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Après avoir identifié le procédé théâtral commun aux quatre extraits proposés...

Bonjour à tous, je dois répondre aux questions de corpus suivantes :

1) Après avoir identifié le procédé théâtral commun aux quatre extraits proposés, étudiez son intérêt pour chacun des genres représentés.
2) En vous appuyant sur les textes C et D, dites en quoi ils présentent un registre comique

Voici les quatres textes qui composent le corpus :

TEXTE A, Molière, L'Ecole des Femmes Acte V scènes 3 et 4

SCÈNE III
AGNÈS, ARNOLPHE, HORACE.
HORACE*
    Ne soyez point en peine, où je vais vous mener,
C'est un logement sûr que je vous fais donner.
1460      Vous loger avec moi, ce serait tout détruire,
Entrez dans cette porte, et laissez-vous conduire.
Arnolphe lui prend la main sans qu'elle le connaisse*.
AGNÈS
    Pourquoi me quittez-vous?
HORACE
    Chère Agnès, il le faut.
AGNÈS
    Songez donc, je vous prie, à revenir bientôt.
HORACE
    J'en suis assez pressé par ma flamme amoureuse.
AGNÈS
1465      Quand je ne vous vois point, je ne suis point joyeuse.
HORACE
    Hors de votre présence on me voit triste aussi.
AGNÈS
    Hélas! s'il était vrai, vous resteriez ici.
HORACE
    Quoi! vous pourriez douter de mon amour extrême?
AGNÈS
    Non, vous ne m'aimez pas autant que je vous aime.
(Arnolphe la tire.)
Ah l'on me tire trop!
HORACE
1470      C'est qu'il est dangereux,
    Chère Agnès, qu'en ce lieu nous soyons vus tous deux,
Et ce parfait ami de qui la main vous presse*,
Suit le zèle prudent qui pour nous l'intéresse.
AGNÈS
    Mais suivre un inconnu que...
HORACE
    N'appréhendez rien,
1475      Entre de telles mains vous ne serez que bien.
AGNÈS
    Je me trouverais mieux entre celles d'Horace.
HORACE
    Et j'aurais...
AGNÈS à celui qui la tient.
    Attendez.
HORACE
    Adieu, le jour me chasse.
AGNÈS
    Quand vous verrai-je donc?
HORACE
    Bientôt, assurément.
AGNÈS
    Que je vais m'ennuyer jusques à ce moment!
HORACE
1480      Grâce au Ciel, mon bonheur n'est plus en concurrence*,
Et je puis maintenant dormir en assurance.
SCÈNE IV
ARNOLPHE, AGNÈS.
ARNOLPHE, le nez dans son manteau.
    Venez, ce n'est pas là que je vous logerai,
Et votre gîte ailleurs est par moi préparé,
Je prétends en lieu sûr mettre votre personne.
Me connaissez-vous?
AGNÈS, le reconnaissant.
    Hay.
ARNOLPHE
1485      Mon visage, friponne,
    Dans cette occasion rend vos sens effrayés;
Et c'est à contre-cœur qu'ici vous me voyez;
Je trouble en ses projets l'amour qui vous possède,
(Agnès regarde si elle ne verra point Horace.)
N'appelez point des yeux le galant à votre aide,
1490      Il est trop éloigné pour vous donner secours;
Ah, ah, si jeune encor, vous jouez de ces tours,



