Rôle des prépositions à et de - Réussir à faire, proposer de faire, etc.

Que pensez-vous du rôle syntaxique et sémantique des prépositions << à >> et << de >> devant un infinitif sujet ou régime?

J'ai une thèse à vous soumettre...
-http://linguistiticker.skyblog.com
C'est un peu long et il y a eu des soucis de typographie (je m'en excuse), mais j'espère que le problème intéressera certains passionnés de la langue, de la linguistique, de la grammaire...

D'avance, merci!

Rôle des prépositions à et de - Réussir à faire, proposer de faire, etc.

Bonsoir...


Rencontrant des difficultés dans la gestion de mon blog, je pense qu'il est plus simple que je copie la thèse que je vous soumets ici... J'espère que vous ne m'en voudrez pas trop d'encombrer un peu le forum...


Bonne lecture à ceux qui en auront le courage, et merci d'avance!

L’INFINITIF ET LA PRÉPOSITION

    En s’intéressant un peu à l’infinitif, cette forme verbale qui semble si simple à utiliser comme à analyser, on s’apercevra qu’en grammaire même les questions les plus simples peuvent nous réserver bien des surprises...

    Ce n’est pas, en réalité, une interrogation quelconque sur cette forme du verbe qui nous a poussés à proposer ce qui suit, mais une autre question, tout aussi simple en apparence: soit la phrase << J’ai réussi à faire mes devoirs. >> , quelle est la fonction syntaxique du syntagme << à faire mes devoirs >>? C’est un complément du verbe, un complément d’objet, ou “régime”. Mais ce régime-là est-il direct ou indirect? Certes, il y a bien une préposition, “à”... Mais ceux qui sont favorables à la tradition qui discrimine les compléments du verbe dits “directs” et ceux dits “indirects” reconnaîtront volontiers que ce n’est pas la simple présence ou absence de la préposition qui peut apporter une réponse pleinement satisfaisante...

    Personne ne considérera, par exemple, que dans la phrase “Il lui proposa de venir” le régime “de venir” du verbe “proposa” soit “indirect”. En effet, le verbe “proposer” est bien dit “transitif direct”, on propose “quelque-chose”. La préposition “de” ne semble pas se justifier par le lexème du verbe. La conception la plus répandue est celle de l’”indice d’infinitif”: avec quelques variantes parfois, on parle de préposition “sans aucune valeur sémantique”, dont le rôle serait simplement de “permettre à l’infinitif d’acquérir une fonction dans la phrase”...

    Admettons cette valeur du “de”. Pourquoi alors les spécialistes semblent-ils moins adeptes de cette façon d’interpréter le rôle de la préposition lorsqu’il s’agit d’”à”, comme dans la phrase “J’ai réussi à faire mes devoirs.”? On n’a jamais, en effet, entendu parler d’un “”à” indice de l’infinitif”... Cette étonnante indécision apparaît comme paradoxale à côté de la relative uniformité des avis concernant la fonction du “de” et ne peut donc que révéler quelque faille plus profonde dans cette modélisation.

    Avant de poursuivre, il importe donc de bien répondre à une question fondamentale mais négligée: Doit-on traiter différemment l’”à” et le “de” précédent un infinitif? Pourquoi?

    C’est ici que nous nous sommes intéressés à un article fort intéressant publié par le linguiste Monsieur Ronald Lowe, directeur de la fondation Gustave Guillaume de l’Université Laval, au Québec. Cet article s’intitulant “Analyse des prépositions “à” et “de” dans le cadre d’une syntaxe opérative” s’inscrit naturellement dans le cadre d’études de psychomécanique du langage et ne peut donc pas directement apporter de réponses à notre analyse syntaxique “traditionnelle”. Mais deux choses essentielles y sont démontrées: d’une part, les prépositions en questions sont à traiter de la même manière, sur le même plan, d’autre part, les différences entre l’une et l’autre sont d’ordre sémantique et ne dépendent ni de l’habitude ni de l’euphonie, contrairement à ce que suggère “Grevisse”. Ce que propose Monsieur Lowe, c’est d’attacher à l’”à” une nuance prospective, et au “de”, une nuance rétrospective, sachant qu’à “prospectif” peut être rattaché “positif” et qu’à “rétrospectif” peut être rattaché “négatif”. Quelques exemples rapides: On commence “à” (l’action va se dérouler), on continue “à” (l’action va se poursuivre), ou on continue “de” (on considère l’action d’un point de vue résultatif, et que c’est un fait qui va se répéter), et l’on arrête “de” (l’action s’achève, son déroulement appartient au passé). De même, on autorise “à” et on interdit “de”.

