1 (Modifié par ilia 27/09/2015 à 17:21)

Pierre Nepveu, Et je songe parfois que nous sommes si peu prêts pour ce repos...

Bonjour, aidez-moi s'il vous plaît pour cette analyse. J'ai deux jours. Il faut répondre à cette question: quelle émotion se détache la plus fortement de ce poème? Il faut faire une analyse, s'appuyer sur les figures de style, sur le texte et expliquer ces figures  de style et les extraits utilisés. Le professeur nous a dit que c'est l'incompréhension, mais je ne réussis pas à le prouver. Ce texte provient du recueil de poèmes ''Lignes aériennes'' de Pierre Nepveu, page 76. En gros, c'est des poèmes sur le même événement historique. Sur la construction de l'aéroport de Mirabel (dans la province de Québec, Canada). Le gouvernement à détruit plusieurs terres agricoles et a exproprié plusieurs agriculteurs pour la construction d'un énorme aéroport qui a finalement été fermé à cause du peu de voyageurs qui passaient. Les poèmes parlent de cet événement à travers plusieurs personnages qui y étaient: les agriculteurs, un arpenteur,etc. Le "je" de ce poème est une femme de ménage de l'aéroport quand il a été finalement abandonné. Le fil conducteur de tout ce recueil est l'absurdité de ce projet(construction aéroport), la bêtise humaine/gouvernementale/bureaucratique.
 
  Voilà le seuls éléments de recherche personnelle que j'ai réussi à trouver, a gratter un peu, mais c'est peut être faux. Ligne 5, je pense que "le désir de comprendre tombe à court de sa cible" signifie qu'on est fatigué d'essayer de trouver une justification à la construction de cet aéroport. L'évier qui déborde est peut-être une métaphore pour dire que la colère commence à monter, comme la goûte qui fait déborder le vase.

Voici le poème en question:

Et je songe parfois que nous sommes si peu prêts pour ce
repos qui ne vient ni de l'aube ni de l'hiver, mais de l'inté-
rieur, comme une maison sans meubles ou une mémoire
qui n'a plus corps ni couleurs. Le désir de comprendre
tombe à court de sa cible, nous sommes dans le reflux du
temps, il n'y a pas de marche arrière ni de rivière qui
remonte son cours, il n'y a que le silence du ciel et un bruit
de robinet qui coule, hallucinant, impossible à fermer, et
l'évier qui déborde.

2 (Modifié par Laoshi 27/09/2015 à 17:50)

Pierre Nepveu, Et je songe parfois que nous sommes si peu prêts pour ce repos...

Bonjour,
Je lis, au fil du texte, sans idées préconçues le passage que tu cites, et j'écris ce que je vois...
Ne connaissant pas le recueil ni le contexte, je suis peut-être complètement à côté de la plaque.

Et je songe parfois que nous sommes si peu prêts pour ce
repos qui ne vient ni de l'aube ni de l'hiver, mais de l'inté-
rieur, comme une maison sans meubles ou une mémoire
qui n'a plus corps ni couleurs. Le désir de comprendre
tombe à court de sa cible, nous sommes dans le reflux du
temps, il n'y a pas de marche arrière ni de rivière qui
remonte son cours, il n'y a que le silence du ciel et un bruit
de robinet qui coule, hallucinant, impossible à fermer, et
l'évier qui déborde.

Et je songe parfois que nous sommes si peu prêts pour ce
repos

Sentiment d'inquiétude peu compréhensible puisqu'il s'applique au repos, lequel je ne sais pas, mais même s'il est éternel, il devrait impliquer une image de paix et non d'angoisse.

qui ne vient ni de l'aube ni de l'hiver, mais de l'inté-
rieur,

Est-ce à dire que nous sommes toujours en proie à une agitation qui nous empêche d'atteindre la sérénité intérieure ? Beaucoup de négations...

comme une maison sans meubles ou une mémoire
qui n'a plus corps ni couleurs.

Ici, une image (comparaison) à connotation négative. Impression du vide de la maison, du cerveau-maison. (?) Des négations encore.

Le désir de comprendre
tombe à court de sa cible,

Ici, oui, je ressens l'incompréhension de celui qui écrit. image à remarquer aussi, métaphore cette fois.

nous sommes dans le reflux du
temps, il n'y a pas de marche arrière ni de rivière qui
remonte son cours,

Sensation de non-retour. désespérance ?

il n'y a que le silence du ciel et un bruit
de robinet qui coule, hallucinant, impossible à fermer, et
l'évier qui déborde

Images désagréables. Antithèse entre le silence du ciel (Dieu ?) et un bruit lancinant et nuisible  auquel on aimerait bien mettre un terme.

3

Pierre Nepveu, Et je songe parfois que nous sommes si peu prêts pour ce repos...

Mirabel est un centre vide, dévasté.
A son image, les habitants (NOUS ...) sont comme des maisons vides. (sans ...ne plus), une mémoire qui n'a plus ...

Structure du texte avec deux phrases. Comparer les sous-thèmes, le lexique, la longueur et le rythme.
L'incompréhension avec les verbes : je songe, le désir de comprendre ... et l'impossibilité de bouger et d'avoir une réponse d'en haut (silence du ciel)
Superposition des espaces géographiques et des espaces temps
Confusion et superposition  de l'abstrait et du concret
La force des images d'eau
L'opposition : Il n'y a pas ... Il n'y a / silence et bruit /dedans dehors ...
Vide au dedans, le quotidien qui déborde et va submerger
Repos impossible. Immobilité.
Poème  de l'événement qui construit et déconstruit ses habitants. Le poète en rend compte.