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Dois-je continuer la prépa ?

Bonjour à tous !

Je suis nouvelle ici et si je poste ce message c'est parce que ça ne va pas.
Voici le topo : je suis actuellement en hypokhâgne à Henri IV (Paris). Mon niveau est très très moyen (je suis classée dans les 10 derniers de la classe), mais il semble que mes notes commencent à augmenter. Je me pose énormément de questions quant à la nécessité de continuer : en effet, ce système ne me plaît pas, je ne me sens pas en émulation en étant toujours dans cette atmosphère lycéenne de jugement et de gaminerie, ni dans ce que nous étudions; bref, je ne me sens pas adulte. Je viens de la province (Montpellier) et l'éloignement joue aussi beaucoup sur mon moral... Je suis en pleine crise d'identité.
Mon projet serait d'intégrer une ONG afin de travailler à l'internationale dans différents projets humanitaires : Sciences Po Paris se pose donc comme THE solution pour parvenir à mes fins, or, étant donné la situation où je me trouve, est-ce que continuer la prépa malgré ce qu'elle me fait moralement reste une bonne idée ? Y a-t-il d'autres cursus qui me permettraient d'atteindre mes objectifs et si oui, lesquels ?

Merci pour vos futures réponses!

Dois-je continuer la prépa ?

Il y a deux problèmes qu'il faut distinguer : d'abord, celui de ton niveau puisque celui-ci peut connaître une progression, des fulgurances, et que de toutes les façons, quand on est à Henri IV, on n'est pas mauvais, bien au contraire, on est seulement confronté aux meilleurs ; ensuite, celui de ton épanouissement dans ce système.

La khâgne est dans la continuité de l'hypokhâgne. Si celle-ci ne te rend pas heureuse, celle-là ne fera pas mieux. Ca ne veut pas dire que tu ne pourrais pas la réussir (c'est pourquoi je distingue les deux niveaux), mais ça veut dire qu'elle ne répondra peut-être pas à ce que tu cherches. C'est à toi de savoir si tu n'aimes pas ça parce que tu penses ne pas réussir, ou si tu n'aimes pas ça parce que c'est un système dans lequel tu ne peux pas t'épanouir. Sur ça, nous ne pouvons pas te donner de réponses. A la limite, je peux me permettre un conseil : être heureux, ça n'est pas négligeable.

Quant aux possibilités qui sont les tiennes... Tu peux passer les concours des IEP de province, si c'est encore possible, et rejoindre Paris ensuite. Tu peux aller à l'université pour suivre des cours de sciences politiques (ou d'histoire / droit / et dans une moindre mesure philosophie) et tenter le concours en L3. Ou continuer la prépa. Obtenir le concours de Sciences Po Paris après une prépa est moins difficile que l'ENS, mais reste tout de même un défi, et si tu ressens douloureusement la prépa, je ne suis pas sûr qu'y rester et prendre ce risque vaille la peine.

Bon courage !

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Dois-je continuer la prépa ?

Artz a donné de bons éléments de réponse.

Je nuancerais néanmoins sur le point suivant: tu te plains d'une atmosphère de "jugement" et de "gaminerie".
Mais, jugée, tu le seras constamment et dans tes études et dans ton évolution professionnelle. Même travailler dans une ONG ne dispense pas d'être jugé selon sa compétence et son efficacité.

Quant à la gaminerie, elle n'est pas inhérente à la prépa mais à certaines dynamiques de groupe, qui peuvent toucher certaines classes plus que d'autres. Les élèves de prépa sont souvent puérils, d'abord parce que c'est l'âge, et ensuite parce que l'excellence scolaire a presque toujours comme corollaire (voire, comme condition) un ajustement imparfait à la vie normale et aux "choses de la vie". 
Mais ne t'imagine pas être débarrassée de ce problème en rejoignant la Fac ou Science Po : l'immaturité y prendra simplement d'autres formes...

Par ailleurs, beaucoup de lycées ont une bonne ambiance dans leurs classes prépa. C'est certainement le cas dans le lycée où j'enseigne, c'est-à-dire un lycée de la deuxième moitié du top 10. Si tu souffres en partie d'être en fin de classe à Henri IV, un bon conseil serait sans doute de t'accrocher raisonnablement quelques mois encore (après tout, tu as déjà fait les deux tiers de l'année) et de faire ta Khâgne dans un lycée légèrement moins prestigieux, où tu seras bien accueillie. 

En tout cas, et à moins que tu ne sois en situation de grande souffrance permanente, tout plaquer fin février me paraît être une erreur.

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Dois-je continuer la prépa ?

Arrêter la prépa dès maintenant serait bel et bien une erreur : mes questions de réorientation se portaient plutôt sur l'an prochain.
Je réfléchie beaucoup et je pense continuer la prépa, parler avec mes professeurs et voir s'ils me conseillent de continuer ici ou de poursuivre dans une autre prépa moins prestigieuse mais dans laquelle je serai plus à l'aise.
J'ai peur d'avoir encore moins de chance d'intégrer Sciences Po en allant à la Fac donc tout ceci est vraiment un dilemme.

Merci à vous pour vos réponses qui éclairent mes réflexions !

Dois-je continuer la prépa ?

Je viens de la province (Montpellier) et l'éloignement joue aussi beaucoup sur mon moral..

Pourquoi ne pas faire ta deuxième année au lycée Joffre ?

6 (Modifié par mattlev 24/02/2015 à 20:42)

Dois-je continuer la prépa ?

Je plussoie gabiana. Montpellier (séquence de nostalgie, reviens, qu'y disait, le pays), c'est la solution à tous les problèmes.


Plus sérieusement, je pense que la prépa de Montpellier est bien pour cela, à la fois relativement exigeante, et avec une ambiance (qui doit quand même comme partout j'imagine différer selon les années) plutôt agréable. Je m'y suis vraiment senti, pour reprendre tes mots, intellectuellement adulte, surtout en khâgne.