    Ces renseignements sont particulièrement appréciables: ils prouvent que, syntaxiquement parlant, (les points de suspension marquent un l’infinitif régime) “aimer à...”, “continuer de...”, “réussir à...”, “apprécier de...”, et cetera, sont équivalents La valeur de la préposition dans ces phrases doit donc être universelle; il reste maintenant à la déterminer.

    En premier lieu, il ne nous a pas semblé que la préposition devait être considérée comme un “outil de subordination” qui joindrait le régime au verbe de phrase, comme dans “Je vais à Paris.” ou “Je parle à Pierre.”. En effet, nous l’avons déjà dit, le verbe “réussir” ne nécessite pas la préposition “à” par son lexème. On réussit bien “quelque-chose”. D’autre part, la pronominalisation possible par “cela” écarte la possibilité d’un complément indirect. Ensuite, le fait que le rôle de la préposition ne peut pas être de “subordonner” un syntagme au verbe est encore plus visible dans des exemples comme “Il est interdit de...”, et cetera. Enfin, il nous a paru que le groupe “préposition+infinitif” devait se comprendre de façon “globale”, dans son ensemble, formant en définitive une unité sémantique, une unité grammaticale, et - Pourquoi pas? - une unité lexicale...

    Voici un passage important de nos recherches. Habituellement, la préposition est considérée comme un mot servant à “raccorder” deux éléments de la phrase. Et si cela était en réalité trop schématique pour être universel? S’il s’agissait en réalité ici d’un seul “mot”, formé de l’infinitif et de sa préposition, dont le rôle serait en fait d’en nuancer le sens afin de le rendre, dans certains cas, compatible sémantiquement avec le verbe dont il est sujet ou régime? En effet, le diastème perçu dans la phrase: “*J’ai réussi faire mes devoirs.” serait-il plutôt de nature syntaxique ou de nature sémantique?


    Proposons-nous alors de considérer cela comme un paradigme. L’infinitif présent et l’infinitif passé posséderaient alors chacun trois formes, que nous appellerons trois “degrés”: le degré “neutre”, le degré “à” et le degré “de”, correspondant respectivement aux exemples “Souffler n’est pas jouer.”, “Il a commencé à jouer.” et “Il a arrêté de jouer.”. Nous avons ici trois exemples de l’infinitif du verbe “souffler”, “décliné” dans chacun de ses “degrés”. Il reste alors à comprendre en quoi cet usage se nécessite, c’est-à-dire quel est l’apport sémantique de la préposition dans la formation du nouveau lemme, avec les particularités sémantiques de son nouveau lexème.

    Il n’est pas particulièrement aisé que de trouver des réponses à ce genre de questions puisqu’il s’agit de phénomènes plutôt inconscients dans l’usage habituel du langage. Cependant, nous pouvons proposer une première tentative d’analyse.

    Il semblerait qu’il y ait une gradation du degré dit “neutre”, numéro un, au degré dit “de”, numéro trois. Celui-là serait le plus abstrait, celui-ci, le plus concret. Plus précisément, on pourrait considérer que le degré neutre serait la forme la plus “virtuelle” du verbe, celle qui est justement utilisée pour la simple désignation du verbe ou de l’action qu’il représente, celle encore qui sait rester suffisamment vague pour pouvoir adopter au besoin n’importe-laquelle des nuances propres aux autres degrés. Le degré “à” serait celui de l’action dans son déroulement, envisagée comme un “processus”. Le degré “de”, lui, serait celui de l’action comme quelque-chose de particulièrement concret, de réalisé, comme une sorte d’élipse à l’expression “le fait de”.

