Montaigne, Essais, III, chapitre 10 - La plupart de nos vacations sont farcesques...

DE MENAGER SA VOLONTE


Si Montaigne connaît parfaitement son corps et son caractère, il pousse plus loin encore la connaissance de soi […]

Source : http://www.ucdc.info/cd/doc/1075/La%20R … siecle.doc

La plupart de nos vacations*[*fonctions, occupations] sont farcesques*[*dignes de la comédie]. « Mundus universus exercet histrionam »*  [*« Le monde entier joue la comédie » (Pétrone, écrivain satirique latin)]. Il faut jouer dûment notre rôle, mais comme rôle d’un personnage emprunté. Du masque et de l’apparence il ne faut pas faire une essence réelle, ni de l’étranger le propre*[*ni faire de ce qui nous est étranger ce qui nous appartient en propre]. Nous ne savons pas distinguer la peau de la chemise. C’est assez de s’enfariner*[*se maquiller] le visage, sans s’enfariner la poitrine*[*le coeur]. J’en vois qui se transforment et se transsubstantient*[*terme religieux qui désigne la transformation du pain et du vin en corps et sang du Christ ; Montaigne veut dire ici que certains changent totalement leur être en un autre] en autant de nouvelles figures et de nouveaux êtres qu’ils entreprennent de charges ; et qui se prélatent*[*se prélassent, prennent une attitude satisfaite] jusqu’au foie et aux intestins et entretiennent leur office*[*ils gardent l’attitude voulue par leur fonction] jusqu’en leur garde-robe*[*pièce où l’on se change]....Ils enflent et grossissent leur âme et leur discours naturel à la hauteur de leur siège magistral. Le maire et Montaigne ont toujours été deux, d’une séparation bien claire. Pour être avocat et financier, il n’en faut pas méconnaître la fourbe*[*la fourberie] qu’il y a en telles vocation. Un honnête homme n’est pas comptable du vice ou sottise de son métier, et ne doit pourtant en refuser l’exercice ; c’est l’usage de son pays, et il y a du profit. Il faut vivre du monde et s’en prévaloir tel qu’on le trouve. Mais le jugement d’un empereur doit être au-dessus de son empire, et le voir et considérer comme accident étranger ; et lui, doit savoir jouir de soi à part et se communiquer comme Jacques et Pierre, au moins à soi-même.

      Je ne sais pas m’engager si profondément et si entier. Quand ma volonté me donne à un parti, ce n’est pas d’une si violente obligation que mon entendement s’en infecte. Aux présents brouillis de cet état*[*situation confuse des guerres civiles] mon intérêt ne m’a fait méconnaître ni les qualités louables en nos adversaires, ni celles qui sont reprochables en ceux que j’ai suivis

   Montaigne, Essais, I, 28 (orthographe modernisée)

.Alors que veulent dre en d'autre termes
"Quand ma volonté me donne à un parti, ce n’est pas d’une si violente obligation que mon entendement s’en infecte. "
"et qui se prélatent*[*se prélassent, prennent une attitude satisfaite] jusqu’au foie et aux intestins et entretiennent leur office*[*ils gardent l’attitude voulue par leur fonction] jusqu’en leur garde-robe*[*pièce où l’on se change]...."
". Mais le jugement d’un empereur doit être au-dessus de son empire, et le voir et considérer comme accident étranger ; et lui, doit savoir jouir de soi à part et se communiquer comme Jacques et Pierre, au moins à soi-même."
LoL vous allez me dire ça fait de gros bouts à traduire mais il est difficile ce texte.
merci

Montaigne, Essais, III, chapitre 10 - La plupart de nos vacations sont farcesques...

"Quand ma volonté me donne à un parti, ce n’est pas d’une si violente obligation que mon entendement s’en infecte. "
quand ma volonté m'amène à prendre un parti, une position, elle ne le fait pas assez fortement pour que ma compréhension en soit influencée (enfin, qq chose comme ça)

"et qui se prélatent*[*se prélassent, prennent une attitude satisfaite] jusqu’au foie et aux intestins et entretiennent leur office*[*ils gardent l’attitude voulue par leur fonction] jusqu’en leur garde-robe*[*pièce où l’on se change]...."
Ils sont telleemnt imbus de leur personne que même pendant la digestion et quand ils vont aux toilettes (vrai sens de "garde-robe" en ce temps-là) ils sont imbus même de l'intérieur
". Mais le jugement d’un empereur doit être au-dessus de son empire, et le voir et considérer comme accident étranger ; et lui, doit savoir jouir de soi à part et se communiquer comme Jacques et Pierre, au moins à soi-même."
Il ne faut pas confondre la personne et sa fonction publique, fut-il roi ; et il ne faut pas s'identifier à son rôle

Montaigne, Essais, III, chapitre 10 - La plupart de nos vacations sont farcesques...

Merci Leah