1

Composition française sur le personnage de roman

Bonjour à vous ! J'ai un sujet de composition française à rendre incessamment sous peu mais je n'arrive pas à me décider sur une problématique et un plan ..
Voici mon sujet:

"Ici naît cette malheureuse envie que tant d'hommes portent à le vie des autres. Apercevant ces existences du dehors, on leur prête une cohérence et une unité qu'elles ne peuvent avoir en vérité, mais qui paraissent évidentes à l'observateur. Il ne voit que la ligne de faite de ces vies, sans prendre conscience du détail qui les ronge. Nous faisons alors de l'art sur ces existences. De façon élémentaire, nous les romançons. Chacun dans ce sens cherche à faire de sa vie une preuve d'art, mais les êtres s'échappent toujours et nous leur échappons aussi; ils sont sans contours fermes. La vie de ce point de vue est sans style. Elle n'est qu'un mouvement qui court après sa forme sans la trouver jamais."

Ce que j'ai compris du sujet est que la vie des personnages que les auteurs veulent dépeindre dans les romans suit malgré tout toujours une ligne ou converge vers un point, une idée précise, en omettant les petits détails de l'existence réelle. En effet, dans la vie réelle, tout ne semble pas logique ni écrit d'avance, et même les romans qui désirent contrer cela pour être plus proches de la mimésis ne peuvent échapper à cela dès lors qu'ils romancent. Est-ce bien cela qu'il fallait comprendre ou ai-je ommis une autre idée ? D'autre part, auriez-vous des idées de comment formuler une problématique et ou un plan ?  Merci d'avance !

2 (Modifié par floreale 26/09/2015 à 11:50)

Composition française sur le personnage de roman

Peut-être conviendrait-il de replacer la citation dans un extrait plus large de L'Homme révolté de Camus pour ne pas réduire le sens de la citation et comprendre l'idée de Camus.

Tu ne précises pas la consigne exacte.

3

Composition française sur le personnage de roman

La consigne exacte est de faire une composition française à partir de cet extrait de Camus. Le professeur nous a donné cet extrait très précisément pour que nous reformulions nous même nous forme de problématique, et c'est l'une des étapes qui me pose problème ...

4

Composition française sur le personnage de roman

La consigne exacte est de faire une composition française à partir de cet extrait de Camus

En quelle classe es-tu ? Quelle section ?

C'est toi qui ajoutes  : "Composition française sur le personnage de roman" ou est-ce dans le sujet ?
Je suis surprise par  : "composition française".
Le professeur a-t-il donné des précisions à l'oral ? As-tu lu l'essai de Camus : L'Homme révolté ou ne disposes-tu que de ce court extrait ? 

Je suis perplexe.

5

Composition française sur le personnage de roman

Je suis en classe préparatoire de lettres et langues et le sujet qui nous a été donné est bien l'extrait tel quel, ni plus, ni moins, sans autre explications, à présenter sous la forme d'une "composition française", autrement dit d'une dissertation littéraire.

6

Composition française sur le personnage de roman

Le double JE du  personnage de roman : la vie rêvée ou la vie devant soi ?
I. Ce personnage que le lecteur croit voir
- le réseau d'attente
- la simplification
- un destin

II. Ce personnage qui nous ramène à la vraie vie
- la notion d'écart entre rêve et réalité
- la poussière d'absolu qui reste
- la nécessaire réflexion de l'homme révolté

III. Le personnage et la création
- un romancier démiurge
- l'art nécessaire à la vie
- le lecteur et le double jeu : lui et l'autre

7

Composition française sur le personnage de roman

Merci infiniment, je n'avais pas encore pensé à rapprocher le sujet à celui de la création pour la troisième partie. En revanche je n'arrive pas bien à saisir ce que vous entendez par "réseau d'attente".

8

Composition française sur le personnage de roman

nous faisons alors de l'art sur ces existences. De façon élémentaire, nous les romançons.

Il peut être ce que je rêve d'être, que je n'ose pas être. Il vit des rencontres, des aventures qui manquent à ma vie ordinaire ... Je vais vivre par procuration ... Je crée ma vie au travers du personnage, le temps de la lecture du roman.