    Pour illustrer ce qui vient d’être énoncé, revenons tout d’abord sur l’exemple “Souffler n’est pas jouer.”. Dans la règle du jeu de dames, cette phrase signifie que la première de ces deux actions ne peut pas être considérée comme équivalente à la seconde. Pourquoi alors ne dirait-on pas plutôt “*À souffler n’est pas à jouer.”?Pourquoi cette formulation ne nous apparaît-elle pas cohérente? Tout simplement car elle serait trop réductrice. En effet, dans cette sorte de comparatif d’inégalité qui est établi entre “souffler” et “jouer”, on souhaite pouvoir établir une analogie entre n’importe-lequel des aspects envisageables de chacune de ces deux actions. On pourra dire d’un jouer qui s’apprête à souffler qu’il ne s’apprête pas à jouer, d’un joueur qui vient de souffler qu’il ne vient pas de jouer... Ensuite, on remarquera que les aspects des degrés “à” et “de” qui viennent d’être décris sont propices à ce qu’ils acquièrent des nuances respectivement prospectives et rétrospectives: lorsque l’on dit “commencer à...”, on envisage l’action qui débute comme quelque-chose qui va se produire, c’est-à-dire, en définitive, une action en tant que telle, et, lorsqu’on dit “arrêter de”, on envisage alors l’action comme quelque-chose qui vient de se dérouler, qui va s’achever, et, donc, finalement, plutôt comme un résultat, un fait. En outre, on peut dire “continuer à...” ou “continuer de...” selon que l’on se place dans une logique plutôt prévisionnelle de la chose: l’action va se poursuivre, ou plutôt résultative: c’est c’est ce qui s’est produit juste avant (un fait, donc) qui va se reproduire. En somme, ne peut-on pas considérer le degré “zéro” comme la forme “atone” de l’infinitif et les autres degrés comme des formes obliques?

    D’autre part, ce qui peut poser de grands soucis quelques-soit la façon d’envisager le problème, c’est la différence existant entre la forme de l’infinitif utilisée en sujet grammaticale et celle utilisée en sujet réel de tournures impersonnelles: Pourquoi dit-on “Il est interdit de faire...” si l’on dit “Faire ... est interdit.”? Afin d’essayer d’apporter une réponse, penchons-nous sur la valeur de cet ”il” “impersonnel”. Pour cela, nous nous sommes basés sur un article publié par Madame Louise Guénette, intitulé “Les pronoms neutres “il”/”ce”/”ça”; une comparaison de leurs emplois et de leurs signifiés”. La chercheuse, dans le cadre de cette  comparaison entres ces trois pronoms, propose que cet “il” serait, le pronom qui permettrait à un énoncé d’être actualisé, d’exister dans la réalité. Dans cette perspective, il apparaît cohérent que l’infinitif soit à son degré “de” lorsqu’il est sujet réel de tournures impersonnelles, puisque ce qui est susceptible d’exister dans la réalité, c’est bien une action “matérielle”, “concrète”. À l’inverse, il n’est pas étonnant que l’on dise “Faire ... est interdit” puisqu’en l’absence de l’”il” “temporel” on peut prendre n’importe-quel aspect de l’action, de préférence, le plus vague, pour l’interdire. On peut noter que “De faire ... est interdit.”, s’il est moins usité, ne choque pas tellement l’oreille, et c’est peut-être parce-qu’il n’apparaît pas si anormal que de prendre la représentation de l’action sous son degré le plus “pratique” pour  l’interdire; c’est quelque-chose de concret et de précis que l’on veut interdire, pas une simple idée... En fait, on peut dire que le degré “de” qui, à la base, indique l’action dans son aboutissement, son achèvement, son résultat, et cetera, se prête, par extension de cette valeur sémantique, fort bien à ce qui est de la désignation de l’action. C’est un peu le mode nominal du verbe. D’où le fait que le “de” pourrait, dans une analyse synchronique de la langue, être perçu comme un “simple outil permettant à l’infinitif de devenir un constituant phrastique supérieur”. Mais il semblerait que ce soit là le fait d’un sens assez précis de l’infinitif et de la préposition (de leur combinaison, en fait) et non d’un simple gallicisme inexplicable...

