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Sommes-nous aliénés par notre conscience morale ?

Bounjour, bon je suis en Terminale S, scolarisé au CNED. Les cours du cned de philo sont un vrai fiasco : incompréhensibles, tout mélangé. Après 6 mois en train de les utiliser, je les ai abbandoné et ai commence à étudier tout seul avec internet/livres.
J'ai alors procédé à réaliser mes premiers dissertations.

J'ai cru que ma deuxième dissert était asez bien réussie, j'étais content de mon travail, mais j'ai été surpris quand j'ai reçu un 11 dans la correction. Malheureusement j'ai trouvé la correction très incomplète : pratiquement aucun commentaire sur ce que je pouvai améliorer, ce que j'ai mal fait, donc ça na m'a pas beacoup vraiment aidé. J'aimerais avoir votre opinion sur ce que je peux améliorer, et si vous croyez que un 11 est une notation correcte pour ma dissert. Une chose qui m'a surpris est que le correcteur m'a reproché de faire uniquement deux parties, affirmant qu'il "manquait une partie" et qu'un plan devait avoir 3 parties. Cela m'a surpris car dans le livre DU CNED, on nous dit que la troisième partie est optionelle :

Voici la dissert :

“Ce n’est pas la conscience qui détermine la vie, mais la vie qui détermine la conscience” – Karl Marx

          La société humaine actuelle est assez manichéiste : elle a bien défini ce qu’elle considère le bien et le mal, et dès qu’on est tout petit les individus qui nous entourent se donnent le travail de nous pointer du doigt ce qui est bien ou mal, ce qui est vilain et ce qui est gentil, ce qu’il faut ou il ne faut pas faire. On développe donc chacun, petit à petit, dès qu’on est né, notre « conscience morale », terme qu’on pourrait définir comme notre capacité de distinguer le bien et le mal. Mais, est-ce qu’on développe vraiment « notre » conscience morale, ne serait-ce pas plutôt « une » conscience morale, prédéfinie par la société et transmise à nous dès que nous sommes des petits bébés indépendamment de notre volonté ? C’est là que le terme « aliéné » entre en jeu. Un individu aliéné est simplement un individu fou, dément, qui a perdu la raison, plus précisément qui est privé de raison. Est-ce que cette conscience morale imposée par la société arrive au point de nous priver de notre raison ? De nous arracher notre capacité de raisonner et donc de former notre propre conscience morale, c’est-à-dire nos propres opinions et distinctions sur le bien et le mal ? Premièrement, nous verrons qu’il est possible pour chacun d’entre nous d’avoir sa propre conscience morale, puis dans un deuxième temps nous verrons que cependant on semble parfois être aliéné par une conscience morale qui nous est imposée par la société qui nous entoure.


           
          On a vu que dès qu’on est petit, on nous apprend à distinguer le bien et le mal. Cependant, est-ce qu’on doit vraiment cette capacité qu’on possède à la société ? Ne serions-nous pas capables de distinguer le bien et le mal indépendamment de l’apprentissage que nous offre la société ? En effet, la capacité de distinguer le bien et le mal pourrait peut-être être une capacité innée, que tout individu possède à l’intérieur de lui dès qu’il est né. C’est la théorie de Rousseau, qui défend l’idée qu’il existe un sens naturel de la morale, c’est-à-dire une capacité innée à saisir que qui est le bien et ce qui est le mal. En effet Rousseau croyait que avant même que les hommes vivent dans des sociétés formés, régies par des lois, et dans lesquelles on ne cesse de nous indiquer ce qui est le bien et le mal, ils étaient déjà capables de sens moral par eux-mêmes. On peut prendre l’exemple suivant : imaginez un homme qui a vécu toute sa vie isolé de la société, un homme sauvage (ce qui a déjà eu lieu à plusieurs reprises dans l’histoire). Il se retrouve face à face avec un individu agonisant et quasi mourant dans le sol, et il a la possibilité de l’aider. Même si personne ne lui a appris à distinguer le bien et le mal, il est logique de penser qu’il ressentira de la pitié et aura l’instinct naturel d’aider l’individu. En citant Rousseau : « Conscience ! conscience ! instinct divin, immortelle et céleste voix ; guide assuré d'un être ignorant et borné, mais intelligent et libre ». Donc, si on considère que la conscience morale est une capacité innée, elle ne nous est pas imposée par la société.

