1 (Modifié par ineslze 10/04/2015 à 09:56)

Hugo, L'Égypte ! - Elle étalait, toute blonde d'épis...

Bonjour,
Je suis en Première S et j'ai bientôt un oral blanc de français, je dois présenter le texte l'Egypte de Victor Hugo. Le soucis est que nous n'avons pas abordé ce poème en classe mais nous devons quand même le présenter. Ce texte est extrait des Orientales, ici Victor Hugo fait une description de l'Egypte en la personnifiant. Il fait également référence à de célebres monuments. Pourtant, je ne trouve pas de plan correct pour ce texte. J'ai quand même pensé à : I)Une Egypte personnifiée II) Une description fantaisiste et imaginative mais je n'ai pas grand chose à dire dans le I).
J'ai  l'impression que la 4e strophe dénote avec cette description merveilleuse de l'Egypte, au contraire je pense qu'elle présente les dangers de l'Egypte. J'ai également l'impression qu'avec le vers " ce monde, âme..." , Victor Hugo fait l'éloge de la civilisation égyptienne, orientale et souhaite montrer son importance sur la civilisation européenne. J'ai cependant du mal à comprendre les 3 derniers vers de la 5e strophe : est-ce que les deux soleils représentent les deux civilisations justement ?
J'aurais donc besoin d'aide.
Merci d'avance et bonne journée,

L'Égypte ! - Elle étalait, toute blonde d'épis,
Ses champs, bariolés comme un riche tapis,
Plaines que des plaines prolongent ;
L'eau vaste et froide au nord, au sud le sable ardent
Se dispute l'Égypte : elle rit cependant
Entre ces deux mers qui la rongent.

Trois monts bâtis par l'homme au loin perçaient les cieux
D'un triple angle de marbre, et dérobaient aux yeux
Leurs bases de cendre inondées ;
Et de leur faîte aigu jusqu'aux sables dorés,
Allaient s'élargissant leurs monstrueux degrés,
Faits pour des pas de six coudées.

Un sphinx de granit rose, un dieu de marbre vert,
Les gardaient, sans qu'il fût vent de flamme au désert
Qui leur fît baisser la paupière.
Des vaisseaux au flanc large entraient dans un grand port.
Une ville géante, assise sur le bord,
Baignait dans l'eau ses pieds de pierre.

On entendait mugir le semoun meurtrier,
Et sur les cailloux blancs les écailles crier
Sous le ventre des crocodiles.
Les obélisques gris s'élançaient d'un seul jet.
Comme une peau de tigre, au couchant s'allongeait
Le Nil jaune, tacheté d'îles.

L'astre-roi se couchait. Calme, à l'abri du vent,
La mer réfléchissait ce globe d'or vivant,
Ce monde, âme et flambeau du nôtre ;
Et dans le ciel rougeâtre et dans les flots vermeils,
Comme deux rois amis, on voyait deux soleils
Venir au-devant l'un de l'autre.

- Où faut-il s'arrêter ? dit la nuée encor.
- Cherche ! dit une voix dont trembla le Thabor.

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Hugo, L'Égypte ! - Elle étalait, toute blonde d'épis...

Bonjour,

Il s'agit d'une évocation contemporaine de l'Egypte ancienne.
Il s'agit d'une rêverie romantique sur la mort des civilisations à la manière de Chateaubriand.
Hugo voit ou imagine (quand il s'agit d'Alexandrie) les restes de la splendeur pharaonique et grecque.
Il dépeint la "couleur locale" à l'aide d'images convenues.

Le coucher de soleil final mérite une attention particulière.
Les deux soleils sont simplement l'effet de miroir dans les flots.
Il est crépuscule d'Amon-Ra qui va céder la place au judaïsme.

Hugo, L'Égypte ! - Elle étalait, toute blonde d'épis...

Bonjour,
Merci beaucoup pour ces précisions.
Auriez-vous une idée de plan pour ce texte ?
Le plan auquel j'ai pensé ne me semble plus très cohérent...

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Hugo, L'Égypte ! - Elle étalait, toute blonde d'épis...

Parcours de lecture : rêverie romantique sur la mort des civilisations à la manière de Chateaubriand.

1 Une Egypte à la couleur locale prononcée
2 Des vestiges du passé : mystère et opulence, allusions bibliques
3 Un coucher de soleil symbolique

Conclusion :
Un texte qui préfigure La Légende des siècles

Hugo, L'Égypte ! - Elle étalait, toute blonde d'épis...

Merci encore pour ces explications.
Par contre les allusions bibliques ne sont pas très claires pour moi.
Pouvez vous m'éclairer ?
Merci d'avance

Hugo, L'Égypte ! - Elle étalait, toute blonde d'épis...

Le texte doit être replacé dans la partie à laquelle il appartient : Le feu du ciel.
La nuée, c'est celle qui va s'abattre sur sodom
Sodome et Gomorrhe,me semble-t-il.
'Le poème oscille entre splendeur et peur. (Observe les champs lexicaux et les antithèses.)

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Hugo, L'Égypte ! - Elle étalait, toute blonde d'épis...

Une allusion explicite en fin de texte : le mont Thabor où la tradition place la Transfiguration...
Mais on ne peut s'empêcher de penser aux différends qui ont opposé les Hébreux et Pharaon relatés dans le livre biblique de l'Exode : esclavage, fuite d'Egypte, traversée de la mer Rouge...

Trois monts bâtis par l'homme au loin perçaient les cieux
D'un triple angle de marbre, et dérobaient aux yeux
Leurs bases de cendre inondées ;

évoque sans doute les morts des Hébreux requis pour la corvée, notamment la construction des pyramides.
Le final du poème marque la transition sans retour de la religion solaire à celle du monothéisme juif.

Hugo, L'Égypte ! - Elle étalait, toute blonde d'épis...

Merci pour vos réponses, j'ai maintenant assez d'éléments pour rédiger mon commentaire.
Bonne journée