1

Ne désirons-nous que les choses qui nous semblent bonnes ?

Bounjour, bon je suis en Terminale S, scolarisé au CNED. Les cours du cned de philo sont un vrai fiasco : incompréhensibles, tout mélangé. Après 6 mois en train de les utiliser, je les ai abbandoné et ai commence à étudier tout seul avec internet/livres.

J'ai alors procédé à réaliser mes premiers dissertations. J'ai cru que ma première dissert était asez bien réussie, j'étais content de mon travail, mais j'ai été surpris quand j'ai reçu un 12 dans la correction. Malheureusement j'ai trouvé la correction très incomplète : pratiquement aucun commentaire sur ce que je pouvai améliorer, ce que j'ai mal fait, donc ça na m'a pas beacoup vraiment aidé. J'aimerais avoir votre opinion sur ce que je peux améliorer, et si vous croyez que un 12 est une notation correcte pour ma dissert :

Tout au long de l’histoire les hommes ont vécu en fonction de leurs désirs, et il semblerait que toutes leurs actions ont pour objectif de les satisfaire.
Le désir est cette force qui nous pousse à vouloir posséder quelque chose pour combler en nous le sentiment d’un manque, pour satisfaire une envie, qui va nous permettre de ressentir un certain plaisir. Les “choses” ici seraient l’objet d’un désir, cette chose pourrait être un objet, une personne, une reconnaissance (célébrité), une envie naturelle (sexe, un bon repas, un chocolat). Le mot “estimons” renvoie à une évaluation, que nous même réalisons, d’une “chose”, en fonction de nos valeurs et de nos principes, ainsi que de nos points de vue, et qui est donc évidemment subjective, car elle va dépendre de chaque individu, deux individus pouvant avoir une estimation différente d’une même chose. Le mot “bonnes” finalement est un terme assez vague qui pourrait renvoyer à plusieurs choses, toutefois la première à laquelle on pense est quelque chose qui fait du bien, nécessaire au bonheur ou nécessaire à la survie. Il semblerait dans un premier temps évident qu’on désire uniquement les choses que nous estimons bonnes, toutefois, est-ce vrai ? Peut-on désirer quelque chose de mauvais ? Et pouvons-nous contrôler nos désirs, choisir ce que nous désirons ? Premièrement nous chercherons à expliquer pourquoi nous désirons uniquement les choses que nous estimons bonnes, puis dans un deuxième temps on verra qu’il est possible de désirer de choses qui ne sont pas bonnes par erreur ou par absence d’estimation, et finalement nous montrerons qu’il est possible de désirer des choses que nous estimons mauvaises, par un manque de contrôle de nos désirs.


         Il semble à première vue évident que nous désirons seulement les choses que nous estimons bonnes. Si on comprend “bonne” dans le sens de nécessaire au bonheur, pourquoi désirions nous quelque chose que nous estimons “mauvais” ? En effet, pour Aristote, le bonheur est la fin des toutes les actions de l’homme, c’est la fin ultime, et toutes les actions de l’homme sont indirectement ou directement liés à la recherche du bonheur, donc si une chose “bonne” est quelque chose nécessaire au bonheur, on pourrait penser que en effet on désire uniquement les choses qu’on considère bonnes.  En citant Aristote : “Le bonheur est quelque chose de parfait qui se suffit à soi-même, et il est la fin de nos actions. »

Si nous définissons une chose “bonne” comme quelque chose d’agréable, qui génère du plaisir, et une chose mauvaise quelque chose qui cause de la douleur ou de la souffrance, il serait donc aussi évident de penser que nous désirons uniquement les choses qui nous paraissent bonnes, car personne ne désire souffrir, et tout le monde aime ressentir du plaisir. Cette pensée est partagée par Socrate, qui considère qu’une chose mauvaise est une chose nuisible pour soi, et que personne ne désire ce qui est nuisible pour soi, que c’est seulement possible par ignorance.

Il paraitrait donc qu’on désire que les choses que nous estimons bonnes, de façon à atteindre le bonheur ou à ressentir du plaisir.