Kant, lui, croit aussi que n’importe qui peut savoir si ses actions sont morales, indépendamment des apprentissages morales que la société nous transmet : il suffit de se demander, avant de réaliser une action, si il serait souhaitable que tout le monde agisse en fonction des mêmes motifs, c’est-à-dire, il faut se demander si ce qui motive notre action, pourrait devenir une règle universelle : si c’est le cas, alors c’est bien une action morale. Par exemple, si on va mentir, et on se demande si cela pourrait devenir une règle universelle, il est évident que non, car on ne pourrait pas vivre dans une société ou mentir est une règle, elle ne fonctionnerait pas correctement, et donc mentir n’est pas une action morale. En citant Kant : « Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir au même temps qu’elle devienne une loi universelle ».

Il semble donc dans un premier temps que la conscience morale est innée, et que chacun peut développer la sienne. Il semblerait donc que la société n’a pas d’influence dans la capacité de chacun à développer sa propre conscience morale.


         
             Cependant, est-ce qu’on a vraiment notre propre conscience morale ? N’est-elle pas imposée à nous par la société qui nous entoure ? Plusieurs philosophes ne sont pas d’accord avec les théories qui supposent que la conscience morale est innée.
Dans ses essais, dans le chapitre « Des cannibales », Montaigne écrit : « Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage ». Cette phrase est parfaite pour ce que nous sommes en train d’analyser. Elle veut transmettre le message que quand les hommes sont confrontés à une situation qui est en dehors de leur zone de confort, qui ne fait pas partie de leur culture, qu’ils ne voient pas tous les jours, ils ont le réflexe de la dénoncer et de la qualifier de « non morale », car, en effet, la société dans laquelle ils vivent leur a bien appris ce qui est moral, et que cela n’en fait pas partie. Prenons par exemple la corrida, spectacle dans lequel un taureau sans défense, impuissant, est tué à sang froid par un « matador » : cela est considéré immoral par nombreux, mais c’est une pratique assez normale dans plusieurs cultures, notamment en Espagne et dans plusieurs pays d’Amérique Latine. Cet exemple sert bien à illustrer le fait que la conscience morale dépend de la culture. Il semblerait donc que notre conscience morale est fortement lié et dépendante de notre culture et de notre éducation.

Karl Marx soutenait fortement la théorie que la conscience des individus est dépendante du monde extérieur : « Ce n’est pas la conscience qui détermine la vie, mais la vie qui détermine la conscience. ». En effet il croyait que notre appartenance à une certaine classe sociale, mais aussi à un moment précis de l’histoire, a un fort impact sur la conscience morale d’un individu. Le système de pensée de chacun serait donc conditionné par ses conditions matérielles d’existence. Par exemple, dans la Rome antique, les combats de gladiateurs étaient quelque chose de normal, et cependant actuellement ils sont interdits, et logiquement pour la plupart des individus il serait immoral de prendre plaisir à regarder deux hommes combattre jusqu’à la mort pour survivre.



           En conclusion, on n’a donc pas réussi à aboutir à une réponse à notre problème. En effet il y a plusieurs possibilités : il se pourrait que la conscience soit innée, et tout le monde la possède indépendamment de son éducation, et ainsi nous avons donc chacun en effet notre conscience morale. Cependant il existe la possibilité que notre conscience morale soit dépendante de notre milieu social et du moment de l’histoire dans lequel nous vivons : très souvent la conscience morale des individus semble être largement influencée par leur éducation et leur milieu. Chaque théorie possède des arguments pertinents la défendant. On pourrait penser que elles sont toutes correctes, qu’elles se complémentent : peut-être les individus possèdent tous une conscience morale innée, toutefois elle est altérée le long de leur vie par leur milieu social et leur éducation.

(1264 mots)

Merci d'avance!!!

2 (Modifié par Jehan 05/09/2015 à 12:23)

Sommes-nous aliénés par notre conscience morale ?

