Le -s à la deuxième personne de l'impératif

Bonjour,

l'impératif du verbe ALLER au singulier est 'va'.
Pourquoi écrit-on 'vas-y' et non 'va-s-y'?

Je sais que le 's' a été inséré pour raisons de consonance, mais dans une autre forme (verra-t-il le jour) le 't' est séparé du verbe et pronom par deux tirets.

Le -s à la deuxième personne de l'impératif

Bonsoir...

Je n'ai que quelques maigres renseignements à vous donner et je sais que d'autres vous répondront bien mieux, plus tard. Mais, afin que vous ne soyez pas totalement frustré de réponses, je me permets de vous en faire part.

Il faut savoir que, contrairement au << t >>, l' << s >> euphonique n'est pas un simple phonème libre. L'impératif << vas >> de << vas-y >> est en réalité une analogie aux autres formes du verbe (étymologie, indicatif...). Il apparaît donc logique que ce mot ne soit pas scindé...

Le -s à la deuxième personne de l'impératif

Bonsoir !

Je n’ai pas d’explication à donner : je ne suis pas un linguiste comme notre ami Bâ.
J’observe seulement que le S de l’impératif 2e p. sing. (vaS-y) est identique à celui de l’indicatif présent (tu vaS) ; dans le même sillage, on peut noter que le T (va-T-il) est commun à certains verbes (il parT, il reçoiT, il finiT) à la 3e p. du sing. de l’indicatif présent.

Je saisis l’occasion de rappeler : la 2e p. du sing. de l’impératif des verbes en –er (+ assaillir, couvrir et les autres) prend un S final (prononcé Z) devant les pronoms EN ou Y NON suivis d’un infinitif. De même devant la préposition EN.

* Plantes-en. Penses-y. Vas-y.
* Ose EN DIRE du bien. Va Y METTRE de l’ordre. (Le pronom fait partie du groupe de l’infinitif.)
* Parle en maître.

Grevisse fait observer aussi que le T de « va-t’en » n’est pas une consonne « analogique », comme dans « aime-t-il » ; c’est le pronom « te » qui est élidé (tu t’en vas).
* Va-t’en. (L’apostrophe dispense du second trait d’union.)
* Allez-vous-en.

Le -s à la deuxième personne de l'impératif

Je vous remercie de votre rapidité de me répondre, cependant je reste sur ma faim.

Dans le dictionnaire (Petit Robert), 't' est une consonne dentale sourde, utilisé pour l'euphonie intercalé.
Cette mention est absent pour le 's', consonne fricative dentale ou sifflante.

Je vois très bien la ressemblance entre les formes 'tu vas' et 'vas-y'; pourtant cela n'explique en rien s'il s'agit d'une coutume ou d'une règle grammaticale qui a transforme le phonème 'va' en 'vas' .
Pour les verbes -RE et -IR, l'impératif est identique à l'indicatif en 2ème personne singulière, n'est-ce pas? Il termine ainsi automatiquement par un 's' et l'élision fait l'euphonie. Par contre il n'y a aucun problème d'euphonie à comprendre 'prête-y attention', dirais-je.

J'oserais dire que je trouve (en tant que chanteur) 'penses-y fort' très pédantesque par rapport à un 'pense-y fort'. Par contre un 'va y mettre' engage un coup de glotte peu propice au bel canto!

Votre référence à Grevisse m'est inconnue, cher edy; s'agit-il d'un grammaire à consulter?  Y -aurait-il un lien pour le lire sur internet?

Le -s à la deuxième personne de l'impératif

Grevisse est incontournable pour connaître les bons usages
On peut le trouver d'occase dans les librairies comme Gibert

On écrit Vas-y ; vas-y donc ; vas-y voir mais Va y comprendre quelque chose
Tu ne peux pas écrire ni dire prête-y attention ; le S intercalé est obligatoire. Car sinon on entend "prêti" et ça devient incompréhensible. De même pour pense-y fort qui devient "pensi fort" ; dire "pen-seu-zy fort" n'est pas pédant mais normal

Le -s à la deuxième personne de l'impératif

Bonsoir...


JSC, pour résumer, je vous propose de retenir ceci:

Le << t >> euphonique est un phonème libre que l'on place entre deux mots pour résoudre un hiatus.

Ce n'est pas le cas de l' << s >> qui vous préoccupe.

Quand on dit << vas-y >> plutôt que << *va-y >>, on n'ajoute pas un << s >> à << va >>, en fait; il est plus correcte de dire que l'on substitue << vas >> (forme de l'indicatif) à << va >> (forme normale de l'impératif).

Cela revient au même, mais cette nuance, je pense, permet d'expliquer que << vas >> soit soudé. On remplace un mot par un autre qui existe déjà. Il n'y a donc pas de raison de scinder ce mot. C'est la seule explication logique que je vois pour l'instant...

Du reste, je comprends vos remarques sur la phonétique. << *Va-y >> est très gênant à entendre tout comme à articuler car il s'agit d'un hiatus entre un (a) et un (i). À l'inverse, << *Prête-y >> est moins gênant car il ne s'agit pas d'un hiatus mais d'une simple élision de l' (e) final, phénomène tout-à-fait courant en français. Il faudrait vérifier dans des ouvrages plus spécialisés que le << Bon Usage >>...

Le -s à la deuxième personne de l'impératif

Mais on ne peut pas dire ni écrire "prête-y" !
prêtes-y attention...

Le -s à la deuxième personne de l'impératif

D'accord, mais est-ce certain? Pourquoi? Depuis quand? Selon quoi? Je n'ai pas les ouvrages nécessaires à de meilleures réponses... J'essaierai de me renseigner...

Le -s à la deuxième personne de l'impératif

Tu as déjà entendu quelqu'un prononcer "prèti" ? et tu as déjà vu écrit "prête-y" ?
Selon l'usage, déjà...

Le -s à la deuxième personne de l'impératif

J'ai énoncé plus haut la règle extraite du Grevisse :

* La 2e p. du sing. de l’impératif des verbes en –er (+ assaillir, couvrir et les autres) prend un S final (prononcé Z) devant les pronoms EN ou Y NON suivis d’un infinitif. De même devant la préposition EN.

→ Prêtes-y attention.
→ Donnes-en. Donne-m'en.

Tel est l'usage actuel : SYNCHRONIE.
Mais il me plairait d'en connaître l'origine : DIACHRONIE. C'est affaire de linguiste...