          Cependant on peut aussi être mené à désirer des choses qui sont mauvaises. Prenons un exemple très classique : un homme est en train de marcher dans la rue, il est en route pour la réunion la plus importante de sa vie, si il s’en sort bien il pourra obtenir l’emploi qu’il a toute sa vie désiré. Cependant, dans le chemin, il aperçoit un enfant dans une rivière qui se noie. Si il prend le temps de l’aider et le sauver, il arrivera en retard dans la réunion et perdra l’opportunité de sa vie, toutefois si il veut arriver à temps il doit laisser l’enfant se noyer et mourir. Quelle est la bonne chose à désirer ici ? Sauver l’enfant ou aller à la réunion ? Si on est confronté à cette situation, il est possible de ne pas réussir à estimer ou de estimer de façon erronée quelle est la chose bonne et quelle est la chose mauvaise, menant possiblement à désirer une chose qui est mauvaise. On peut donc désirer une chose que l’on estime bonne mais en réalité se tromper, ou ne pas réussir à estimer si cette chose est bonne ou mauvaise.

De plus, on peut parfois désirer quelque chose en ne procédant carrément à aucune estimation. En effet il est possible de désirer quelque chose sans préalablement estimer si cette chose est bonne ou mauvaise : ceci s’explique par le fait qu’on peut désirer quelque chose inconsciemment, théorie supportée par Freud. Par exemple, on peut penser aux messages subliminaux, des messages conçus pour être perçus au-dessous du niveau de conscience : quand on regarde la télé, le flash d’une image très rapide, si rapide qu’elle ne peut pas être perçue par l’œil humain, peut affleurer un désir dans l’individu concerné, le flash d’une image d’un verre de coca cola ou d’un hamburger de McDonald’s par exemple peut avoir pour résultat un désir de consommer ces produits dans l’individu.

Il semble donc qu’on peut désirer quelque chose de mauvais dû à une estimation erronée, ou même désirer quelque chose sans réaliser une estimation de si cette chose est bonne ou mauvaise.


           Cependant, supposons que nous avons conscience que quelque chose est mauvais, pouvons-nous désirer malgré tout cette chose la ? Pouvons-nous contrôler nos désirs ? Prenons l’exemple des drogues par exemple, ces substances très souvent néfastes détruisent des millions de vie, et toutefois continuent à être consommées massivement quotidiennement dans le monde. En effet un individu dépendant de drogues, peut les désirer malgré-lui, même si il sait qu’à long terme elles vont être nuisibles pour lui, malgré le court plaisir qu’elles lui fournissent. John Locke utilise cet exemple pour montrer que le désir est inquiétude, il parle de l’homme adonné au vin, qui en menant la vie qu’il mène, sait qu’il va ruiner sa santé, devenir malade, dissiper son bien et tomber enfin dans l’indigence, mais malgré tout continue à retourner au cabaret tous les jours pour satisfaire son incontrôlable désir de boire.

On peut aussi penser au désir de tuer : supposons qu’un individu ait toute sa famille assassinée a sang-froid par quelqu’un, et qu’il ait l’opportunité de commettre le même acte, tuer toute la famille de cet homme et lui causer cette douleur immense qu’il a lui-même ressenti quand sa famille fut assassinée : cet individu sait que ceci n’est pas correcte, que c’est un désir « mauvais », et que la loi du talion n’est pas un recours fiable, en plus du fait qu’il sait qu’après réaliser l’acte il passera toute sa vie en prison, mais il peut être malgré tout être poussé à commettre l’acte, car son désir est incontrôlable et plus fort que lui.

On peut donc désirer une chose que nous estimons mauvaise, conséquence du caractère incontrôlable de certains de nos désirs.

          En conclusion, on peut donc affirmer qu’on peut en effet désirer des choses mauvaises, et que nos désirs sont parfois incontrôlables, on ne peut pas toujours les choisir. Dans un premier temps, il semble qu’on désire uniquement les choses que nous estimons bonnes, de façon à atteindre le bonheur ou un plaisir. Mais si on estime quelque chose de façon erronée ou si on n’estime pas du tout cette chose, on peut être mené à désirer quelque chose de mauvais. De plus nos désirs sont parfois incontrôlables et on peut désirer quelque chose malgré nous (drogues, vengeance), même si on estime que cette chose est mauvaise.
         

(1585 mots)


J'essaye de suivre une méthode bien structurée : Intro ; 3 grandes parties ; dans chaque grande partie 2 ou 3 sous parties avec chacune une théorie et un exemple ; une conclusion.

Merci d'avance!