Musset, Ballade à la lune

Bonsoir à toutes et à tous, j'ai longtemps hésité à venir vous demander votre aide (car pour moi un travail mâché n'a aucune valeur et je préfère le travail personnelle) sur "la ballade à la lune" de Musset. J'ai regardé sur le site et apparemment ce sujet n'a pas encore été traité.

Malgré de longues recherches je n'ai rien trouvé sur Internet.

Mon problème est le suivant: Cette ballade est un de mes textes pour l'oral mais je ne le comprend absolument pas (de plus j'étais en voyage scolaire pour le premier axe de lecture). Et malheureusement je ne comprend pas le plan de mon professeur, je ne vois pas comment cela peut m'aider pour l'oral.

je vous fais part du texte

C'était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
          La lune,
Comme un point sur un i.

Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d'un fil,
          Dans l'ombre,
Ta face et ton profil?

Es-tu l'oeil du ciel borgne?
Quel chérubin cafard
          Nous lorgne
Sous ton masque blafard?

N'es-tu rien qu'une boule?
Qu'un grand faucheux bien gras
          Qui roule
Sans pattes et sans bras?

Es-tu, je t'en soupçonne,
Le vieux cadran de fer
          Qui sonne
L'heure aux damnés d'enfer?

Sur ton front qui voyage,
Ce soir ont-ils compté
          Quel âge
A leur éternité?

Est-ce un ver qui te ronge
Quand ton disque noirci
          S'allonge
En croissant rétréci?

Qui t'avait éborgnée
L'autre nuit? T'étais-tu
          Cognée
A quelque arbre pointu?

Car tu vins, pâle et morne,
Coller sur mes carreaux
          Ta corne,
A travers les barreaux.

Va, lune moribonde,
Le beau corps de Phoebé
          La blonde
Dans la mer est tombé.

Tu n'en es que la face,
Et déjà, tout ridé,
          S'efface
Ton front dépossédé.

Rends-nous la chasseresse,
Blanche, au sein virginal,
          Qui presse
Quelque cerf matinal!

Oh! sous le vert platane
Sous les frais coudriers,
          Diane,
Et ses grands lévriers!

Le chevreau noir qui doute,
Pendu sur un rocher,
          L'écoute,
L'écoute s'approcher.

Et, suivant leur curées,
Par les vaux, par les blés,
          Les prées,
Ses chiens s'en sont allés.

Oh! le soir, dans la brise,
Phoebé, sœur d'Apollo,
          Surprise
A l'ombre, un pied dans l'eau!

Phoebé qui, la nuit close,
Aux lèvres d'un berger
          Se pose,
Comme un oiseau léger.

Lune, en notre mémoire,
De tes belles amours
          L'histoire
T'embellira toujours.

Et toujours rajeunie,
Tu seras du passant
          Bénie,
Pleine lune ou croissant.

T'aimera le vieux pâtre,
Seul, tandis qu'à ton front
          D'albâtre
Ses dogues aboieront.

T'aimera le pilote
Dans son grand bâtiment,
          Qui flotte,
Sous le clair firmament!

Et la fillette preste
Qui passe le buisson,
          Pied leste,
En chantant sa chanson.

Comme un ours à la chaîne,
Toujours sous tes yeux bleus
          Se traîne
L'Océan monstrueux.

Et qu'il vente ou qu'il neige,
Moi-même, chaque soir,
          Que fais-je,
Venant ici m'asseoir?

Je viens voir à la brune,
Sur le clocher jauni,
          La lune
Comme un point sur un i.

Peut-être quand déchante
Quelque pauvre mari,
          Méchante,
De loin tu lui souris.

Dans sa douleur amère,
Quand au gendre béni
          La mère
Livre la clef du nid,

Le pied dans sa pantoufle,
Voilà l'époux tout prêt
         Qui souffle
Le bougeoir indiscret.

