?". Je vous avoue que j'ai eu du mal avec la formulation de la problématique, que je trouve assez lourde...
  Enfin, là n'est pas la question! J'ai déjà mon plan (je le mets juste après), j'ai répondu à six de mes sous parties sur les neuf, il m'en reste donc trois.
  Voilà le plan en question, imposé par mon professeur :
  I . Le lieu de la plus grande liberté (par nature)
   1) Un monde imaginaire.
   2) L'espace théâtral.
   3) Les moyens techniques et informatiques.

  II. Un lieu de contraintes
   1) Les contraintes techniques.
   2) Les didascalies contraignantes.
   3) Les conventions liées au genre.

  III. Un espace de création
   1) Des didascalies inexistantes (la sous partie qui me pose problème    )
   2) Des interprétations de personnages différentes.
   3) Des mises en scène différentes.

  Pour les deux premiers axes, pas de soucis, j'ai pu faire ça assez facilement. En revanche, je bloque sur la première sous partie du troisième axe "des didascalies inexistantes". Autant, monter en quoi les didascalies sont source de contraintes, ça reste assez simple, mais de là à démontrer que l'absence de didascalies enlève des contraintes et "libère" l'expression du metteur en scène/des acteurs, j'ai un peu de mal...
  Il me faut donc trouver deux exemples sur lesquels m'appuyer et développer cette idée. J'ai déjà fait quelques recherches et suis tombée sur des pièces exemptes de didascalies telles qu'Antigone de Sophocle, des pièces classiques de Corneille, Racine, mais d'une part je ne suis pas certaine de ces informations, de l'autre, je ne sais pas du tout comment les exploiter  .
  Je précise que je n'ai pas de corpus sur lequel m'appuyer pour cet exercice. Néanmoins nous avons étudié le Misanthrope, Tartuffe et Dom Juan de Molière, et dans l'idéal, il faudrait que j'y fasse référence. Dans le Misanthrope il y a des didascalies mais dans les autres pièces je n'ai pas relevé malheureusement, impossible de me souvenir, je vais aller feuilleter les livres pour avoir l'info.

  Comme vous avez pu le constater je suis totalement perdue et apprécierais beaucoup une aide extérieure, de peur de faire n'importe quoi!
  Merci, bonne soirée! 

Le théâtre est-il complètement un espace de liberté ?

Bonjour,
Tu dis que dans Le misanthrope, il y a des didascalies, mais ce n'est pas toujours le cas.
Si j'ouvre la pièce, Acte I scène 1, je n'en vois pas une seule appliquée au texte dit par les personnages.

3 (Modifié par Ultimata 10/10/2015 à 18:34)

Le théâtre est-il complètement un espace de liberté ?

Je vais chercher mon Misanthrope et je regarde ça, peut-être ma mémoire me joue-t-elle des tours!

Merci pour votre réponse si rapide 
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Je viens donc de regarder, acte I, 1, après le premier vers " Alceste [, assis.]". Ensuite, vers 7  "Alceste[, se levant brusquement]". Ce ne sont donc pas des didascalies?
Il se peut que je doive revoir le sens de ce mot, je me trompe peut-être!

Je remonte.

Le théâtre est-il complètement un espace de liberté ?

Non, tu ne te trompes pas.
C'est moi qui me suis trompée. Désolée. Je ne les avais pas vues sur mon édition.

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Le théâtre est-il complètement un espace de liberté ?

D'accord, pas de soucis!
Ça m'embête bien du coup, je suis allée voir mon professeur de français et ai eu droit à un "Oui mais même si les didascalies sont présentes, certains metteurs en scène prennent des libertés et ne les respectent pas." Ah ben oui mais j'ai pas une culture telle que je puisse parler de ça aisément, je n'ai pas vu des dizaines de pièces dans ma vie et n'ai que rarement lu le texte en parallèle... Difficile donc de parler du respect/ou non des didascalies. Enfin, je suis bien avancée avec ça  .

Le théâtre est-il complètement un espace de liberté ?

Tu remarqueras tout de même que dans l'exemple du Misanthrope dont nous parlions, les deux seules didascalies de la scène (enfin, il me semble) ne sont pas très contraignantes. Quelquefois, elles le sont davantage. Elles peuvent être beaucoup plus longues et plus précises. (cf. La cantatrice chauve de ionesco.)

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Le théâtre est-il complètement un espace de liberté ?

C'est vrai, il y en a d'autres, mais j'ai vu deux ou trois versions du Misanthrope et elles n'étaient pas toujours prises en compte. Merci, je vais essayer de rédiger quelque chose, je le posterai si j'ai un doute! 

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Le théâtre est-il complètement un espace de liberté ?

Tu remarqueras tout de même que dans l'exemple du Misanthrope dont nous parlions, les deux seules didascalies de la scène (enfin, il me semble) ne sont pas très contraignantes. Quelquefois, elles le sont davantage. Elles peuvent être beaucoup plus longues et plus précises. (cf. La cantatrice chauve de ionesco.)

