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Rimbaud, Aube

une amie est passé à l'oral sur le poème Aube de rimbaud...la question était : comment ce texte reflèetet-il al modernité?

je n'ai pas encore passé le mien et je ne vois pas tp ce que j'aurai répondu

il y a les images employées, écriture onirique ( discontinuité?)

si vous pouviez m'indiquer quelques pistes...

Aube

J’ai embrassé l’aube d’été .
Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.
La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.
Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq. À la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.
En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.
Au réveil il était midi.

Rimbaud, Aube

La forme : c'est un poème en prose
L'érotisme avec la Nature (il en prend possession, il la dénude)
L'absence des marqueurs logiques introduisant les images
(une fleur qui me dit son nom)

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Rimbaud, Aube

merci beaucoup!!!!

Rimbaud, Aube

Il faudrait aussi voir si ce poème est extrait d'une séquence qui évoque la modernité poétique avec des auteurs comme Baudelaire, Verlaine, Mallarmé ou les surréalistes qui se réclament de Rimbaud...

Séb

Rimbaud, Aube

Peux-tu stp préciser quels surréalistes se sont réclamés de Rimbaud ? je vois une allusion dans la "Préface" des yeux d'Elsa (mais Aragon n'est plus vraiment surréaliste dans ce recueil) ; Char, avec Tu as bien fait de partir, Arthur Rimbaud ! (mais idem Char s'est assez vite démarqué des surréalistes)
Je te demande ça, non dans une optique scolaire, mais pour mes connaissances persos
Merci !

Rimbaud, Aube

Oui, je pensais à Char... Il me semble par ailleurs que, dans le Manifeste du surréalisme, une ou deux phrases font assez explicitement au travail sur le langage poétique de Rimbaud. J'ai cherché l'extrait mais je ne le retrouve pas. Je suis quasi sûr que c'est au moins dans un manuel Bordas...

Séb qui essaiera de trouver mieux s'il a le temps ;-)Ah oui et j'oubliais, si je ne me trompe, Char a préfacé les poèmes de Rimbaud édités par la NRF. A vérifier.

Séb

Rimbaud, Aube

Cela serait bien si tu pouvait recopier le poème...

Mais le titre même de celui-ci peut évoquer une ouverture au modernisme à l'époque de Rimbaud... l'<<aube>> du modernisme.

Rimbaud, Aube

Aube

J'ai embrassé l'aube d'été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombre ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. À la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais.

En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.

Quelques réflexions jetées là

Le poème s'ouvre et se ferme sur un octo
Le début est immobile puis le mouvement s'accèlère en crescendo jusqu'à l'enlacement "l'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois"
(les petits malins vous diraient que par ces sonorités sourdes en B le poète a voulu suggèrer cette chute, perso je me méfie des intentions prêtées au poète, qui la plupart ne fait pas "exprès" que son poème suggère ceci ou cela, mais y parvient parce qu'il vit dans l'intimité des mots et des sons parenthèse perso refermée  )
Les quais de marbre, les palais, les dômes ; dans quelle ville sommes-nous ? est-elle réelle ? dans quel pays ? la grand-ville si proche d'une nature sauvage (bois de sapins, bois de lauriers, chute d'eau, plaine)Catwalk
merci de tes précisions. Si j'ai le temps je regarderai dans le Manifeste Mais si tu as le Borda XXème (que je n'ai pas) tu iras plus vite que moi peut-être. Et est-ce dans le 1er Manifeste ou le second ?

Rimbaud, Aube

Léah a écrit :

Catwalk
merci de tes précisions. Si j'ai le temps je regarderai dans le Manifeste Mais si tu as le Borda XXème (que je n'ai pas) tu iras plus vite que moi peut-être. Et est-ce dans le 1er Manifeste ou le second ?

Je penche pour le Second et, pour le Bordas, je crois que c'est dans une ancienne édition... Il y a un manuel de troisième que je n'ai plus malheureusement (me suis débarrassé de dizaines de manuels pour cause de déménagement) proposait "Le bateau ivre" avec, en exergue, deux ou trois citations de Breton et de Char... Oui, en troisième, ça doit dater car c'est quand même du lourd...

Séb

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Rimbaud, Aube

Ah oui, des Bordas je pensais au Lamiche seulement ! Suis pas sûre d'avoir encore le second Manifeste du surréalisme Je vais regarder dans le Télérama sur Rimbaud ou le "Cahier de l'Herne"