1 (Modifié par CarlottaBL99 22/03/2015 à 14:29)

Rédiger le portrait satirique d'un personnage fictif

Bonjour tout le monde. J'ai vraiment besoin de votre aide. Demain (donc dans 12h) j'ai une redaction a ecrire. Je dois rediger un portrait satirique d'un personnage fictif qui accorde de nos jours une importance excessives aux dernieres nouveautes.
J'ai rediger ma redaction, mais j'ai l'impression que je n'ai pas vraiment cree une satire du personnage? J'arrive pas a rajouter de l'ironie dans mon texte... Est ce que quelqu'un pourrait m'aide s'il vous plait? C'est vraiment urgent et je n'ai pas beaucoup de temps... Merci.

Félix, il s’appelait. Un collègue de mon travail, un brillant petit homme que je croyais connaître jusqu’au jour ou l’IPhone fut mis en vente le 29 Juin 2007 par la compagnie Apple.
Félix s’en acheta un ce jour-là, comme plus de trois cents autres individus, après avoir attendu treize heures dans la queue bousculante, devant cet immeuble élancé et rectangulaire qui touchait presque les cieux. Aussitôt que l’appareil reposait dans sa main, il soufflait de soulagement, comme si cette plaque de métal était sa source d’énergie. Cette pomme, inscrite sur l’instrument, brillait à travers ses yeux, tel la pomme d’Adam qui encouragea l’homme à braver ses limites.
Il jubilait de sa nouvelle acquisition, la gardant dans ses mains à tout moment, regardant l’écran tantôt pour voir l’heure, tantôt contempler sa noirceur, ou tout simplement pour le plaisir d’avoir cet outil devant lui, asséchant ses yeux. Son seul prisme de conversation tournait autour de celui-ci.
Un an après, un nouveau modèle sortit. Et un autre. Félix les avait tous. Du premier au dernier, chacun différent d’un pouce. Désormais, il reconnaissait mieux les sons des notifications de son IPhone que son propre prénom.
Cet homme a perdu tout sens  de son entourage et tout contact physique avec un autre.
Au travail, il disparaissait avec son IPhone pour s'asseoir dans la salle des distributeurs automatiques, au coin près d’une prise électrique, avec le fil accroché à l’instrument, accroché à Félix. Je voyais un esclave attaché à ses chaînes.

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Rédiger le portrait satirique d'un personnage fictif

Il faudrait peut-être t'inspirer des portraits de la Bruyère et écrire "à la manière" de ...

Félix est à la mode et il est connecté. Son IPhone à la main, il écoute le monde. Il sait le temps qu'il fait, il peut vous dire l'heure, il connaît sa tension et l'agenda du jour. Quand un nouveau modèle est lancé, il le veut sur le champ et le porte en bracelet. Que lui fait la dépense, et que lui fait l'abonnement, Félix est de son temps et parade en tout temps

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Rédiger le portrait satirique d'un personnage fictif

Merci beaucoup Mais c'est quoi la maniere de La Bruyere? ... 

4 (Modifié par floreale 22/03/2015 à 15:15)

Rédiger le portrait satirique d'un personnage fictif

Il faut se plonger dans les Caractères de La Bruyère.

Iphis voit à l'église un soulier d'une nouvelle mode, il regarde le sien et en rougit, il ne se croit plus habillé ; il était venu à la messe pour s'y montrer, et il se cache ; le voilà retenu par le pied dans sa chambre tout le
reste du jour. Il a la main douce, et il l'entretient avec une pâte de senteur ; il a soin de rire pour montrer ses dents ; il regarde ses jambes, il se voit au miroir, l'on ne peut être plus content de personne qu'il ne l'est de lui-même ; il s'est acquis une voix claire et délicate ; il a un mouvement de tête et je ne sais quel adoucissement dans les yeux dont il n'oublie pas de s'embellir ; il a une démarche molle et le plus joli maintien qu'il est capable de se procurer ; il met du rouge mais rarement, il n'en fait pas habitude ; il est vrai aussi qu'il porte des chausses et un chapeau, et qu'il n'a ni boucles d'oreilles ni collier de perles : aussi ne l'ai-je pas mis dans le chapitre des femmes.

Diphile commence par un oiseau et finit par mille : sa maison n’en est pas égayée, mais empestée. La cour, la salle, l’escalier, le vestibule, les chambres, le cabinet, tout est volière ; ce n’est plus un ramage, c’est un vacarme : les vents d’automne et les eaux dans leurs plus grandes crues ne font pas un bruit si perçant et si aigu ; on ne s’entend non plus parler les uns les autres que dans ces chambres où il faut attendre, pour faire le compliment d’entrée, que les petits chiens aient aboyé. Ce n’est plus pour Diphile un agréable amusement, c’est une affaire laborieuse, et à laquelle à peine il peut suffire. Il passe les jours, ces jours qui échappent et qui ne reviennent plus, à verser du grain et à nettoyer des ordures. Il donne pension à un homme qui n’a point d’autre ministère que de siffler des serins au flageolet e de faire couver des canaris. Il est vrai que ce qu’il dépense d’un côté, il l’épargne de l’autre, car ses enfants sont sans maîtres et sans éducation. Il se renferme le soir, fatigué de son propre plaisir, sans pouvoir jouir du moindre repos que ses oiseaux ne reposent, et que ce petit peuple, qu’il n’aime que parce qu’il chante, ne cesse de chanter. Il retrouve ses oiseaux dans son sommeil : lui-même il est oiseau, il est huppé, il gazouille, il perche ; il rêve la nuit qu’il mue ou qu’il couve.