1 (Modifié par LeMoine 08/05/2015 à 14:28)

Quels sont les buts et les moyens que l'exigence de la poésie moderne impose et assigne au poète ?

Bonjour,
Déjà merci de lire mon sujet. Je suis en 1ere S et J'ai une question de corpus à rendre. La problématique est imposée et c'est  "Quels sont les buts et les moyens que l'exigence de la poésie moderne impose et assigne au poête dans les textes du corpus".

Les quatre textes du corpus sont:
- "Clown" de Henri Michaux, Peintures
- "La mort des artistes" de Baudelaire, Les FLeurs du mal
- "Correspondance" de Rimbaud
- "Commune présence" de René Char, Le Marteau sans maître

Vu que l'on parle de la poésie moderne je me disais qu'il n'y avait justement pas d'exigence. Du coups je pensais définir la norme (la plupart des écrivains modernes écrivent en vers libre, en prose...) comme l'exigence de la poésie moderne.



Merci pour votre lecture,
Et merci d'avance pour vos réponses

2 (Modifié par floreale 08/05/2015 à 17:02)

Quels sont les buts et les moyens que l'exigence de la poésie moderne impose et assigne au poète ?

Tu es sûr(e) pour "Correspondance" de Rimbaud ????

Clown

     Un jour.
      Un jour, bientôt peut-être.
      Un jour j’arracherai l’ancre qui tient mon navire loin des mers.
      Avec la sorte de courage qu’il faut pour être rien et rien que rien, je lâcherai ce qui paraissait m’être indissolublement proche.
      Je le trancherai, je le renverserai, je le romprai, je le ferai dégringoler.
      D’un coup dégorgeant ma misérable pudeur, mes misérables combinaisons et enchaînement « de fil en aiguille ».
      Vidé de l’abcès d’être quelqu’un, je boirai à nouveau l’espace nourricier.
      A coup de ridicules, de déchéances (qu’est-ce que la déchéance ?), par éclatement, par vide, par une totale dissipation-dérision-purgation, j’expulserai de moi la forme qu’on croyait si bien attachée, composée, coordonnée, assortie à mon entourage et à mes semblables, si dignes, si dignes, mes semblables.
      Réduit à une humilité de catastrophe, à un nivellement parfait comme après une intense trouille.
      Ramené au-dessous de toute mesure à mon rang réel, au rang infime que je ne sais quelle idée-ambition m’avait fait déserter.
      Anéanti quant à la hauteur, quant à l’estime.
      Perdu en un endroit lointain (ou même pas), sans nom, sans identité.

      clown, abattant dans la risée, dans le grotesque, dans l’esclaffement, le sens que contre toute lumière je m’étais fait de mon importance.
      Je plongerai.
Sans bourse dans l’infini-esprit sous-jacent ouvert
      à tous
ouvert à moi-même à une nouvelle et incroyable rosée
à force d’être nul
et ras…
et risible…


Henri Michaux, « Peintures » (1939,) in L’espace du dedans, Pages choisies, Poésie / Gallimard, 1966, p.249


Combien faut-il de fois secouer mes grelots
Et baiser ton front bas, morne caricature ?
Pour piquer dans le but, de mystique nature,
Combien, ô mon carquois, perdre de javelots ?

Nous userons notre âme en de subtils complots,
Et nous démolirons mainte lourde armature,
Avant de contempler la grande Créature !
Dont l'infernal désir nous remplit de sanglots !

Il en est qui jamais n'ont connu leur Idole,
Et ces sculpteurs damnés et marqués d'un affront,
Qui vont se martelant la poitrine et le front,

N'ont qu'un espoir, étrange et sombre Capitole !
C'est que la Mort, planant comme un soleil nouveau,
Fera s'épanouir les fleurs de leur cerveau !
Baudelaire


Le Marteau sans maître, 1934



Commune présence

Tu es pressé d'écrire,
Comme si tu étais en retard sur la vie.
S'il en est ainsi fais cortège à tes sources.
Hâte-toi.
Hâte-toi de transmettre
Ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance.
Effectivement tu es en retard sur la vie,
La vie inexprimable,
La seule en fin de compte à laquelle tu acceptes de t'unir,
Celle qui t'est refusée chaque jour par les êtres et par les choses,
Dont tu obtiens péniblement de-ci de-là quelques fragments décharnés
Au bout de combats sans merci.
Hors d'elle, tout n'est qu'agonie soumise, fin grossière.
Si tu rencontres la mort durant ton labeur,
Reçois-là comme la nuque en sueur trouve bon le mouchoir aride,
En t'inclinant.
Si tu veux rire,
Offre ta soumission,
Jamais tes armes.
Tu as été créé pour des moments peu communs.
Modifie-toi, disparais sans regret
Au gré de la rigueur suave.
Quartier suivant quartier la liquidation du monde se poursuit
Sans interruption,
Sans égarement.

Essaime la poussière
Nul ne décèlera votre union.

René Char


Il y a la norme et l'écart. Baudelaire garde la structure du sonnet. On retrouve la disposition du texte en vers même libres et blancs.
Reste le rythme (anaphores, assonances, allitérations ...)
Priorité aux mots, à leur pourvoir de suggestion par la polysémie, aux images et au jeu sur le langage.

Quels sont les buts et les moyens que l'exigence de la poésie moderne impose et assigne au poète ?

Ah oui excusez moi c'est Lettre à Paul Demeny dite "Lettre du voyant" 1871 Rimbaud

Mais je n'arrive pas à mettre ça en lien avec une quelconque exigence puisque dans la poésie moderne justement il n'y en a pas.

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Quels sont les buts et les moyens que l'exigence de la poésie moderne impose et assigne au poète ?

justement il n'y en a pas

La poésie moderne s'est affranchie certes de la norme classique mais ... elle est encore poésie. demande-toi ce qui fait sa valeur intrinsèque.

Il faudrait peut-être nuancer cette "certitude" et relire Rimbaud : "se faire VOYANT".

Quels sont les buts et les moyens que l'exigence de la poésie moderne impose et assigne au poète ?

Merci