Au pudique hyménée
La vierge qui se croit
          Menée,
Grelotte en son lit froid,

Mais monsieur tout en flamme
Commence à rudoyer
          Madame,
Qui commence à crier.

"Ouf! dit-il, je travaille,
Ma bonne, et ne fais rien
          Qui vaille;
Tu ne te tiens pas bien."

Et vite il se dépêche.
Mais quel démon caché
          L'empêche
De commettre un péché?

"Ah! dit-il, prenons garde.
Quel témoin curieux
          Regarde
Avec ces deux grands yeux?"

Et c'est, dans la nuit brune,
Sur son clocher jauni,
          La lune
Comme un point sur un i.

Maintenant le plan:

Problématique : En quoi cette ballade de Musset paraît elle fantaisiste par rapport à sa forme originelle ?

A] En quoi est elle différente ?
a)    la forme
ballade du MA différente de maintenant => typographie différente, il n’y a pas d’envoi
b)    l’adresse
Musset s’adresse directement à la lune, il l’a tutoie
Il se manifeste à la fin
c)    le sujet
« comme un point sur les i » = mettre les points sur les i
=> un sujet sérieux
C’est un poème : présence d’animaux
La lune => décrocher la lune

B] La fantaisie se dégage de la valorisation et de la dévalorisation de l’astre
Il y a une prise de distance, une moquerie quant à la poésie romantique
a)    Dévalorisation
« araignée, faucheux » différent du beau
‘Qu’un grand faucheux » => péjoratif, repoussant…

« sans pattes et sans bras » ce n’est pas réellement une comparaison

Jeu sur l’homonyme « Est ce un ver qui te ronge » allusions aux vers
« Qu’un grand faucheux bien gras »
faucheuse > la mort // les romantiques
« quel chérubin cafard » > les romantiques

un champ lexical de l’image négative
« sombre », « borgne », « cafard », « blafard », « éborgné », « moribond », « noirci », « damné d’enfer »
Une lune dépréciative

pour cette sous-partie sur l'attaque contre les romantiques, un ami m'a aidé


b)l’image revalorisée
Champ lexical de l’amour : « bels amours », « t’embellira », « béni », « rajeuni », « aimera », « chantant »
>  Une valeur de gaieté qui était absente dans la première partie
Présence de l’homme
« le passant », « le pilote », « la fillette », « moi-même »
Le poète reprend sa place
Le poème se termine comme il a commencé, c’est une épanadiplose
Différences : la première strophe est impersonnelle
La dernière est personnelle, le poète se met en avant

Conclusion : Musset se démarque de la poésie en se rapprochant de la forme ancienne

Pour l'ouverture le professeur nous a suggéré La ballade des pendus de Villon

Mais encore une fois je ne vois pas de "lien logique" (je suis vraiment un cas désespéré

Pouvez vous m'aider? parce que honnêtement je commence à faire une crise de nerfs plus j'essaye moins je comprend
Merci

PS: même le moindre petit lien vers une page web sera le bien venu

Musset, Ballade à la lune

Mais non mais non, pas de quoi criser, c'est un mignon petit poème qui n'a rien contre toi 

En effet il faut te centrer sur la problématique stylistique, dérision du romantisme et tout ça
wikipedai déjà permet un survol
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ballade

Attention comparativement à la balalde du MA ce n'est pas la typographie qui est différente c'est la forme fixe du poème
La ballade MÂ est très codifiée, celle de Musset prend des libertés par rapport au schèma
Si tu compares avec celles de Villon (Ballade des pendus, Ballade des dames du temps jadis...) tu comprendras tout de suite
http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassi … jadis.html

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassi … endus.html

Donc ouverture, comment Musset dans cette ballade se démarque-t-il de Villon et des autres ballades ?