TEXTE B, Corneille Horace Acte IV scène 2

Scène II
Valère
Envoyé par le roi pour consoler un père,
Et pour lui témoigner…
Le vieil Horace
N’en prenez aucun soin :
C’est un soulagement dont je n’ai pas besoin ;
Et j’aime mieux voir morts que couverts d’infamie
Ceux que vient de m’ôter une main ennemie.
Tous deux pour leur pays sont morts en gens d’honneur ;
Il me suffit.
Valère
Mais l’autre est un rare bonheur ;
De tous les trois chez vous il doit tenir la place.
Le vieil Horace
Que n’a-t-on vu périr en lui le nom d’Horace !
Valère
Seul vous le maltraitez après ce qu’il a fait.
Le vieil Horace
C’est à moi seul aussi de punir son forfait.
Valère
Quel forfait trouvez-vous en sa bonne conduite ?
Le vieil Horace
Quel éclat de vertu trouvez-vous en sa fuite ?
Valère
La fuite est glorieuse en cette occasion.
Le vieil Horace
Vous redoublez ma honte et ma confusion.
Certes, l’exemple est rare et digne de mémoire,
De trouver dans la fuite un chemin à la gloire.
Valère
Quelle confusion, et quelle honte à vous
D’avoir produit un fils qui nous conserve tous,
Qui fait triompher Rome, et lui gagne un empire ?
À quels plus grands honneurs faut-il qu’un père aspire ?
Le vieil Horace
Quels honneurs, quel triomphe, et quel empire enfin,
Lorsqu’Albe sous ses lois range notre destin ?
Valère
Que parlez-vous ici d’Albe et de sa victoire ?
Ignorez-vous encor la moitié de l’histoire ?
Le vieil Horace
Je sais que par sa fuite il a trahi l’état.
Valère
Oui, s’il eût en fuyant terminé le combat ;
Mais on a bientôt vu qu’il ne fuyait qu’en homme
Qui savait ménager l’avantage de Rome.
Le vieil Horace
Quoi, Rome donc triomphe !
Valère
Apprenez, apprenez
La valeur de ce fils qu’à tort vous condamnez.
Resté seul contre trois, mais en cette aventure
Tous trois étant blessés, et lui seul sans blessure,
Trop faible pour eux tous, trop fort pour chacun d’eux,
Il sait bien se tirer d’un pas si dangereux ;
Il fuit pour mieux combattre, et cette prompte ruse
Divise adroitement trois frères qu’elle abuse.
Chacun le suit d’un pas ou plus ou moins pressé,
Selon qu’il se rencontre ou plus ou moins blessé ;
Leur ardeur est égale à poursuivre sa fuite ;
Mais leurs coups inégaux séparent leur poursuite.
Horace, les voyant l’un de l’autre écartés,
Se retourne, et déjà les croit demi-domptés :
Il attend le premier, et c’était votre gendre.
L’autre, tout indigné qu’il ait osé l’attendre,
En vain en l’attaquant fait paraître un grand cœur ;
Le sang qu’il a perdu ralentit sa vigueur.
Albe à son tour commence à craindre un sort contraire ;
Elle crie au second qu’il secoure son frère :
Il se hâte et s’épuise en efforts superflus ;
Il trouve en les joignant que son frère n’est plus.
Camille
Hélas !
Valère
Tout hors d’haleine il prend pourtant sa place,
Et redouble bientôt la victoire d’Horace :
Son courage sans force est un débile appui ;
Voulant venger son frère, il tombe auprès de lui.
L’air résonne des cris qu’au ciel chacun envoie ;
Albe en jette d’angoisse, et les Romains de joie.
Comme notre héros se voit près d’achever,
C’est peu pour lui de vaincre, il veut encor braver :
" j’en viens d’immoler deux aux mânes de mes frères ;
Rome aura le dernier de mes trois adversaires,
C’est à ses intérêts que je vais l’immoler, "
Dit-il ; et tout d’un temps on le voit y voler.
La victoire entre eux deux n’était pas incertaine ;
L’Albain percé de coups ne se traînait qu’à peine,
Et comme une victime aux marches de l’autel,
Il semblait présenter sa gorge au coup mortel :
Aussi le reçoit-il, peu s’en faut, sans défense,
Et son trépas de Rome établit la puissance.



