1

Hugo, Ruy Blas, acte IV, scène 1

Bonjour, j'aurais besoin de votre aide pour un commentaire sur la première scène du quatrième acte de Ruy Blas (de Victor Hugo). auriez vous des idées de plans, de figures de style à relever... en fait n'importe quoi qui pourrais m'aider dans cette analyse. Merci d'avance

Rappel des règles
Seuls les élèves ayant effectué un travail personnel préalable sur leur sujet peuvent obtenir une aide ponctuelle. Vous devez donc indiquer vos pistes de recherches personnelles.

Voilà le texte:

Scène première – Ruy Blas, le page.

Ruy Blas, à part, et se parlant à lui-même.
Que faire ? – elle d'abord ! Elle avant tout ! – rien qu'elle !
Dût-on voir sur un mur rejaillir ma cervelle,
Dût le gibet me prendre ou l'enfer me saisir !
1500 - Il faut que je la sauve ! – Oui ! Mais y réussir ?
Comment faire ? Donner mon sang, mon coeur, mon âme,
Ce n'est rien, c'est aisé. Mais rompre cette trame !
Deviner... – deviner ! Car il faut deviner ! –
Ce que cet homme a pu construire et combiner !
Il sort soudain de l'ombre et puis il s'y replonge,
Et là, seul dans sa nuit, que fait-il ? – quand j'y songe,
Dans le premier moment je l'ai prié pour moi !
Je suis un lâche, et puis c'est stupide ! – eh bien, quoi !
C'est un homme méchant. – mais que je m'imagine
1510 - – La chose a sans nul doute une ancienne origine, –
Que lorsqu'il tient sa proie et la mâche à moitié,
Ce démon va lâcher la reine, par pitié
Pour son valet ! Peut-on fléchir les bêtes fauves ?
– Mais, misérable ! Il faut pourtant que tu la sauves !
C'est toi qui l'as perdue ! À tout prix il le faut !
– C'est fini. Me voilà retombé ! De si haut !
Si bas ! J'ai donc rêvé ! – ho ! Je veux qu'elle échappe !
Mais lui ! Par quelle porte, ô Dieu, par quelle trappe,
Par où va-t-il venir, l'homme de trahison ?
1520 - Dans ma vie et dans moi, comme en cette maison,
Il est maître. Il en peut arracher les dorures.
Il a toutes les clefs de toutes les serrures.
Il peut entrer, sortir, dans l'ombre s'approcher,
Et marcher sur mon coeur comme sur ce plancher.
– oui, c'est que je rêvais ! Le sort trouble nos têtes
Dans la rapidité des choses sitôt faites.
Je suis fou. Je n'ai plus une idée en son lieu.
Ma raison, dont j'étais si vain, mon Dieu ! Mon Dieu !
Prise en un tourbillon d'épouvante et de rage,
1530 - N'est plus qu'un pauvre jonc tordu par un orage !
Que faire ? Pensons bien. D'abord empêchons-la
De sortir du palais. – oh ! Oui, le piège est là
Sans doute. Autour de moi, tout est nuit, tout est gouffre.
Je sens le piège, mais je ne vois pas. – je souffre !
C'est dit. Empêchons-la de sortir du palais.
Faisons-la prévenir sûrement, sans délais. –
Par qui ? – Je n'ai personne !

2

Hugo, Ruy Blas, acte IV, scène 1

De l'intérêt du monologue ...


Le désarroi : les didascalies, le dialogue intérieur, le rythme,

La fonction délibérative : entre volonté et impuissance

La dimension du drame romantique proche du tragique

Hugo, Ruy Blas, acte IV, scène 1

La répétition de "elle" vers 2, les 3 exclamations successives, les 3 hypothèses accumulées des vers 3, 4, 5 qui montrent ce qu'il est capable d'endurer pour elle. Les énumérations (mon sang, mon coeur, mon âme) etc. Allez, au travail ! Continue sur les vers suivants en t'aidant des pistes données par Floreale.

Hugo, Ruy Blas, acte IV, scène 1

Salut à tous.

Je suis en 1ère et j'ai besoin de votre aide pour un devoir maison que je dois rendre dans une semaine. Le sujet porte sur trois questions concernant la scène 1 de l'acte IV de Ruy Blas.