Votre message ne semble pas inspirer les foules et moi pas plus que les autres. N'ayant jamais fait de philo, je n'y entends rien et ne peux donc juger du fond. J'espère qu'un pro le fera.
Ce qui m'a interpellé, c'est la rédaction. Je ne suis pas très doué en cette matière, mais il me semble que vous vous répétez. Mais c'est peut-être tout l'art du philosophe que de broder.

Je m'en tiens à votre introduction. Dans la version ci-dessous, ne dis-je pas autant en beaucoup moins de lignes ?

   

La société actuelle est assez manichéiste. Elle a bien défini ce qu’elle considère le bien et le mal, et très jeune, notre entourage nous enseigne, ce qui est vilain et ne l’ai pas, ce qu’il faut faire et ne pas faire… Chacun développe donc très tôt « une » conscience morale, à savoir une capacité de distinguer le bien et le mal. Mais cette conscience morale inculquée dès le plus jeune âge n’est-elle pas aliénante ? Ne nous ôte-t-elle  pas tout esprit critique et ce faisant ne nous empêche-t-elle pas de nous forger « notre » propre conscience morale ? Nous verrons qu’il est premièrement, possible pour chacun d’entre nous d’avoir sa propre conscience morale, deuxièmement, qu’on  semble cependant parfois être aliéné par une conscience morale inculquée par la société.

Bon courage. Et je sais qu'il en faut pour suivre les cours du CNED. J'ai fait un an de compta, il y a longtemps, pour le seul plaisir d'acquérir quelques rudiments de cette discipline.

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Sommes-nous aliénés par notre conscience morale ?

"et ne l'est pas".

4 (Modifié par paulang 05/09/2015 à 08:53)

Sommes-nous aliénés par notre conscience morale ?

Merci pour cette correction.

La société actuelle est assez manichéiste. Elle a bien défini ce qu’elle considère le bien et le mal, et très jeune, notre entourage nous enseigne, ce qui est vilain et ne l’est pas, ce qu’il faut faire et ne pas faire…

Mais sinon, notre ami demande ce que nous pensons de son devoir. Pensez-vous que j'ai trahi son introduction ?

5 (Modifié par Jehan 05/09/2015 à 12:22)

Sommes-nous aliénés par notre conscience morale ?

Corriger : pas de virgule après "enseigne".
nous enseigne ce qui est vilain et ne l’est pas,
Et aussi :
Nous verrons d'abord qu’il est possible pour chacun d’entre nous d’avoir sa propre conscience morale. Nous verrons ensuite qu’on  semble cependant parfois être aliéné par une conscience morale forgée par la société.

6 (Modifié par paulang 05/09/2015 à 12:34)

Sommes-nous aliénés par notre conscience morale ?

D'abord et ensuite sont en effet préférables. Forgée est également mieux que inculquée, mais ayant déjà usé de ce terme deux lignes avant j'ai hésité à le remettre.

7 (Modifié par Yvain 05/09/2015 à 15:03)

Sommes-nous aliénés par notre conscience morale ?

La note moyenne peut s'expliquer par le fait que vous n'allez pas au-delà de l'exposé contradictoire des théories philosophiques. Vous dites vous-même que vous vous refusez à conclure. Ce qu'on souhaitait, c'est de vous voir esquisser une position personnelle, même modeste, à la lumière de ce que vous aviez dit précédemment. Oui, à ce titre, il manque une partie.

8 (Modifié par paulang 05/09/2015 à 16:19)

Sommes-nous aliénés par notre conscience morale ?

Peut-être convient-il de rappeler que le mot aliénation a plusieurs acceptions. Il m'a semblé que celle donnée par notre ami (folie) dans son introduction ne convenait absolument pas.

Cette acception du TLFI est plus conforme au sujet traité, me semble-t-il

2. PHILOS., SOCIOL. Privation de libertés, de droits humains essentiels éprouvée par une personne ou un groupe social sous la pression de facteurs permanents (Hegel) ou historiques (Marx) qui l'asservissent à la nature ou à une classe dominante. Aliénation économique, politique, religieuse :celle donnée par TLFI me semble la mieux adaptée.