Le roman n’est jamais ni vrai ni faux, il ne fait que suggérer l’un ou l’autre...

Bonsoir à tous,

Alors voilà, j'ai rédigé une introduction sur le sujet de dissertation suivant:

"Réagissez à ces propos de Marthe Robert : « Le roman n’est jamais ni vrai ni faux, il ne fait que suggérer l’un ou l’autre, autrement dit il n’a jamais le choix qu’entre deux manières de tromper, entre deux sortes de mensonges qui misent inégalement sur la crédulité. Ou bien en effet la fable se montre franchement comme telle, en rappelant jusque dans sa trame les conventions à quoi elle choisit de se plier, ou bien elle s’entoure de toutes les apparences de la vie, et dans ce cas, naturellement, il lui faut veiller à ne pas signaler sa volonté de faire illusion » (Roman des origines et origines du roman)"

Et je voudrais savoir ce que vous en pensez. Quels sont les points négatifs? Que faut-il modifier ou améliorer? Y'a t-il des points à retravailler, à développer? Suis-je hors sujet et y'a t-il des choses manquantes? Je suis prête à tout entendre, le but étant de s'améliorer. Je pense que le point faible est la problématique (Je tiens à préciser que le plan n'est pas intégré pour le moment, je le ferai le moment venu)

Merci à tous!

Définie par Aragon comme « l’art du mentir-vrai » en 1964, l’écriture romanesque est souvent considérée et conçue comme révélation du réel par le biais de la fabulation. En d’autres termes, la littérature posséderait cette capacité à créer un univers véridique alors même qu’elle nous propose et nous décrit une histoire fictionnelle. Fiction qui, pourtant apparaît naturellement aux yeux du lecteur réaliste voire réelle. Le roman reposerait donc sur le principe de « l’illusion romanesque ».
Dans son œuvre Roman des origines et origines du roman de 1972, la critique littéraire Marthe Robert propose et illustre sa conception du roman qui, elle l’observe « n’est jamais ni vrai ni faux » et qui « n’a jamais le choix qu’entre deux manières de tromper ». Avec l’emploi de « ne … que » qui marque la restriction, Marthe Robert affirme donc que le roman ne peut être appréhendé que de deux manières qui, toutes deux reposent sur le principe de la tromperie et du mensonge. Les rapports du roman avec la vérité seraient donc des rapports d’ambiguïté voire même des rapports nuls. A cela, s’ajoute, pour la critique le fait que ces « deux manières de tromper misent inégalement sur la crédulité ». La présence de l’adverbe « inégalement » rend compte d’une opposition dans les propos de la critique. Le roman s’entourerait en effet, d’une part « de toutes les apparences de la vie » pour faire croire au lecteur en la véracité de ce qu’il relate. Force est de constater que malgré un certain effort de vraisemblance, le fait est que le roman n’est qu’imitation du réel et qu’il est, de ce fait inexact d’affirmer qu’il est véridique ; et d’autre part il « se montre franchement » comme tel, c’est à dire qu’il assume dans sa structure, sa composition et « jusque dans sa trame » les conventions auxquelles il se plie et son caractère indubitablement illusoire et fictif. Cette « crédulité » qui est ici évoquée est celle du lecteur qui se laisse « prendre au piège »  de cette fiction dans laquelle il se plonge. Mais ce plongeon dans la fiction n’est pas forcément contraint ou forcé et peut, tout au contraire être volontaire. Nous pouvons alors parler de « suspension volontaire de l’incrédulité ». Par là, on entend le fait que le lecteur est conscient et accepte de mettre de côté son scepticisme pour se livrer de pied en cap à l’œuvre qu’il lit.
On pourrait alors se demander si le mensonge, qui selon Marthe Robert fait partie intégrante de la littérature, est réellement indispensable à l’œuvre romanesque. De façon paradoxale, transporte-t-il une vérité qui s’approche davantage de la réalité que le simple fait de reproduire directement, de but en blanc la réalité ? Le mensonge et la tromperie constituent-ils pour l’homme une forme de protection ? Un monde imaginaire est-il préférable à une réalité décevante ?

2 (Modifié par floreale 26/09/2015 à 16:58)

Le roman n’est jamais ni vrai ni faux, il ne fait que suggérer l’un ou l’autre...

Simple avis ...

Il me semble que ton introduction, au lieu de formuler le problème soulevé par la citation de Marthe Robert, commence déjà à expliciter son propos.

Le roman n’est jamais ni vrai ni faux, il ne fait que suggérer l’un ou l’autre...

Merci Floreale pour ta réponse. Effectivement, je me suis moi-même posé la question mais comme il faut analyser la citation et l'expliquer par un raisonnement je ne vois pas trop comment faire autrement

4 (Modifié par floreale 26/09/2015 à 17:10)

Le roman n’est jamais ni vrai ni faux, il ne fait que suggérer l’un ou l’autre...

Oscillant entre la fiction et la réalité, entre la vérité et le mensonge, le roman est-il un genre de la dissimulation ou de la révélation ?

Le roman n’est jamais ni vrai ni faux, il ne fait que suggérer l’un ou l’autre...

Ta problématique me semble très bien formulée floreale