Tout d'abord, voici le texte :

RUY BLAS à part et se parlant à lui-même :
          Que faire ? – Elle d’abord ! elle avant tout ! – rien qu’elle !
          Dût-on voir sur un mur rejaillir ma cervelle,
          Dût le gibet me prendre ou l’enfer me saisir !
          Il faut que je la sauve ! – Oui ! mais y réussir ?
5      Comment faire ? Donner mon sang, mon cœur, mon âme,
          Ce n’est rien, c’est aisé. Mais rompre cette trame !
          Deviner… - deviner ! car il faut deviner ! –
          Ce que cet homme a pu construire et combiner !
          Il sort soudain de l’ombre et puis il s’y replonge,
10      Et là, seul dans sa nuit, que fait-il ? – Quand j’y songe,
          Dans le premier moment je l’ai prié pour moi !
          Je suis un lâche, et puis c’est stupide ! – Eh bien, quoi !
          C’est un homme méchant. – Mais que je m’imagine
          - La chose a sans nul doute une ancienne origine, -
15      Que lorsqu’il tient sa proie et la mâche à moitié,
          Ce démon va lâcher la reine, par pitié
          Pour son valet ! Peut-on fléchir les bêtes fauves ?
          - Mais, misérable ! il faut pourtant que tu la sauves !
          C’est toi qui l’as perdue ! à tout prix il le faut !
20      - C’est fini. Me voilà retombé ! De si haut !
          Si bas ! j’ai donc rêvé ! Ho ! je veux qu’elle échappe !
          Mais lui ! par quelle porte, ô Dieu, par quelle trappe,
          Par où va-t-il venir, l’homme de trahison ?
          Dans ma vie et dans moi, comme en cette maison,
25      Il est maître. Il en peut arranger les dorures.
          Il a toutes les clefs de toutes les serrures.
          Il peut entrer, sortir, dans l’ombre s’approcher,
          Et marcher sur mon cœur comme sur ce plancher.
          - Oui, c’est ce que je rêvais ! le sort trouble nos têtes
30      Dans la rapidité des choses sitôt faites.
          Je suis fou. Je n’ai plus une idée en son lieu.
          Ma raison, dont j’étais si vain, mon Dieu ! mon Dieu !
          Prise en un tourbillon d’épouvante et de rage,
          N’est plus qu’un pauvre jonc tordu par un orage !

Voici les questions et mes réponses :
1) Donner les éléments qui rattachent cette tirade au drame romantique, en les expliquant.

    Les caractéristiques du drame romantique auxquelles sont associées cette tirade de « Ruy Blas » à la scène 1 de l’Acte IV correspondent au mélange des tonalités et des niveaux de langue avec un langage tragique voire pathétique de Ruy Blas dans une situation où le personnage se retrouve victime du stratagème échafaudé par son maître Don Salluste. Luttant contre la fatalité de perdre la reine, il tente de trouver une solution pour la protéger, ce que révèle le conflit intérieur de ses passions.

        Les niveaux de langue familiers avec les interjections (Ho ! ô Dieu !) et plus recherchés (le gibet, j’y songe, peut-on fléchir les bêtes fauves ?) se confondent dans ce passage qui trahit l’état de choc dans lequel se retrouve plongé Ruy Blas.

        Le grotesque et le sublime, définis par Victor Hugo dans sa « Préface de Cromwell », se superposent dans ce passage où le grotesque, caractérisé par le piège machiavélique que souhaite mettre en place Don Salluste pour tuer la reine, s’oppose au sublime qui renvoie à la situation tragique de Ruy Blas confronté à l’incertitude et au doute. Les vers et la prose sont juxtaposés en toute liberté pour insuffler de la vie et de la passion aux sentiments de Ruy Blas, ce qui rend la situation plus vraisemblable.

        L’intérêt de ce monologue intérieur est de présenter le portrait psychologique et les sentiments de Ruy Blas qui cherche par tous les moyens à se sortir de la situation compliquée dans laquelle il s’est enfermé.

        Le drame romantique ne se soucie plus de respecter la règle classique des trois unités. Dans « Ruy Blas », l’action historique n’est pas limitée par l’espace scénique et la durée du spectacle. Elle se déroule en effet dans l’Espagne de la fin du XVIIe siècle, sur plusieurs mois. Victor Hugo refuse ainsi l’unité de temps par souci de garder une vraisemblance à la pièce puisque le temps de réel de la pièce est de moins de deux heures. L’unité de lieu n’est pas non plus respectée puisque les décors représentés visent à la reconstitution historique de la cour espagnole du Roi Charles II.

        Seule l’unité d’action est respectée, unique vraie règle pour Victor Hugo. Le mélange des genres entre comédie et tragédie apparaît aussi dans ce drame romantique, mais il n’est pas apparent dans cette tirade de Ruy Blas qui confère une portée tragique à la scène.

