Le genre n'est jamais neutre

J'arrive à saisir le sens d'utiliser 'un enfant' ou 'une enfant'. Ce qui est plus mystérieux est 'un après-midi' ou 'une après-midi'.

Autres mystères:
- les bonnes gens/les gens bons
- l'orgue est grand/les grandes orgues
(ce ne sont pas les seuls exemples).

Il est très facile de se réfugier derrière "consulter Grevisse" ou "c'est la règle"; ce que j'essaye de faire est comprendre la règle. Pour quelle raison décide-t-on des choses pareilles?

Pouvez-vous éclaircir ma chambre obscure?

Le genre n'est jamais neutre

C'est simple pour après-midi, c'est un mot androgyne ; on peut dire indiffèrement un ou une
Il en était de même pour "automne" (Apollinaire la met toujours au féminin)
"une" enfant : quand c'est une fillette ou une jeune fille
TLF :
Spéc., au fém. Petite fille et, p. ext., jeune fille. J'ai subi le charme de grâce et de délicatesse qui émanait de cette enfant de vingt ans (BOURGET, Disciple, 1889, p. 120). Cette enfant est l'innocence même (MARTIN DU G., Thib., Cah. gr., 1922 p. 595).

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Le genre n'est jamais neutre

J'en rajoute un : un amour heureux
                         des amours heureuses

Le genre n'est jamais neutre

l'orgue est grand / le grand orgue
Les orgues sont grandes / les grandes orgues
ce mot, comme délices et amour, est masculin au singulier et féminin au pluriel
L'amour est grand/ le grand amour
de grandes amours/les amours sont grandes

Le genre n'est jamais neutre

"C'est comme ça" est ce que l'on dit à un enfant quand on ne sait pas lui répondre.

Je ne suis plus un enfant et j'avais demandé "POURQUOI?", qui, tout comme "COMMENT?" sont des questions fondamentales à se poser pour ne pas rester idiot.

L'Etre Humain et l'Humanité n'ont pas évolué en se disant et en acceptant "c'est comme ça"!

JSC (vexé).

Le genre n'est jamais neutre

Qu'y puis-je si "c'est comme ça"
Je n'ai pas décidé de l'esprit ni de l'évolution de la langue

Il me semble qu'il y a des questions autrement capitales à se poser, et dont les réponses feront plus avancer le monde et l'homme que ces chipotages sur le genre d'un mot

Léah, plus qu'agacée par tes poses d'enfant gâté

Le genre n'est jamais neutre

Ce n'est pas dans mes attributions de remplacer l'Académie quand elle-même hésite sur le genre d'un mot !

Copie du  TLF (pour automne)
Rem. Au XIXe s. hésitation sur le genre (cf. ex. 1); le mot est donné comme masc. et fém. par Ac. 1798-1878 BESCH. 1845, LITTRÉ, DG; masc. par les dict. Lar. (dès Lar. 19e) et, d'une façon générale, les dict. du XXe s. (y compris Ac. 1932, hormis QUILLET). Les grammairiens (cf. GIR. t. 1 1834) ont voulu établir une distinction de genre selon que l'adj. suit immédiatement ou qu'il précède le mot automne (un bel automne, une automne délicieuse). Condamnée par les lexicographes (cf. BESCH. 1845, LITTRÉ, etc.), elle est restée sans lendemain.

Le genre n'est jamais neutre

Bonjour...

Il est très difficile de répondre à ce genre de questions...

Moi-même, je ne puis malheureusement pas vous aider pour le moment, quoi que je partage l'envie de JSC, tout-à-fait légitime, de comprendre plutôt que d'apprendre.

Je me permettrais, dans cette optique, de faire une petite citation:
<< Quand je ne comprends pas une chose, il y a deux solutions: ou c'est la chose qui est bête, ou c'est moi qui suis bête. >>.

C'est une petite phrase que je garde toujours à l'esprit lorsque je raisonne en linguistique, qui me rappelle que rien ne doit rester négligé...

J'essaierai de voir en diachronie si l'on peut trouver un semblant d'explication à ces difficultés-là...

D'ici là, bon courage pour vos investigations!

Le genre n'est jamais neutre

De là à supposer que tous les académiciens sont bêtes...
Je laisse tomber cette discussion stérile

Le genre n'est jamais neutre

Bonsoir !

Je partage l’avis de Léah : cette discussion est stérile.