    Revenons-en donc maintenant à notre exemple de départ: << J’ai réussi à faire mes devoirs. >>. Le verbe “réussir” est transitifs direct, il ne nécessite pas par son lexème de préposition dans son lien avec son régime. Mais qu’indique le verbe “réussir”? Que l’on parvient à atteindre un but donné. Que réussit-on, alors? Une action. On réussit à mener une action à son terme, c’est à dire à la faire se dérouler jusqu’à ce qu’elle soit achevée. Sur quoi se concentre-t-on, alors, lorsque l’on emploi le verbe réussir avec un infinitif en régime? Sur l’action, dans son déroulement, en tant que processus. Voilà pourquoi on ne réussit pas “faire quelque-chose” (forme totalement virtuelle, incompatible), ni ne réussit “de faire quelque-chose” (malgré le côté rétrospectif de l’action que l’on a menée à son terme). Ce que l’on réussit, c’est bien une action, en tant que telle...

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Bonsoir !

Il est séduisant de considérer que À possède une valeur prospective et DE une valeur rétrospective, conformément au sémantisme de ces deux prépositions.

Encore faudrait-il que vous en fassiez le test sur la plupart des constructions avec À et avec DE et que votre thèse se vérifie invariablement.

Quel que soit l’intérêt de l’entreprise, je n’ai pas le loisir de la faire.
J’observe cependant que craindre et menacer se construisent avec DE, alors qu’il s’agit, dans les deux cas, d’une vision prospective. Évidemment, il est possible de voir une vision rétrospective, à propos de craindre, en utilisant l’infinitif passé, mais c’est alors jouer sur la valeur des temps et non plus sur le sémantisme des prépositions.

Je suis désolé, mais, après deux lectures, je ne suis toujours pas convaincu.
Si je n’ai pas compris le fond de la thèse, expliquez-le-moi ; je veux bien en discuter, parce que c’est effectivement intéressant.

Haut les cœurs !

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Bonsoir...



Merci pour votre message, encourageant!



Tout d'abord, afin que vous puissiez juger par vous-même les idées de Monsieur Lowe, qui, lui, propose l' << à >> prospectif, et cetera, je vous propose ce lien: -http://www.fl.ulaval.ca/fgg/articles/prof/lowe/art_1a.htm. C'est cependant un peu plus long et difficile à comprendre que notre petite thèse...



Notre but est de comprendre le rôle syntaxique et l'apport sémantique des prépositions << à >> et << de >> devant un infinitif sujet (réel) ou régime, dans des cas où l'on a du mal à comprendre la présence de ces prépositions. Par exemple, on dit << réussir qqch >>, alors, pourquoi dit-on << réussir à faire... >> ? De même avec << proposer de faire... >>...



Couramment (mais il y a énormément de variantes...), on entend dire que << de >> n'a pas de valeur sémantique, que c'est un << indice >> d'infinitif ( << préposition vide >>, et cetera), et qu' << à >> est un simple connecteur du régime indirect au verbe de phrase...



Nos recherches nous ont tout d'abord fait prendre conscience de ce que ces deux prépositions sont à mettre sur le même plan: dans << réussir à + inf. >> et << proposer de + inf. >>, la syntaxe est rigoureusement la même. Il faut donc 1° parvenir à la modéliser 2° comprendre les nuances sémantiques justifiant l'emploi de deux prépositions différentes.



Je me permets de bien rappeler, car c'est très important, qu'il s'agit ici d'un emploi très précis: celui d' << à >> et de << de >> devant un infinitif sujet ou régime à des endroits où il ne devrait pas y avoir de prépositions. Nos recherches n'ont pas pour but d'expliquer le sens de ces prépositions dans l'ensemble de leurs emplois (mais elles peuvent y contribuer un peu...).



Pour, notamment, la sensation de sens global du groupe << préposition + inf. >>, il nous a semblé qu'il n'y a en réalité ici qu'un << mot >>, que nous appelons une << forme oblique de l'infinitif >>. C'est-à-dire qu'il faudrait considérer que, dans le paradigme du verbe, il y aurait six formes de l'infinitif, << faire >>, << à faire >>, << de faire >>, de même pour l'infinitif passé, par exemple, avec, à chaque fois, un lexème propre. C'est là notre théorie des << degrés >> de l'infinitif. Les nuances sémantiques qu'il faudrait alors attribuer à chacun de ces trois degrés sont indiquées dans mon texte initial.