Les didascalies les plus contraignantes que je connaisse sont les didascalies du dénouement du Roi se Meurt, Ionesco. Un extrait :

MARGUERITE

Il perçoit encore les couleurs. Des souvenirs colorés. Ce n'est pas une nature auditive. Son imagination est purement visuelle... c'est un peintre... trop partisan de la monochronie.(Au roi) Renonce aussi à cet empire. Renonce aussi aux couleurs. Cela t'égare encore, cela te retarde. Tu ne peux plus t'attarder, tu ne peux plus t'arrêter, tu ne dois pas. (Elle s'écarte du Roi) Marche tout seul, n'aie pas peur. Vas-y. (Marguerite, dans un coin du plateau, dirige le Roi de loin.) Ce n'est plus le jour, ce n'est plus la nuit, il n'y a plus de jour, il n'y a plus de nuit. Laisse-toi diriger par cette roue qui tourne devant toi. Ne la perds pas de vue, suis-la, pas de trop près, elle est embrasée, tu pourrais te bršler. Avance, j'écarte les broussailles, attention, ne heurte pas cette ombre qui est à ta droite... Mains gluantes, mains implorantes, bras et mains pitoyables, ne revenez pas, retirez-vous. Ne le touchez pas, ou je vous frappe! (Au roi) Ne tourne pas la tête. Evite le précipice à ta gauche, ne crains pas ce vieux loup qui hurle... ses crocs sont en carton, il n'existe pas. (Au loup) Loup, n'existe plus! (Au roi) Ne crains pas non plus les rats. Ils ne peuvent pas mordre tes orteils! (Aux rats) Rats et vipères, n'existez plus! (Au roi) Ne te laisse pas apitoyer par le mendiant qui te tend la main... Attention à la vieille femme qui vient vers toi... Ne prends pas le verre d'eau qu'elle te tend. Tu n'as pas soif. (À la vieille femme imaginaire) Il n'a pas besoin d'être désaltéré, bonne femme, il n'a pas soif. N'encombrez pas son chemin. Èvanouissez-vous. (Au roi) Escalade la barrière... Le gros camion ne t'écrasera pas, c'est un mirage... Tu peux passer, passe... Mais non, les pâquerettes ne chantent pas, même si elles sont folles. J'absorbe leurs voix; elles, je les efface!... Ne prête pas l'oreille au murmure du ruisseau. Objectivement, on ne l'entend pas. C'est aussi un faux ruissseau, c'est une fausse voix... Fausses voix, taisez-vous. (Au roi) Plus personne ne t'appelle. Sens, une dernière fois, cette fleur et jette-la. Oublie son odeur. Tu n'as plus la parole. À qui pourrais-tu parler? Oui, c'est cela, lève le pas, l'autre. Voici la passerelle, ne crains pas le vertige. (Le Roi avance en direction des marches du trône) Tiens-toi tout droit, tu n'as pas besoin de ton gourdin, d'ailleurs tu n'en as pas. Ne te baisse pas, surtout, ne tombe pas. Monte, monte. (Le Roi commence à monter les trois ou quatre marches du trône) Plus haut, encore plus haut. (Le Roi est tout près du trône) Tourne-toi vers moi. Regarde-moi. Regarde à travers moi. Regarde ce miroir sans image, reste droit... Donne-moi tes jambes, la droite, la gauche. (À mesure qu'elle lui donne ces ordres, le Roi raidit ses membres.) Donne-moi un doigt, donne-moi deux doigts... trois... quatre... cinq... les dix doigts. Abandonne-moi le bras droit, le bras gauche, la poitrine, les deux épaules et le ventre. (Le Roi est immobile, figé comme une statue.) Et voilà, tu vois, tu n'as plus la parole, ton coeur n'a plus besoin de battre, plus la peine de respirer. C'était une agitation bien inutile, n'est-ce pas? Tu peux prendre place.

Suit une longue didascalie qui expose la manière dont le roi doit disparaître de la scène, assis sur son trône et s'évanouissant dans la brume.

Difficile de ne pas respecter ces didascalies !

Bonne chance !
Cordialement.

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Le théâtre est-il complètement un espace de liberté ?

Et les didascalies de Beckett dans : Oh ! Les beaux jours  ?

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Le théâtre est-il complètement un espace de liberté ?

Merci! Mais mon problème est justement parler de l'absence de didascalies et des libertés que cette absence procure au metteur en scène, pas de montrer leur caractère contraignant, ce que j'ai déjà fait dans une autre sous-partie! 

Pour l'instant j'ai fait ça, mais je n'aime pas du tout la façon dont j'ai formulé mon argument  .

"En marge des dialogues, les auteurs ajoutent parfois, dans des proportions plus ou moins importantes, des indications scéniques : les didascalies. D’une part, dans certains textes, elles ne sont pas ou peu présentes. De l’autre, si certaines didascalies sont incontournables, d’autres sont  inutiles à la compréhension de la pièce. Le metteur en scène peut donc décider de ne pas les prendre en compte, ce qui lui permet d’organiser plus librement le jeu de ses personnages, l’intensité de leurs réactions, ainsi que leurs déplacements, qui ne sont pas dictés par le texte.
  Dans deux représentations du Misanthrope de Molière, interprétées par Braunchweig et Jean-Pierre Miquel, les didascalies ne sont pas toujours prises en compte. Ainsi, dans le texte de la pièce, il est indiqué entre les vers sept et huit «  ALCESTE  [, se levant brusquement.] ». Mais dans les représentations de Braunchweig et Miquel, Alceste reste reste assis, maîtrisant son emportement.
Ainsi, si les didascalies sont parfois indispensables à la compréhension du texte, leur absence ou le fait de ne pas les prendre en compte peuvent donner une toute autre vision du personnage, et de la pièce en elle-même."

Rah puis en plus j'ai l'impression de me répéter vingt-six fois, que ma phrase de conclusion c'est de la paraphrase d'une autre que j'ai employée plus haut, et j'ai eu du mal à développer mon exemple.. Bref, c'est nawak  . En plus mon professeur qui veut qu'on s'appuie sur le Misanthrope, vous imaginez pas ma joie  .
Enfin, merci à celles et ceux qui voudraient bien me donner un coup de main pour reformuler et étoffer ce paragraphe, je ne me vois vraiment pas rendre ça...