2) En quoi Ruy Blas est-il un héros romantique ?

        Ruy Blas est véritablement un héros romantique parce qu’il est peint dans son individualité unique et complexe. Il contraste avec les personnages de la tragédie classique et du mélodrame. C’est un homme sensible auquel son destin échappe puisqu’il est frappé par l’ennui et le désespoir, comme en témoigne son long monologue sur le fait qu’il s’est laissé manipuler par Don Salluste.

    Il est mu par un profond sentiment d’injustice sociale, injustice qu’il tente de redresser. Il n’accepte pas que la Reine soit mise en danger à cause de lui. Il privilégie son intérêt à elle plutôt que son intérêt personnel. Il se heurte au projet de Don Salluste de tuer la Reine et cherche par tous les moyens à l’arrêter, à « deviner » ses pensées.

    Sa passion amoureuse pour la Reine le dévore. Il est prêt à tout lui sacrifier, à lui donner son « sang », son « cœur » et même son « âme » pour la sauver. Il est malheureux dans son amour pour la Reine parce qu’il pense continuellement à elle jusqu’à l’obsession (Que faire ? – Elle d’abord ! elle avant tout ! – rien qu’elle !). La noblesse de ses sentiments est flagrante mais elle ne résout pas sa situation désespérée. Seul contre tous, Ruy Blas trouve refuge dans sa passion dévorante pour la Reine qui le conduit à vouloir se sacrifier pour la sauver (Dût-on voir sur un mur rejaillir ma cervelle, Dût le gibet me prendre ou l’enfer me saisir ! Il faut que je la sauve !).

        Tout au long de la pièce, le spectateur suit l’évolution de la situation du héros et de sa destinée. Solitaire et marginal, il tisse un amour impossible avec la reine à cause de sa condition sociale (c’est le laquais de Don Salluste). A la fin de la pièce, il se sacrifie en se suicidant par empoisonnement.

        Dans cette tirade, Ruy Blas est confronté à une situation de trouble d’une manière peu cohérente car il est victime d’un conflit intérieur entre sa volonté de protéger la reine et son incapacité matérielle à assurer sa sécurité. La fonction délibérative du texte oscille ainsi entre la volonté et l’impuissance du héros.

        En ce sens, Ruy Blas est un héros romantique qui incarne le « mal du siècle ». Comparé à un « ver de terre amoureux d’une étoile », il se sent investi d’une mission qui se heurte à des forces supérieures et qui font de lui une victime de la fatalité. Victor Hugo nous montre une image complexe de son héros face à l’angoisse puisque Ruy Blas « n’est plus qu’un pauvre jonc tordu par un orage ».

3) Faire l'étude des tonalités, notamment au travers de la ponctuation.

        Ce texte théâtral exprime à la fois des tonalités tragiques, pathétiques,  dramatiques et lyriques. D’une part, il révèle une tonalité tragique qui inspire la terreur et la pitié du lecteur spectateur que la crainte du héros de perdre son amour pour la reine contribue à amplifier. Elle met en valeur la fatalité de la situation qui pousse inévitablement Ruy Blas à l’échec, au malheur et à la mort. La souffrance qu’il éprouve devant son impuissance face à la situation est flagrante, notamment à travers l’isotopie de la fatalité liée à l’amour. On remarque l’expression de sa souffrance à travers ses nombreuses interrogations, formes interpersonnelles qui révèlent ses incertitudes (Que faire ? Mais y réussir ? Comment faire ?). L’emploi de questions sans réponses concernant Don Salluste souligne l’ignorance du personnage (Et là, seul dans sa nuit, que fait-il ? Peut-on fléchir les bêtes fauves ? Par où va-t-il venir, l’homme de trahison ?). Avec la récurrence des phrases exclamatives, le recours à l’emploi de verbes conjugués à l’infinitif (deviner, rompre) et le passage d’une personne à l’autre (il/elle), on observe une rupture du rythme du texte qui traduit les doutes et les angoisses de Ruy Blas.

        D’autre part, le texte possède une tonalité pathétique qui émeut le lecteur spectateur en mettant en scène une situation triste et douloureuse. Elle se caractérise par le thème de la séparation qui présente Ruy Blas comme une victime, notamment à travers l’utilisation d’hyperboles et d’images fortes qui expriment l’isotopie de la souffrance (Dût-on voir sur un mur rejaillir ma cervelle, Dût le gibet me prendre ou l’enfer me saisir !). Le désarroi de Ruy Blas se traduit par la didascalie sous forme d’aparté « à part et se parlant à lui-même » qui révèle le monologue intérieur de Ruy Blas. Le rythme des phrases est court et précipité, comme en témoigne les exclamations successives, les trois hypothèses accumulées des vers 3, 4 et 5 et les énumérations (mon sang, mon cœur, mon âme) qui montrent ce qu’il est capable d’endurer pour la reine.