9 (Modifié par Laoshi 26/09/2015 à 13:34)

Composition française sur le personnage de roman

Je pensais bien qu'il s'agissait d'un sujet de classe préparatoire.  Ce que dit Camus n'est pas facile à saisir, je trouve.
Il faudrait effectivement replacer l'extrait dans son contexte, déjà pour voir comment ce qui est écrit peut se rapporter au personnage de roman, car ce n'est pas évident à la seule lecture de ce court extrait.
Au moins lire ce qui précède :
Après tout, écrire ou lire un roman sont actions insolites. Bâtir une histoire par un arrangement nouveau de faits vrais n'a rien d'inévitable, ni de nécessaire. Si même l'explication vulgaire, par le plaisir du créateur et du lecteur, était vraie, il faudrait alors se demander par quelle nécessité la plupart des hommes prennent justement du plaisir et de l'intérêt à des histoires feintes. La critique révolutionnaire condamne le roman pur comme l'évasion d'une imagination oisive. Le langage commun, à son tour, appelle « roman » le récit mensonger du journaliste maladroit. Il y a quelques lustres, l'usage voulait aussi, contre la vraisemblance, que les jeunes filles fussent « romanesques ». On entendait par la que ces créatures idéales ne tenaient pas compte des réalités de l'existence. D'une façon générale, on a toujours considéré que le romanesque se séparait de la vie et qu'il l'embellissait en même temps qu'il la trahissait. La façon la plus simple et la plus commune d'envisager l'expression romanesque consiste donc à y voir un exercice d'évasion. Le sens commun rejoint la critique révolutionnaire.
Mais de quoi s'évade-t-on par le roman ? D'une réalité jugée trop écrasante ? Les gens heureux lisent aussi des romans et il est constant que l'extrême souffrance ôte le goût de la lecture. D'un autre côté, l'univers romanesque a certainement moins de poids et de présence que cet autre univers où des êtres de chair font notre siège sans répit. Par quel mystère, cependant, Adolphe nous apparaît-il comme un personnage bien plus familier que Benjamin Constant, le comte Mosca que nos moralistes professionnels ? Balzac termina un jour une longue conversation sur la politique et le sort du monde en disant : « Et maintenant revenons aux choses sérieuses », voulant parler de ses romans. La gravité indiscutable du monde romanesque, notre obstination à prendre au sérieux, en effet, les mythes innombrables que nous propose depuis deux siècles le génie romanesque, le goût de l'évasion ne suffit pas à l'expliquer. Certainement, l'activité romanesque suppose une sorte de refus du réel. Mais ce refus n'est pas une simple fuite. Doit-on y voir le mouvement de retraite de la belle âme qui, selon Hegel, se crée à elle-même, dans sa déception, un monde factice où la morale règne seule. Le roman d'édification, pourtant, reste assez loin de la grande littérature ; et le meilleur des romans roses, Paul et Virginie, ouvrage proprement affligeant, n'offre rien à la consolation. La contradiction est celle-ci : l'homme refuse le monde tel qu'il est, sans accepter de lui échapper En fait, les hommes tiennent au monde et, dans leur immense majorité, ils ne désirent pas le quitter. Loin de vouloir toujours l'oublier, ils souffrent au contraire de ne point le posséder assez, étranges citoyens du monde, exilés dans leur propre patrie. Sauf aux instants fulgurants de la plénitude, toute réalité est pour eux inachevée. Leurs actes leur échappent dans d'autres actes, reviennent les juger sous des visages inattendus, fuient comme l'eau de Tantale vers une embouchure encore ignorée. Connaître l'embouchure, dominer le cours du fleuve, saisir enfin la vie comme destin, voilà leur vraie nostalgie, au plus épais de leur patrie. Mais cette vision qui, dans la connaissance au moins, les réconcilierait enfin avec eux-mêmes, ne peut apparaître, si elle apparaît, qu'à ce moment fugitif qu'est la mort : tout s'y achève. Pour être, une fois, au monde, il faut à jamais ne plus être.
//
Ici naît cette malheureuse envie que tant d'hommes portent à la vie des autres. Apercevant ces existences du dehors, on leur prête une cohérence et une unité qu'elles ne peuvent avoir en vérité, mais qui paraissent évidentes à l'observateur. Il ne voit que la ligne de faîte de ces vies, sans prendre conscience du détail qui les ronge. Nous faisons alors de l'art sur ces existences. De façon élémentaire, nous les romançons. Chacun dans ce sens cherche à faire de sa vie une preuve d'art, mais les êtres s'échappent toujours et nous leur échappons aussi; ils sont sans contours fermes. La vie de ce point de vue est sans style. Elle n'est qu'un mouvement qui court après sa forme sans la trouver jamais."

J'ai mis en gras les passages qui me semblent importants.
Pour moi, mais je ne suis pas un as de la composition française, le problème posée par ce sujet porte sur le mystère de la fascination qu'exercent sur nous les personnages de roman. Comment et pourquoi cette illusion est-elle possible ?

10

Composition française sur le personnage de roman

Ah oui d'accord ! Mais n'est-ce pas également relié à la notion même de destin ? A savoir, que nous nous projetons avec le personnage ? Et que faut-il alors comprendre par "simplification" ? Je ne comprends pas également pas le message que vous me proposez de faire passer dans la sous-partie "une poussière d'absolue qui reste". Et en ce qui concerne "la nécessaire réflexion de l'homme révolté", faites-vous référence à l'idée que nous procure le roman de Camus lui-même ? En tous les cas, je vous remercie de l'aide que vous venez de me fournir !