Musset, Ballade à la lune

Merci Léah d'avoir répondu vite à mon appel à l'aide
Il faut que je garde mon sang-froid je le reconnais bien mais à force trop réviser j'ai la tête pleine de fumée.
Encore merci

Une autre petite question personnelle: j'ai l'impression que durant cette ballade la première partie dévalorisante montre en fait une lune sur sa face décroissante, alors que la deuxième partie marque la phase ascendante pour finir en quelque sorte en apothéose sur la pleine lune. Est-il temps d'aller me coucher ou ma remarque est plausible

PS: la ballade des pendus je l'ai aussi étudié et je vois effectivement qu'il  y a pas mal de différences.

Mais est-ce que pour l'oral parler des différences et de l'ironie envers les romantiques suffira? (parce que je ne crois pas pouvoir tenir 10 minutes avec cela).

Musset, Ballade à la lune

reprends ton plan et regarde tout ce que tu peux en tirer
et fais une pause tu en as grand besoin !
je voulais te mettre un lien vers la Ballade des dames du temps jadis chantée par Brassens pour te destresser mais j'ai pas trouvé 

Attends pour les phases de la lune je relis

Musset, Ballade à la lune

Merci encore je vais écouter ton conseil c'est-à-dire de ne pas tarder à aller me coucher  .
Bonne soirée

(PS: si d'autres personnes souhaitent intervenir ne vous gênez pas )

Musset, Ballade à la lune

Alors (très bien vu ton truc !)
on part de la pleine lune pour y retourner à la fin (comme un point sur un i, elle est bien ronde)
donc un poème "en boucle"

face et profil : comme elle est ronde, face=profil
œil du ciel borgne : pleine lune
une boule : aussi

Est-ce un ver qui te ronge             
Quand ton disque noirci                 
S'allonge                                       
En croissant rétréci ?
Qui t'avait éborgnée,
L'autre nuit ? T'étais-tu
Cognée
A quelque arbre pointu ?
Car tu vins, pâle et morne
Coller sur mes carreaux
Ta corne
:
lune décroissante

il le précise
Pleine lune ou croissant

mais il n'y a pas lune croissante dans le 2nde partie, elle revient à la fin (dire que la fin est un lointain souvenir du refrain obligatoire après chaque strophe de la ballade classsique)

Musset, Ballade à la lune

Bonjour j'aurais besoin de votre aide, j'ai un travail à rendre pour demain alors je dois mettre en évidence les caractéristiques qui rattachement ce poème au mouvement littéraire le romantisme

Alors l'extrait du poème est le suivant :

C'était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
          La lune,
Comme un point sur un i.

Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d'un fil,
          Dans l'ombre,
Ta face et ton profil?

Es-tu l'oeil du ciel borgne?
Quel chérubin cafard
          Nous lorgne
Sous ton masque blafard?

N'es-tu rien qu'une boule?
Qu'un grand faucheux bien gras
          Qui roule
Sans pattes et sans bras?

Es-tu, je t'en soupçonne,
Le vieux cadran de fer
          Qui sonne
L'heure aux damnés d'enfer?

Sur ton front qui voyage,
Ce soir ont-ils compté
          Quel âge
A leur éternité?

Est-ce un ver qui te ronge
Quand ton disque noirci
          S'allonge
En croissant rétréci?

Qui t'avait éborgnée
L'autre nuit? T'étais-tu
          Cognée
A quelque arbre pointu?

Car tu vins, pâle et morne,
Coller sur mes carreaux
          Ta corne,
A travers les barreaux.
[…]



Et moi j'ai déjà marquée ça : La lune a toujours était une sources d'inspiration pour les poètes car la lune était le symbole du romantisme (les ballades au clair de lune). Ce poème est rattaché au thème de l'évasion et l'érotisme.  Le thème principal évoqué est la nuit avec « Lune, quel esprit sombre » et aussi le dialogue avec la nature puisque Alfred de Musset parle en quelque sorte à la lune. De plus ce poème appartient au registre lyrique.


Merci d'avance pour votre aide !