1 (Modifié par Jehan 16/02/2015 à 18:39)

Diderot, Jacques le fataliste - Portrait du père Hudson

Bonjour je suis en 2 nd année de licence en lettres et ,
Je suis à travailler sur un extrait de Jacques le fataliste et plus précisément lorsque le marquis des Arcis parle, raconte l'histoire de Richard, ancien moine. J'ai donc essayé de bâtir une problématique ainsi qu'un plan ...mais j'aurais voulu être aiguillée davantage car j'ai peur de faire un hors-sujet:
Pb: comment à travers ce portrait d'Hudson  assistons-nous à un revirement de situation ?
I) Dressage du portrait d'Hudson par le secrétaire Richard

II) L'enquête la recherche de preuve de sa vie dissolue

III) Revirement de situation : Hudson contre les commissaires qui le  soupçonnent
(Si besoin je peux mettre l'extrait en ligne)
Merci d'avance!

Diderot, Jacques le fataliste - Portrait du père Hudson

Bonsoir.

Afficher l'extrait serait préférable, en effet.

Diderot, Jacques le fataliste - Portrait du père Hudson

Cet extrait ?

Il y avait alors à la tête d'une des maisons de l'ordre un supérieur d'un caractère extraordinaire ; il s'appelait le père Hudson. Le père Hudson avait la figure la plus intéressante : un grand front, un visage ovale, un nez aquilin, de grands yeux bleus, de belles joues larges, une belle bouche, de belles dents, le souris le plus fin, une tête couverte d'une forêt de cheveux blancs qui ajoutaient la dignité à l'intérêt de sa figure, de l'esprit, des connaissances, de la gaieté, le maintien et le propos les plus honnêtes, l'amour de l'ordre, celui du travail ; mais les passions les plus fougueuses, mais le goût le plus effréné des plaisirs et des femmes, mais le génie de l'intrigue porté au dernier point, mais les mœurs les plus dissolues, mais le despotisme le plus absolu dans sa maison. Lorsqu'on lui en donna l'administration, elle était infectée d'un jansénisme ignorant ; les études s'y faisaient mal ; les affaires temporelles étaient en désordre ; les devoirs religieux y étaient tombés en désuétude, les offices divins s'y célébraient avec indécence ; les logements superflus y étaient occupés par des pensionnaires dissolus. Le père Hudson convertit ou éloigna les jansénistes, présida lui-même aux études, rétablit le temporel, remit la règle en vigueur, expulsa les pensionnaires scandaleux, introduisit dans la célébration des offices la régularité et la bienséance, et fit de sa communauté une des plus édifiantes. Mais cette austérité à laquelle il assujettissait les autres, lui s'en dispensait, ce joug de fer sous lequel il tenait ses subalternes, il n'était pas assez dupe pour le partager. Aussi étaient-ils animés contre le père Hudson d'une fureur renfermée qui n'en était que plus violente et plus dangereuse. Chacun était son ennemi et son espion, chacun s'occupait en secret à percer les ténèbres de sa conduite, chacun tenait un état de ses désordres cachés, chacun avait résolu de le perdre ; il ne faisait pas une démarche qui ne fût suivie, ses intrigues étaient à peine liées, qu'elles étaient connues. L'abbé de l'ordre avait une maison attenante au monastère. Cette maison avait deux portes, l'une qui s'ouvrait dans la rue, l'autre dans le cloître ; Hudson en avait forcé les serrures, l'abbatiale était devenue le réduit de ses scènes nocturnes, et le lit de l'abbé celui de ses plaisirs. C'était par la porte de la rue, lorsque la nuit était avancée, qu'il introduisait lui-même, dans les appartements de l'abbé, des femmes de toutes les conditions ; c'était là qu'on faisait des soupers délicats. Hudson avait un confessionnal, et il avait corrompu toutes celles d'entre ses pénitentes qui en valaient la peine. Parmi ces pénitentes il y avait une petite confiseuse qui faisait bruit dans le quartier par sa coquetterie et ses charmes ; Hudson, qui ne pouvait fréquenter chez elle, l'enferma dans son sérail. Cette espèce de rapt ne se fit pas sans donner des soupçons aux parents et à l'époux. Ils lui rendirent visite. Hudson les reçut avec un air consterné. Comme ces bonnes gens étaient en train de lui exposer leur chagrin, la cloche sonna, c'était à six heures du soir ; Hudson leur impose silence, ôte son chapeau, se lève, fait un grand signe de croix et dit d'un ton affectueux et pénétré : « Angelus Domini nuntiavit Mariae. » Et voilà le père de la confiseuse et ses frères honteux de leur soupçon, qui disaient, en descendant l'escalier, à l'époux : « Mon fils, vous êtes un sot. — Mon frère, n'avez-vous point de honte ? Un homme dit l'Angelus ! un saint ! »

Déjà, dans ton plan "dressage" de portrait n'est terrible...

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Diderot, Jacques le fataliste - Portrait du père Hudson

Un portrait sous le signe du double, de la duplicité, de l'hypocrisie.

Le père Hudson : sorte de Janus. deux visages.
Son appartement : deux portes.
La pratique religieuse : le dire et le faire.

L'apparence
mais mais mais
La perversion