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Baudelaire, Le Cygne

Merci ! ;-) Sauf que j'était déja allé recherché et que plusieurs commentaires étaient payants. De plus dans ceux qui était gratuits, je n'est pas trouvé mon bonheur ! C'est pourquoi j'ai fait appel a vous ! ;-)

Baudelaire, Le Cygne

Celui de oodoc (le premier lien sur Google...) est bien.  Évidemment il ne te donne pas toutes les informations, mais il te donne les parties et les sous parties. Ce qui est déjà pas mal. 

Après pour étoffer, les réponses sont certainement dans ton cours. Tu as bien un cours dessus ?

Bon courage 

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Baudelaire, Le Cygne

Ok ! Ben merci bien je vais aller voir ça ! Bonne soirée !

Baudelaire, Le Cygne

Bonjour,

Je ne sais pas si beaucoup de gens pensent comme mais cela fait toujours mal de disséquer un poème, de préparer des vers qu'on aime pour les accommoder à la sauce "devoir de français".

Néanmoins je peux commencer une réponse. Je me contenterai de parler ici de la forme finie du poème, à l'exclusion de toute référence biographique ou donnée qui pût fausser mon appréciation. Les thèmes, la mélancolie, ce qui fait l'esprit général du texte sont assez explicites par eux mêmes, et il y a là largement l'aliment d'un devoir.

De quoi s'agit-il au fond ? Le poète se sent en exil dans ce Paris qui change, et tandis que tout se transforme autours de lui, tandis que les formes bougent, que des silhouettes se fondent, que des grandes masses se divisent, que des nouvelles artères sont creusées, d'autres figures d'exilés viennent le visiter. "Je pense aux matelots oubliés dans une île, aux captifs, aux vaincus !... à bien d'autres encor "Et tandis que le monde va au progrès, et s'élance dans sa frénésie de modernité, il reste le seul qu'habite la mélancolie du vieux monde, le respect des vieux mythes. Il est exilé dans un monde de l'époque duquel il ne se sent pas. Tout comme Andromaque, la troyenne, emmenée captive dans un nouveau royaume, une nouvelle vie sur laquelle elle est greffée et dont la greffe échoue, et qui pleure l'ombre disparue de son mari Hector.

La problématique qui me vient spontanément à l'esprit c'est de savoir comment se fait-il que Baudelaire, unanimement reconnu comme emblème d'une certaine modernité poétique, ou plutôt comme l'initiateur de la poésie des "temps modernes", ce Baudelaire se fasse ici la voix de la nostalgie du vieux monde et des mythes classiques  ? Comment se fait-il que se réclame entièrement du passé celui qui a ouvert à la poésie et la forme poétique un nouvel avenir ?

(Ce seront des thèmes obligatoires, de toutes façons, à qui aura à traiter Baudelaire, la modernité et l'immémorial, la reprise de thèmes anciens sous des dehors locaux etc... rhâ ! ce réflexe universitaire qui revient au galop ! saleté de neuro-toc)

Dans un premier temps je commencerai par l'intéresser à la manière dont est traité l'espace urbain. La ville, c'est la modernité par excellence, la ville c'est l'haletante frénésie du progrès  _ par opposition à la province, qui est faite de tableaux, de vérités générales et de routines. Pourtant lorsqu'un élément de description nous en est donné, que voyons nous ?
Les herbes, les gros blocs verdis par l'eau des flaques,
Et, brillant aux carreaux, le bric-à-brac confus

Des herbes folles (donc, le terrain est laissé à l'abandon) de l'usure et du croupi, de l'entassé, de l'amassé. Ce Paris est un lieux de contraste, le siège d'une bataille entre modernité entrepreneuse, conquérente, fastueuse et la misère des vieux faubourgs, de la périphérie, qui font un rempart de souvenir et de vieille odeur à la ville. C'est un peu la guerre de Trois qui se déroule métaphoriquement ! entre les grecs conquérents, audacieux, bravant les mers et livrant siège et la vieille Troade immobile, faite de tradition. D'où le parallèle avec Andromaque, personnage emblématique s'il en est.
Mais la ville c'est aussi un espace fait d'histoire. Monuments, palais anciens, évènements politiques fondateurs... C'est le lieux de l'histoire noble, marmoréenne, impérissable, solennelle. Monuments que l'on remets à neufs, histoire à laquelle on donne un nouveau visage. Et le Louvre devient "ce" Louvre. Remis à son an zéro comme Troie dont on laissa les cendres. Voilà pourquoi il se tourne vers les métaphores, les évocations mythiques : il n'est pas en accord avec son environnement.

