1 (Modifié par Jehan 01/02/2015 à 15:52)

Molière, L’École des femmes, acte III, scène 2

Bonjour à tous je cherche une idée d'axe pour mon commentaire de texte sachant que j'ai déjà trouvé :" Le caractère manipulateur et autoritaire d'Arnolphe " et " La soumission des femmes dénoncée par Molière " . En fait j'aimerais trouver un axe qui reposerait plus sur la technique de l’écriture ( je sais pas trop comment ça s’appelle ). J'avais aussi pensé aux différentes formes de comiques mais je ne suis pas sure , et si en même temps cous pourriez me donner votre avis sur mes axes , merci d'avance 

Voilà le passage :

ARNOLPHE, assis.
Agnès, pour m’écouter, laissez là votre ouvrage.
Levez un peu la tête, et tournez le visage.
Là, regardez-moi là, durant cet entretien :
Et jusqu’au moindre mot imprimez-le-vous bien.
Je vous épouse, Agnès, et cent fois la journée
Vous devez bénir l’heur de votre destinée :
Contempler la bassesse où vous avez été,
Et dans le même temps admirer ma bonté,
Qui de ce vil état de pauvre villageoise,
Vous fait monter au rang d’honorable bourgeoise :
Et jouir de la couche et des embrassements,
D’un homme qui fuyait tous ces engagements ;
Et dont à vingt partis fort capables de plaire,
Le cœur a refusé l’honneur qu’il vous veut faire.
Vous devez toujours, dis-je, avoir devant les yeux
Le peu que vous étiez sans ce nœud glorieux ;
Afin que cet objet d’autant mieux vous instruise,
À mériter l’état où je vous aurai mise ;
À toujours vous connaître, et faire qu’à jamais
Je puisse me louer de l’acte que je fais.
Le mariage, Agnès, n’est pas un badinage.
À d’austères devoirs le rang de femme engage :
Et vous n’y montez pas, à ce que je prétends,
Pour être libertine [6] et prendre du bon temps.
Votre sexe n’est là que pour la dépendance.
Du côté de la barbe est la toute-puissance.
Bien qu’on soit deux moitiés de la société,
Ces deux moitiés pourtant n’ont point d’égalité :
L’une est moitié suprême, et l’autre subalterne :
L’une en tout est soumise à l’autre qui gouverne.
Et ce que le soldat dans son devoir instruit
Montre d’obéissance au chef qui le conduit,
Le valet à son maître, un enfant à son père,
À son supérieur le moindre petit frère,
N’approche point encor de la docilité,
Et de l’obéissance, et de l’humilité,
Et du profond respect, où la femme doit être
Pour son mari, son chef, son seigneur, et son maître.
Lorsqu’il jette sur elle un regard sérieux,
Son devoir aussitôt est de baisser les yeux ;
Et de n’oser jamais le regarder en face
Que quand d’un doux regard il lui veut faire grâce.

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Molière, L’École des femmes, acte III, scène 2

Bonjour,
Première chose d'abord qui frappe dans le texte, la longueur de la tirade d'Arnolphe, un vrai morceau de bravoure pour un homme autoritaire et outrancièrement féroce envers sa jeune pupille.
Situez le passage dans l’œuvre: à qui s'adresse t-il ? Est-ce un monologue ? Une réponse à Agnès, vu qu'il s'adresse à elle dans ce passage ?
Pour la problématique on pourrait pencher en effet sur le côté manipulateur mais aussi déterminé du barbon (les nombreux impératifs le prouvent), il tente de persuader Agnès tant bien que mal, face à Horace, très amoureux de la jeune femme.

3 (Modifié par Jehan 01/02/2015 à 23:44)

Molière, L’École des femmes, acte III, scène 2

Merci, merci, merci !!! Mais le fait que la tirade soit longue est ce  parce que c'est un sermon ? Je pourrais en faire un axe comme : " une tirade longue dans le but de sermonner", ou quelque chose comme ça, d'ailleurs il lui fait la morale comme à un enfant .
Et pour la problématique je ne sais pas vraiment sur quoi partir, peut être sur le fait qu'il ne veut pas être cocu , mais je ne sais pas comment lier cela avec le reste.

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Molière, L’École des femmes, acte III, scène 2

Tu peux en effet trouver une problématique par rapport à la thématique du sermon, qui regroupe tous les éléments importants de son discours, qui assurent aussi bien sa défense que sa vision du mariage très négative et contestable. Dans quelle mesure le barbon surjoue dans ce texte en mettant en oeuvre un véritable sermon?

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Molière, L’École des femmes, acte III, scène 2

Merci beaucoup !!