11 (Modifié par Embu 23/05/2015 à 02:29)

L'anglais langue internationale... le bon choix ?

De même Marie Hervé, le français s'est imposé dans l'Europe du XVIIème siècle avant de décliner et de perdre son statut de première langue occidentale.

À chaque époque son vecteur et son leader. Il y avait eu un débat sur ce forum sur les bienfaits ou non de l'anglais ; l'un des intervenants avait très justement fait remarquer que toute forme d'imposition n'était qu'éphémère, et qu'à ce titre, l'anglais déclinerait sûrement au profit d'une autre langue dans les siècles à venir.

Je partage cette idée, car le monde change et qu'il est impossible de rester tout le temps sur les mêmes bases. Avant c'était le latin, plus récemment le français, maintenant l'anglais... quel sera le prochain ?

Mystère.

Étant un peu chauvin, je pars du principe que l'explosion démographique prévue en Afrique à l'horizon 2050 devrait ramener le français à un niveau d'apprentissage plus élevé, les africains étant partis pour devenir les futurs acteurs de la politique mondiale, et avec eux, la transmission du français.

L'anglais langue internationale... le bon choix ?

Moi, je vois plutôt jaune que noir.

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L'anglais langue internationale... le bon choix ?

Je crois que dans le passé le français se limitait à la langue diplomatique. C'est autre chose que l'anglais aujourd'hui : c'est non seulement la langue diplomatique, mais surtout la langue des mondes économique, financier, culturel, éducatif, touristique... C'est aussi la langue des branchés. Dans une émission de TV sur la fabrication et le commerce des vêtements, j'entendais une vendeuse dire que, bien que fabriqué en France, un vêtement se vendait mieux sur notre sol, si l'étiquette portait une marque en langue anglaise. Dans ma petite ville de province, les enseignes de magasin portent souvent des mots anglais. Ce soir, au cours de l'Eurovision de la chanson, je vais compter le nombre de chansons écrites dans la langue du pays de l'interprète... Je ne me fais pas d'illusions ! Je comprends que ce triste état de chose ne traduit pas un éventuel mépris des interprètes pour leurs propres langues, mais un souci de rentabilité au niveau des ventes espérées de CD. Business is business...

L'anglais langue internationale... le bon choix ?

gabiana a écrit :

Moi, je vois plutôt jaune que noir.

La Chine encourage l'apprentissage du français depuis qu'elle a compris que l'Afrique représentait le futur champ de bataille géopolitique. Il existe même une chaîne de télévision chinoise s'exprimant en français.

@Marie Hervé

Je comprends un peu mieux ce que tu veux dire désormais.

Concernant l'Eurovision, ne te fais pas d'illusions, on est le seul pays à chanter en Français. Pourtant, ce n'est pas une question de manque d'effectif (je pense aux candidats francophones tels que Mélanie René pour la Suisse et Loïc Nottet pour la Belgique). Je pense qu'il va falloir s'habituer à voir l'anglais perdurer pour les années à venir malheureusement. Ce qui fait un assez gros contraste si l'on regarde quelle langue a dominé durant les années 50, 60, 70, 80 (et ce avec 14 victoires contre 9 pour l'anglais à l'époque !).

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L'anglais langue internationale... le bon choix ?

Le simple bon sens oblige à reconnaître que l'anglais est sûrement un des meilleurs choix que l'on puisse faire comme langue internationale, sinon le meilleur. En théorie, l'espéranto, le volapuk... pourraient briguer ce titre, mais aucun de ces idiomes artificiels n'a jamais réussi à s'imposer. L'anglais s'est imposé sans difficulté depuis 1815, à la faveur de l'effondrement de la France napoléonienne. Une langue à laquelle on pense rarement serait la merveilleuse langue italienne, encore plus simple que l'anglais et si facile à prononcer. C'est la langue de mon coeur... Mais  il faut rester pratique : l'anglais est devenu une place forte inexpugnable. Outre qu'il est assez simple, il est extrêmement riche : Shakespeare manie un vocabulaire d'environ 30 000 mots, Racine 3000, Victor Hugo 8000. Cette richesse est aussi une des raisons que l'on fait préférer au français comme langue de la diplomatie.

Caractère international d'une langue et puissance économique des pays qui l'emploient (en tant que langue officielle) sont étroitement liés. C'est pourquoi nombre d'observateurs prévoient que dans les 100 ans à venir le chinois l'emportera sur l'anglais. Les idéogrammes ne seraient nullement un handicap...

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L'anglais langue internationale... le bon choix ?

Caractère international d'une langue et puissance économique des pays qui l'emploient (en tant que langue officielle) sont étroitement liés. C'est pourquoi nombre d'observateurs prévoient que dans les 100 ans à venir le chinois l'emportera sur l'anglais. Les idéogrammes ne seraient nullement un handicap...

Pour moi, langue internationale ne veut pas dire langue d'une super-puissance quelconque, mais langue de communication alliant les qualités suivantes :
- simplicité (autant que faire se peut) de son apprentissage
- prononciation accessible à tous

Comme vous dites, l'italien serait, parmi les langues européennes, la langue qui réunirait au mieux ces critères de choix.

La langue d'une super-puissance n'a pas pour vocation de faciliter la communication entre les hommes, mais servir aux intérêts de l'impérialisme de ladite puissance. Et cela aux dépens des autres nations (je fais référence au coût de l'enseignement et de la traduction).

Vous mentionnez l'espéranto. Cette langue artificielle serait la solution idéale : toutes les nations sur le même pied d'égalité. J'ai appris que Jean Zay, l'un des récents panthéonisés, avait le projet d'introduire cet apprentissage dans les écoles de France. Après son assassinat, on s'est empressé d'enterrer le projet : trop dangereux de faciliter les échanges entre les prolétaires de tous les pays. L'anglais, langue moins facile d'accès, sert mieux les intérêts du capital.