Le français, telle qu’il existe (synchronie), est le résultat d’une longue évolution (diachronie) de la langue. Il peut être intéressant de se demander à quelle époque et comment le neutre latin a disparu au seul profit du masculin et du féminin ; il est vain de se demander POURQUOI cela s’est produit.
En dehors de l’influence de l’Académie et de prescriptions législatives, la langue évolue en effet de la même manière que les usages sociaux. La linguistique (notamment en phonétique historique) se contente d’observer des faits de langue afin de dégager des constantes et de formuler des « lois ». La grammaire descriptive se borne à des constatations empiriques et inductives : « observations, procédures de découvertes et de généralisation » (Riegel) ; même la grammaire comparée ne fait que rechercher des différences, des ressemblances, voire des parentés entre plusieurs langues : « les Français sont les seuls à distinguer entre le fleuve, qui se jette dans la mer, et la rivière, qui se jette dans un autre cours d’eau » (Martinet). Tout cela se constate, s’apprend : c’est comme ça. Il me paraît impossible d’en donner la cause et le pourquoi. Si le jaune d’œuf est rouge en italien, cela tient à ce que chaque communauté a sa propre vision de la réalité du monde. Et pourquoi, à l’instar du latin, le français n’a-t-il pas de subjonctif futur ? Constatez simplement que cet emploi est assumé par le subjonctif présent. Ne vous demandez pas toujours le pourquoi.

Quoi qu’il en soit, puisque la question (récurrente) du neutre est posée, je pense qu’il est utile de mettre nos idées bien en place.

GREVISSE (n°455)
LE NEUTRE EXISTE-T-IL EN FRANCAIS ?
Si on le considère comme une forme particulière DU NOM OU DE L’ADJECTIF, la réponse est NÉGATIVE. Là où le latin distinguait Hic est bonus « celui-ci est bon » de Hoc est bonum « ceci est bon », le français n’a qu’une seule forme « bon » (qui est celle du MASCULIN).

Du point de vue SÉMANTIQUE, on observe que le français attribue certaines formes particulières des pronoms à l’expression de L’INANIMÉ : CE, CECI, CELA, opposés à celui-ci, celui-là ; QUOI interrogatif opposé à qui ; etc. Sans doute les mots qui s’accordent avec ce, quoi, etc. se mettent-ils au MASCULIN, qui est en français la FORME INDIFFÉRENCIÉE, mais IL NE PARAÎT PAS ILLÉGITIME D’APPELER CES FORMES DES NEUTRES.

Des catégories comme l’infinitif et la proposition conjonctive sont normalement étrangères à la notion de genre (et aussi de nombre) et l’appellation de neutre LEUR CONVIENT ASSEZ BIEN, quoique les adjectifs qui s’accordent avec eux soient au masculin : « Mentir est odieux. »
Fin de citation

DICTIONNAIRE DE LINGUISTIQUE LAROUSSE
En français, l’opposition entre animé et NON-ANIMÉ apparaît dans les pronoms : quelqu’un / QUELQUE CHOSE, qui ? / QUE ? QUOI ?, etc. Ainsi CERTAINS grammairiens ont-ils soutenu l’existence du neutre en français.

LA GRAMMAIRE D’AUJOURD’HUI
En français, le neutre n’existe que pour CERTAINS PRONOMS, et EXCLUT LE PLURIEL.
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J’ajouterai ceci  (tiens, voilà du neutre !) :

1 La notion de neutre, qui n’est pas admise unanimement, est LIMITÉE à certains termes ou groupes, essentiellement GRAMMATICAUX (et non lexicaux) et ressortissant tous au NON-ANIMÉ.

2 La CONSÉQUENCE GRAMMATICALE de la notion de neutre est limitée : elle se manifeste uniquement quant à L’ACCORD et celui-ci se fait au seul MASCULIN SINGULIER, que l’on appelle le genre INDIFFÉRENCIÉ. Vous savez en effet que, lorsque les donneurs sont l’un masculin et l’autre féminin, c’est le premier qui est donneur.

3 Il n’y a pas lieu de disserter sur les NOMS NON ANIMÉS qui, au choix (après-midi) ou selon le contexte, l’emploi ou la syntaxe (orgue), sont tantôt masculins, tantôt féminins. Ce sont les NOMS À DOUBLE GENRE. On ne peut pas parler ici de neutre.

4 C’est pareil pour les NOMS ÉPICÈNES (ANIMÉS), à savoir :
a) ceux qui peuvent avoir DEUX GENRES SELON LE SEXE : un /une enfant, un /une élève, outre concierge, choriste, pianiste, etc. ;
b) ceux qui n’ont qu’UN GENRE QUEL QUE SOIT LE SEXE : soit le masculin (ange), soit le féminin (canaille).
(L’évolution des moeurs de la société conduit cependant, vous le savez, à donner une forme féminine à certains noms de profession : écrivain / écrivaine.)
Il n’est toujours pas question de neutre.

Par exemple aussi, des PRONOMS personnels (je, tu, nous, vous) sont donneurs de genre selon le contexte et sont épicènes.
La notion d’épicène est enfin applicable aux ADJECTIFS qui ont la même forme pour les deux genres : immuable. (Ceux qui se terminent déjà par E au masculin.)
Pas question de neutre non plus.

Conclusion
On évitera de confondre :
- les termes (surtout pronoms) qui peuvent être considérés comme neutres,
- les noms non animés à double genre,
- les épicènes (noms animés, pronoms et adjectifs).