1 (Modifié par ilos2 17/05/2015 à 20:34)

Éluard, L’image d’homme

Bonjour je suis en première L et j'étudie un texte intitulé : L'image d'homme ( Eluard) et je quelqu'un pourrait m'aiguiller à propos de plusieurs points :

1°  avec le mythe de Pandore d’Hésiode, le mythe de la caverne de Platon et le mythe d’Iblis de Victor Hugo je dois trouver dans quelle mesure Eluard s'inspire t il de ces mythes et dire précisément des passages du poème puis commentez les ressemblances/différences.

2° Comment un poète s’approprie-t-il les textes qu’il lit ?

3° L’étude de l’intertextualité aide-t-elle à mieux comprendre ce poème ? (argumentez pour ou contre)

1) Je pense que Eluard s'inspire car ces mythes ne sont pas réels rien qu'à la définition de ce mot on sais que ce ne sont pas de vraies choses

2) En s'aidant de son imagination et en prélevant quelques idées

3) la je n'ai pas du tout compris

2 (Modifié par floreale 18/05/2015 à 08:10)

Éluard, L’image d’homme

Paul Eluard ,  Capitale de la douleur. 1926
(Le titre initialement prévu : L'art d'être malheureux)

L’image d’homme,


L'image d'homme, au-dehors du souterrain, resplendit. Des plaines de plomb semblent lui offrir l'assurance qu'elle ne sera plus renversée, mais ce n'est que pour la replonger dans cette grande tristesse qui la dessine. La force d'autrefois, oui la force d'autrefois se suffisait à elle-même. Tout secours est inutile, elle périra par extinction, mort douce et calme.

Elle entre dans les bois épais, dont la silencieuse solitude jette l'âme dans une mer où les vagues sont des lustres et des miroirs. La belle étoile de feuilles blanches qui, sur un plan plus éloigné, semble la reine des couleurs, contraste avec la substance des regards, appuyés sur lestroncs de l'incalculable impéritie des végétaux bien accordés.

Au-dehors du souterrain, l'image d'homme manie cinq sabres ravageurs. Elle a déjà creusé la masure où s'abrite le règne noir des amateurs de mendicité, de bassesse et de prostitution. Sur le plus grand vaisseau que déplace la mer, l'image d'homme s'embarque et conte aux matelots revenant des naufrages une histoire de brigands : « A cinq ans, sa mère lui confia un trésor. Qu'en faire ? Sinon de l'amadouer. Elle rompit de ses bras d'enfer la caisse de verre où dorment les pauvres merveilles des hommes. Les merveilles la suivirent. L'œillet de poète sacrifia les cieux pour une chevelure blonde. Le caméléon s'attarda dans une clairière pour y construire un minuscule palais de fraises et d'araignées, les pyramides d'Egypte faisaient rire les passants, car elles ne savaient pas que la pluie désaltère la terre. Enfin, le papillon d'orange secoua ses pépins sur les paupières des enfants qui crurent sentir passer le marchand de sable.»

L'image d'homme rêve, mais plus rien n'est accroché à ses rêves que la nuit sans rivale. Alors, pour rappeler les matelots à l'apparence de quelque raison, quelqu'un qu'on avait cru ivre prononce lentement cette phrase :

« Le bien et le mal doivent leur origine à l'abus de quelques erreurs. »
(Section dans le recueil : Nouveaux poèmes)

3° L’étude de l’intertextualité aide-t-elle à mieux comprendre ce poème ? (argumentez pour ou contre)

L'intertextualité établit des réseaux entre plusieurs œuvres dont un auteur peut s'inspirer ou auxquelles il peut faire allusion. Allégeance donc à des prédécesseurs qui va crée avec le lecteur qui les perçoit comme une connivence intellectuelle. le lecteur sait donc il reconnaît, apprécie, se sent intelligent et peut donner de l'épaisseur au texte et sonder ainsi les écritures.
En revanche, comme ici, s'il ne reconnaît aucune allusion ou bien s'il ne les décrypte pas, de deux choses l'une, ou bien il se croit devant des allusions dont il fera l'économie ou bien se fermera devant un texte qui lui apparaîtra comme une tablette d'hiéroglyphes.

C'est l'intérêt et les limites du palimpseste :

Manuscrit sur parchemin d'auteurs anciens que les copistes du Moyen Âge ont effacé pour le recouvrir d'un second texte.

Oeuvre dont l'état présent peut laisser supposer et apparaître des traces de versions antérieures.

Support sur lequel on écrit, susceptible d'être effacé après usage.