1 (Modifié par Spalding 28/09/2015 à 10:47)

L'infinitif précédé ou non d'une préposition

Cela fait plusieurs mois que j'aide une charmante jeune femme marocaine à améliorer son français, sur Internet (Skype). Au Maroc, il faut connaitre le français pour beaucoup d'emplois. Pour me remercier, sa famille offre de m'héberger à Rabat, la capitale du Maroc, pour mes prochaines vacances. Difficile de résister à une pareille invitation !

Cette jeune femme me pose beaucoup de questions sur le français. Je sais généralement y répondre, mais pas toujours. Elle m'a ainsi demandé hier pourquoi certains infinitifs étaient précédés d'une préposition, d'autres non.

On dit par exemple "Je pense faire ce travail" (sans préposition). Mais il faut dire "Je crains de faire ce travail" (avec préposition).
Y a-t-il une règle générale dans ce domaine ?

L'infinitif précédé ou non d'une préposition

Non, il n'y a pas de règle générale.
Grevisse donne des listes de verbes construisant l'infinitif sans préposition, ou construisant d'habitude l'infinitif avec de ou avec à et les cas mixtes, avec quelques remarques pour les verbes de mouvement, les verbe intransitifs... mais rien de bien utile à un locuteur non natif.

3 (Modifié par paulang 28/09/2015 à 23:29)

L'infinitif précédé ou non d'une préposition

Rien de bien utile ? Moi même qui suis natif, je serais bien en peine d'expliquer de manière compréhensible ce que je ressens pourtant comme nécessaire.

Penser et craindre sont des verbes transitifs dont le lecteur du Larousse ne percoit la transitivité tant directe qu'indirecte que par les exemples donnés. Mais même après ce constat il me serait bien difficile d'expliquer pourquoi on peut dire :

Je pense à faire ce travail., mais on ne peut-on dire, je crois Je crains faire ce travail

J'imagine alors la difficulté pour un non natif.

4 (Modifié par Spalding 28/09/2015 à 18:44)

L'infinitif précédé ou non d'une préposition

Dans "Je pense [à] faire ce travail", la préposition "à" est en effet sous-entendue.

Par contre, dans "J'espère faire ce travail", aucune préposition n'est sous-entendue.

Et il faut la préposition "de" dans "Je crains de faire ce travail".

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L'infinitif précédé ou non d'une préposition

Par contre, dans "J'espère faire ce travail", aucune préposition n'est sous-entendue.

Une préposition peut même être parfois entendue : j'espère de faire ce travail.

6 (Modifié par Jehan 28/09/2015 à 19:32)

L'infinitif précédé ou non d'une préposition

Spalding a écrit :

Dans "Je pense [à] faire ce travail", la préposition "à" est en effet sous-entendue.

Sauf que le verbe "penser" n'a pas tout à fait le même sens avec ou sans proposition :

Je pense faire ce travail.  = J'ai l'intention de faire ce travail ou J'estime que je fais ce travail.
Je pense à faire ce travail. = Je n'oublie pas de faire ce travail.

7 (Modifié par Spalding 28/09/2015 à 20:46)

L'infinitif précédé ou non d'une préposition

Lamaneur a écrit :

Une préposition peut même être parfois entendue : J'espère de faire ce travail.

Je trouve très surprenante la préposition "de" dans cette phrase. Mais si Lamaneur dit l'avoir entendue...

L'infinitif précédé ou non d'une préposition

En tout cas cela s'écrit, même si c'est vieilli ou littéraire. Voir Tlf :

2. Vieilli ou, de nos jours, littér. [Le compl. est un inf.; la réalisation du compl. comporte le doute, l'incertitude ] Espérer + de + prop. infinitive. Il ne faut pas espérer d'éternuer à l'insu du voisin (Mauriac). Comme s'ils espéraient de tomber au premier effort, pour n'avoir plus à avancer (Mounier).

9 (Modifié par Yvain 28/09/2015 à 21:14)

L'infinitif précédé ou non d'une préposition

En italien, tout est plus rationnel !
Penso di potervi aiutare (= Je pense pouvoir vous aider)
Spero di riuscirci da solo (= J'espère y arriver tout seul)
Credeva di farmi una sorpresa (= Il croyait  me faire une surprise)

10 (Modifié par Jehan 29/09/2015 à 13:36)

L'infinitif précédé ou non d'une préposition

Toutes ces considérations sont sans nul doute intéressantes, mais sont-elles d'une grande aide pour un non natif ? Je crains que ce ne soit pas le cas hors l'explication introduite par Jehan sur la différence de sens de la phrase en présence ou pas d'une préposition.
Mais cette seule explication ne couvre pas, me semble-t-il, tout le champ de la question. En effet, comment expliquer que dans une même phrase variant uniquement par son verbe transitif tant direct qu'indirect l'une ne supporte pas le transitif direct devant l'infinitif.

je pense garder (perdre) mon emploi.      Possible
je pense à garder (perdre) mon emploi.   possible

je crains de garder (perdre) mon emploi. Possible
je crains garder (perdre) mon emploi.     Pas possible selon moi.

Faut-il en déduire que certains verbes ne sont transitifs directs que devant un nom ou un adjectif et jamais devant un infinitif ? (Je crains la pluie, Je crains les mauvais garçons.). Si oui :  pourquoi ? comment les reconnaitre ?

Ce document introduit par Anne dans une autre discussion du fait qu'il est conçu pour des étrangers (finlandais) pourra peut-être aider.