Mode après "c'est que"

Bonsoir,

Une question en amenant d'autres, je décide d'ouvrir un poste afin de mettre un terme à mes doutes grammaticaux quant au mode suivant la formule "c'est que".

Dans la phrase suivante:
Cela me gêne que tu sois triste.
l''emploi du subjonctif est obligatoire, cela est bien clair pour moi (expression d'un mouvement de l'âme).
Les choses se compliquent avec les mises en apposition du type:
Ce qui me gêne, c'est que tu es/sois triste.

Le subjonctif est-il obligatoire du fait de la présence du verbe "gêner", ou l'indicatif est-il lui aussi tolérer? Je trouve en effet de multiples réponses contradictoires sur internet, et n'arrive pas à dégager de réponse claire, chose extrêmement frustrante!

Je vous remercie d'avance

Mode après "c'est que"

Il semble que le subjonctif soit préférable.
Ce qui me gêne implique l'expression d'un sentiment, subjectif peut-être.
Si le fait est avéré, pourquoi ne pas dire tout simplement : Ce qui me gêne, c'est ta tristesse.
Mais dire Ce qui me gêne, c'est que tu es triste doit être toléré. Cela ne me paraît pas scandaleux.

Mode après "c'est que"

En fait, il s'agit de savoir si la mise en relief se détache suffisamment du verbe "gêner" pour avoir sa propre autonomie, et son propre mode.

Mode après "c'est que"

Oui, je crois.
Si l'on dit : Ce qui me gêne, c'est que tu es si triste ! je ne vois pas d'erreur.

5 (Modifié par Bayard 08/07/2015 à 12:53)

Mode après "c'est que"

C'est une question épineuse, à laquelle mes différents manuels de grammaire apportent des réponses contradictoires . Y a-t-il d'autres membres qui disposent d'informations supplémentaires?

6 (Modifié par paulang 08/07/2015 à 13:23)

Mode après "c'est que"

J'ai tenté cette nuit une proposition, mais y ai renoncé.
Je me demandais si :
que tu es n'impliquait pas que tu es triste à l'instant T au moment ou l'on se voit.
que tu sois n'impliquait pas que tu sois triste par nature.

Même raisonnement avec votre phrase d'un autre fil l'important, c'est qu'il est/soit toujours en vie.
Dans un cas :  il est important qu'il soit en vie à l'instant T (pour la suite, on ne sait pas et on s'en fou)
Dans l'autre cas :  il est important qu'il soit en vie et ne risque pas de mourir.

J'avoue que c'est tiré par les cheveux, mais on doit pouvoir énoncer ici au moins une connerie par jour sans se la voir reprocher toute sa vie. 

7 (Modifié par Bayard 08/07/2015 à 15:30)

Mode après "c'est que"

Bonjour!

Je pense que lorsque "c'est que" reprend un adjectif, on peut en effet employer le subjonctif ou l'indicatif selon que l'on souhaite ou non insister sur l'aspect certain de la chose.
Là où la réponse est moins claire, c'est avec un "c'est que" qui reprend un verbe appelant le subjonctif (comme avec gêner). La notion de constat (certitude ou incertitude de l'information annoncée) est en effet assez étrangère à ce type de verbe. C'est précisément donc sur ce point que je bloque. Peut-être que d'autres avis éclairés vont nous venir en aide

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Mode après "c'est que"

Bonsoir,

Ce qui me gêne, c'est que tu sois triste.

Voir ci-dessous (extrait du "Grevisse", 15e éd., § 1126) :

Les propositions sujets qui ne sont pas en tête de la phrase sont souvent au subjonctif quand le prédicat équivaut à un verbe de sentiment (cf. d ci-dessus) :

Ma crainte était que […] Catherine se fût lassée (France, Rôtisserie de la Reine Péd., p. 150).  —  C’était un sujet de curiosité qu’il logeât dans un si petit corps tant d’ardeur militaire ( id., Crainquebille, p. 178).  —  Une chose qui me fait inquiéter beaucoup, c’est que personne ne vienne me voir dans ma prison ( A. Daudet, Port-Tar., III, 3).  —  Cela m’ennuie beaucoup que vous ayez attendu (Arland, Ordre, t. I, p. 115).  —  La chose à craindre était qu’elle ne sortît par-derrière la maison (Aymé, Gustalin, i).  —  Le malheur était que […] les photographes allemands ne fussent jamais bien loin (Ambrière, Grandes vacances, p. 161).

Mode après "c'est que"

sont souvent au subjonctif. c'est bien là le problème. Quelle raison peut justifier la sortie du souvent ?

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Mode après "c'est que"

Comme trop souvent, le "Grevisse" se borne à la constatation du (bon) usage, sans prendre parti.

Selon  un grammairien, qui a effectué une étude approfondie de l'emploi du subjonctif et que déjà cité, doivent être suivis du subj. les verbes (ou les locutions verbales) qui expriment un mécontentement, une insatisfaction, un regret, le fait d'être désolé, la souffrance morale...

Ex. : Nous sommes désolés que votre commande vous parvienne si tard.
Je souffre de ce que vous n'ayez pas eu le temps de m'écrire.


Le fait d'être gêné (que qqn soit triste) entre, à mon sens, dans le cadre de cette "règle".

Source : J. Cellard, Le subjonctif. Comment l'écrire ? Quand l'employer ?, Duculot.