De là mon deuxième grand axe : Il existe un parallèle à faire entre l'état de la ville et le paysage spirituel du poète.
Tout comme Andromaque, sa resource d'exilé est d'évoquer les formes enfuies du passé. Il le dit lui même : Paris change, le monde change, le paysage change, mais mon paysage à moi ne change pas. "Rien dans ma mélancolie..."  Le poète s'est dépris du cours du temps _ il n'en est plus. Il est semblable à cette forme inoxydable du cygne fou, immaculé? Déjà comparé à un albatros _ qu'à cette nouvelle forme de commun avec le poète ? Et d'abord y a til des cygnes en ville ? Bien spur que non !

Un cygne qui s'était évadé de sa cage,
Et, de ses pieds palmés frottant le pavé sec,
Sur le sol raboteux traînait son blanc plumage.
Près d'un ruisseau sans eau la bête ouvrant le bec

Baignait nerveusement ses ailes dans la poudre,
Et disait, le coeur plein de son beau lac natal :
" Eau, quand donc pleuvras-tu ? quand tonneras-tu, foudre ? "
Je vois ce malheureux, mythe étrange et fatal
,

Il n'est pas à sa place, il est inadapté ! Ses pieds sont palmés, et il n'y a pas d'eau (pavé sec). Il est blanc et le sol est sale, il a soif et le ruisseau est asséché (magnifique effet d'oxymores dans ces deux strophes) Il vit captif même hors de sa cage : le monde n'est pas fait pour lui. Ce paysage n'est pas "son beau lac natal". Et le poète vit semblablement, dans cette ville en plein chambardement, dans cette époque, dans cette vie. Et ce qui est visible, concret, réel devient pour lui absurde, faux, futile, tandis que "[ses] chers souvenirs sont plus lourds que des rocs". Une inversion se crée; et tandis qu'il marche dans les tableaux vivants de son paysage intérieur, son propre psychisme, ses évocations et sa mélancolie se dotent d'une géographie qui émerge au fil des vers et se découpe peu à peu sur la vraie.


Enfin mon troisième axe _ et j'ai l'impression que décidément, sans chercher à être conventionnelle je le suis _ s'interroger sur l'ésthétique fondamentalement eclectique adoptée dans ce poème par Baudelaire. Son esprit est partagé entre les évocations mythiques, cannoniques et la description réaliste la plus sordide. Andromaque, les taudis, les tombeaux antiques et la négresse battant le pavé, tout cela est mêlé en son esprit, de tout cela il tire la même force d'évocation : le moderne comme l'ancien lui sont des pôles d'un même magnétisme intérieur, ce sont les protagonistes d'un spleen unique, d'une mélancolie bien homogène. Si l'on se rapelle la caractéristuque de l'art ecléctique (ce "batard opulent de tous les styles" sic) était de récupérer à son compte les particularités de tous les styles et de toutes les cultures précédentes. Une colonne grecque cotoyant une obélisque égyptienne, sous un dome italien de la renaissance etc... Des arabersques andalouses sous un portail gothique...  "une tendance en architecture qui consiste à mêler des éléments empruntés à différents styles ou époques de l'histoire de l'art et de l'architecture  dit wikipedia. On en verra un exemple à cette page :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:E … -04-06.jpg

Or, que fait Baudelaire dans ce poème ? Excatement la même chose. Sa mélancolie n'a pas changé... Mais elle ruissèle de formes d'inspiration anciennes, nouvelles. Sur un thème immémorial, l'exil, elle superpose des formes issues de toutes les époques de cette architecture universelle qu'est la pensée : Andromaque et Hector, Victor Hugo, un cygne fou, une négresse aperçue dans la rue (probablement une prostituée)... Et il décline ainsi, sur un thème, non pas une figure mais vingt, convoque non pas une métaphore mais un cortège ! Et ainsi naît une nouvelle forme d'inspiration, un nouvel art, batard, sans doute, opulent, certainement, outrancier, excessif, mais génial; et à présent j'ai tout dit de la modernité de Baudelaire, qui se nourrit de toutes parts et de partout.

Ainsi dans la forêt où mon esprit s'exile
Un vieux Souvenir sonne à plein souffle du cor
!

Baudelaire, Le Cygne

Un des intérêts de ce poème est le poème précédant, et bien plus les deux suivants. Faire l'impasse dessus permet de ne pas comprendre ce poème. (c'est vrai pour l'ensemble du recueil)

Bonne lecture

Baudelaire, Le Cygne

Bonjour,

Je dois repondre a la problématique :
En quoi ce poème est il une quête du sens ?

Mais je ne vois pas comment 

Pourriez vous m'aider ?

Merci d'avance

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Baudelaire, Le Cygne

Regarde cette page https://www.wikiwand.com/fr/Le_Cygne_%2 … Andromaque
Ce qui réunit tous les personnages est le thème de l'exil, à l'image du poète chassé du paradis et étranger sur cette terre, loin de sa patrie spirituelle.
Tous cherchent un sens à leur vie : une signification et en même temps une direction...