Pour répondre à vos exemples...
Pourquoi << craindre de + inf. >> ? Parce-que craindre quelque-chose, c'est en avoir peur. Et on n'a pas peur d'une idée ou de quelque-chose de vague, mais plutôt de quelque-chose de << palpable >>, de quelque-chose que l'on désigne... Il semble naturel que ce soit le degré << de >> qui convienne ici.
Pour le << de >> de << menacer de + inf. >>, j'envisage deux tentatives d'explications. Je m'en tiendrai à la plus simple. Il peut s'agir tout simplement d'un exemple d'exploitation de << menacer qqn de qqch >>, construction habituelle du verbe << menacer >>, le premier régime n'étant alors pas exprimé. Mais je pense qu'il y a peut-être quelque-chose de plus intéressant à voir derrière cet exemple... J'y réfléchirai!



Maintenant que j'ai bien réexprimé la problématique de nos recherches (puisque ma précédente rédaction, apparemment, ne devait pas être suffisamment claire...), avez-vous quelques remarques ou questions ou suggestions supplémentaires?

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Que pouvons-nous dire du comportement sémantico-syntaxique des prépositions À et DE dans les constructions suivantes:Je m'en vais à la maison, Je viens de la maison, Ma préoccupation est de travailler, Cela laisse à désirer ? J'aimerais que quelqu'un me fasse une analyse succinte et rigoureuse. Car je suis dans la même soif de  savoir que BÂ.

6 (Modifié par Hwang(moijesuisneant) 30/01/2015 à 17:36)

Rôle des prépositions à et de - Réussir à faire, proposer de faire, etc.

Bonjour.

J'ai une question à vous poser, s'il vous plait.

Soit une phrase :
"Le marchand a proposé à Pierre d'acheter sa voiture".

Si la transaction est réalisée, qui achète la voiture de qui ?
1) Le marchand achète la voiture de Pierre.
2) Pierre achète la voiture du marchand.
3) On ne sait pas ; c'est selon le contexte.

Merci, d'avance.

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Rôle des prépositions à et de - Réussir à faire, proposer de faire, etc.

Contrairement au latin qui distingue et utilise suam et ejus, selon que le pronom se rapporte au sujet de la phrase ou non, le français ne distingue pas, et "sa" peut se rapporter au vendeur ou à l'acheteur, au sujet ou au complément. Le contexte permet généralement de comprendre. Sinon, il faut s'efforcer d'être plus précis.
Généralement, cependant, on attribue peut-être plus volontiers le pronom possessif au sujet de la phrase, sauf contexte qui montre clairement que ce n'est pas le cas.
Si le contexte n'est pas suffisant et qu'on veut dire clairement que c'est la voiture de Pierre qui est achetée, on peut préciser :
"Le marchand a proposé à Pierre d'acheter la voiture de ce dernier".

8 (Modifié par paulang 30/01/2015 à 18:23)

Rôle des prépositions à et de - Réussir à faire, proposer de faire, etc.

Le marchand a proposé quoi ? d'acheter la voiture. D'acheter la voiture à qui ? à Pierre
c'est donc la proposition 1) qui convient.

Pour la proposition 2) la phrase serait : "Le marchand a proposé à Pierre de lui vendre sa voiture" ou encore "Le marchand a proposé de vendre sa voiture à Pierre.".

Devancé par Lamaneur avec plus de précision. Ne pas tenir compte.
Il me semble malgré tout qu'il n'y a pas d’ambiguïté dans la phrase et que c'est celui qui propose qui fait l'acte d'achat.

Rôle des prépositions à et de - Réussir à faire, proposer de faire, etc.

Il pourrait même y avoir une quatrième interprétation : le marchand propose à Pierre de lui acheter (offrir) sa (prochaine) voiture.
Je ne connais pas de marchand si généreux, mais on peut rêver.
Donc solution 3, comme le dit Lamaneur.

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Bâ a écrit :

Que pensez-vous du rôle syntaxique et sémantique des prépositions << à >> et << de >> devant un infinitif sujet ou régime?

J'ai une thèse à vous soumettre...
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C'est un peu long et il y a eu des soucis de typographie (je m'en excuse), mais j'espère que le problème intéressera certains passionnés de la langue, de la linguistique, de la grammaire...

D'avance, merci!

Bonsoir,

Moi, je vous en excuse mais, vous, vous ne pouvez pas vous en excuser (vous même) !