        Ensuite, le texte comprend une tonalité dramatique qui provoque une émotion intense liée à la narration des actions tendues, des événements violents qui se succèdent sans laisser au lecteur spectateur le temps de reprendre son haleine. Elle est en corrélation avec les registres tragique et pathétique. Cette tonalité se caractérise par le recours au suspense, par la multiplication des actions, des coups de théâtre et par un rythme fait de tension et d’accélération. Le lecteur spectateur se retrouve ainsi indécis quant à l’issue de la situation.

        Enfin, l’extrait présente une tonalité lyrique qui correspond à l’expression poétique des sentiments personnels de Ruy Blas. Elle s’identifie grâce à l’isotopie des sentiments de passion, de douleur et de regret ainsi que du recours à la première personne du singulier et à l’emploi d’une ponctuation forte, expressive, parsemée de nombreuses figures de style comme des métaphores et des comparaisons (Don Salluste est un homme inquiétant qui inspire la peur et qui est comparé à une bête fauve, un démon), des anaphores (répétition des pronoms personnels sujets « elle » et « il », du pronom personnel complément « me », du déterminant possessif « mon », du verbe à l’infinitif « deviner »), des périphrases propres à représenter la nature et l’intensité des sentiments éprouvés par Ruy Blas qu’il se laisse aller à exprimer. Ses phrases sont courtes et l’on remarque une abondance de points d’interrogation et d’exclamation. Il peint un portrait dépréciatif de Don Salluste en insistant particulièrement sur sa cruauté, sa perversion (un homme méchant, une bête fauve). Il apparaît ainsi comme une figure nocturne représentée comme un homme de la nuit avec une césure à l’hémistiche avec les mots « sort » et « replonge ». Avec la répétition de l’adjectif qualificatif « toute » qui exprime la totalité, Ruy Blas présente Don Salluste dans toute sa puissance. L’opposition entre « sortir » et « entrer » démontre que ces deux verbes sont juxtaposés, ce qui signifie que Don Salluste peut se déplacer à sa convenance. Il compare le comportement du personnage identifiable à celui d’un animal qui « tient sa proie », lui conférant ainsi une image de prédateur prêt à attaquer sa victime quand il lui plaira.

        Le mélange des tonalités de cet extrait de « Ruy Blas » confère à ce drame romantique une dimension langagière proche du tragique.

J'aimerais avoir votre avis sur ce devoir. Quelles sont les pistes qui pourraient me permettre de l'améliorer ? Merci.

5

Hugo, Ruy Blas, acte IV, scène 1

Bonsoir,

J'ai une problematique dans mon commentaire qui apres coup me semble ne pas convenir du tout, pouvez vous me donner votre avis ?
La voici :

Ruy Blas et Don Salluste incarnents-ils le heros et le "mechant" du drame romantique qui avec l'etude de certaines tonalités confere une dimension proche du tragique ?

Merci !!!

6

Hugo, Ruy Blas, acte IV, scène 1

Quel est le sujet ?
Il n'y a pas d'erreur ?
S'agit-il de la scène 1 de l'acte IV ? Sur scène Ruy Blas et Le page

7

Hugo, Ruy Blas, acte IV, scène 1

Autant pour moi je n'ai pas preciser, l'extrait est bien Ruy Blas et le page vers 1500 à 1537, sur son monologue .

8

Hugo, Ruy Blas, acte IV, scène 1

Ne faut-il pas s'interroger sur le rôle de ce monologue ?

9

Hugo, Ruy Blas, acte IV, scène 1

Ce serait une idée, mais le probleme c'est que j'ai fait mon commentaire en oubliant la problematique donc en essayant de le rafistoler je suis parvenus a cette problematique.
Voici mon plan :
1) Les personnages(je vais surement modifier)
1-Ruy Blas un heros romantique
2-Don Salluste et sa cruaute sans pareille

2) Les tonalités( a modifier aussi)
1- tonalite/registre pathetique
2- // dramtique
3- // lyrique

10

Hugo, Ruy Blas, acte IV, scène 1

Tu ne peux distinguer fond et forme.