TEXTE C Victor Hugo, Ruy Blas, Acte IV scène 3

Don César, toisant le laquais de la tête aux pieds.
Qui venez-vous chercher céans, l'ami ?
              À part.
Il faut beaucoup d'aplomb, le péril est extrême.
Le Laquais.
1660 - Don César De Bazan ?
Don César, dégageant son visage du manteau.
              Don César ! C'est moi-même !
              À part.
Voilà du merveilleux !
Le Laquais.
              Vous êtes le seigneur
Don César De Bazan ?
Don César.
              Pardieu ! J'ai cet honneur.
César ! Le vrai César ! Le seul César ! Le comte
De Garo...
Le Laquais, posant sur le fauteuil la sacoche.
              Daignez voir si c'est là votre compte.
Don César, comme ébloui.
              À part.
De l'argent ! C'est trop fort
              Haut.
                            Mon cher...
Le Laquais.
                            Daignez compter.
C'est la somme que j'ai l'ordre de vous porter.
Don César, gravement.
Ah ! Fort bien ! Je comprends.
              À part.
              Je veux bien que le diable... –
Çà, ne dérangeons pas cette histoire admirable.
Ceci vient fort à point.
              Haut.
              Vous faut-il des reçus ?
Le Laquais.
Non, monseigneur.
Don César, lui montrant la table.
              Mettez cet argent là-dessus.
              Le laquais obéit.
De quelle part ?
Le Laquais.
              Monsieur le sait bien.
Don César.
                            Sans nul doute.
1670 - Mais...
Le Laquais.
              Cet argent, – voilà ce qu'il faut que j'ajoute, –
Vient de qui vous savez pour ce que vous savez.
Don César, satisfait de l'explication.
Ah !
Le Laquais.
              Nous devons, tous deux, être fort réservés.
Chut !
Don César.
              Chut !!! – cet argent vient... – la phrase est magnifique !
Redites-la-moi donc.
Le Laquais.
              Cet argent...
Don César.
                            Tout s'explique !
Me vient de qui je sais...
Le Laquais.
              Pour ce que vous savez.
Nous devons...
Don César.
              Tous les deux !!!
Le Laquais.
                            Être fort réservés.
Don César.
C'est parfaitement clair.
Le Laquais.
              Moi, j'obéis ; du reste
Je ne comprends pas.
Don César.
              Bah !
Laquais.
              Mais vous comprenez !
Don César.
                                          Peste !
Le Laquais.
Il suffit.
Don César.
              Je comprends et je prends, mon très cher.
1680 - De l'argent qu'on reçoit, d'abord, c'est toujours clair.
Le Laquais.
Chut !
Don César.
              Chut !!! Ne faisons pas d'indiscrétion. Diantre !
Le Laquais.
Comptez, seigneur !
Don César.
              Pour qui me prends-tu ?
              Admirant la rondeur du sac posé sur la table.
                                          Le beau ventre !
Le Laquais, insistant.
Mais...
Don César.
              Je me fie à toi.
Le Laquais.
                            L'or est en souverains.
Bons quadruples pesant sept gros trente-six grains,
Ou bons doublons au marc. L'argent, en croix-maries.

              Don César ouvre la sacoche et en tire plusieurs sacs pleins d'or et d'argent, qu'il ouvre et vide sur la table avec admiration ; puis il se met à puiser à pleines poignées dans les sacs d'or, et remplit ses poches de quadruples et de doublons.

Don César, s'interrompant, avec majesté.
              À part.
Voici que mon roman, couronnant ses féeries,
Meurt amoureusement sur un gros million.
              Il se met à remplir ses poches.
Ô délices ! Je mords à même un galion !
              Une poche pleine, il passe à l'autre. Il se cherche des poches partout, et semble avoir oublié le laquais.
Le Laquais, qui le regarde avec impassibilité.
Et maintenant, j'attends vos ordres.
Don César, se retournant.
                            Pour quoi faire ?
Le Laquais.
1690 - Afin d'exécuter, vite et sans qu'on diffère,
Ce que je ne sais pas et ce que vous savez.
De très grands intérêts...



TEXTE D Jean Tardieu, De quoi s'agit-il ?

http://i.imgur.com/u2SFn6J.jpg

J'ai trouvé quelques pistes pour les questions de corpus, je ne sais pas si c'est juste ?

Pour la 1) Je n'ai pas trouvé de procédé commun AUX QUATRE textes. Mais j'ai tout de même relevé quelques éléments communs à certains textes. Pour L'Ecole des Femmes et De quoi s'agit-il nous avons une chute comique, inattendue qui renverse la situation. Et aussi, certains sont mêlés à une tonalité tragique comme L'Ecole des Femmes et Horace

2) Pour De quoi s'agit-il j'ai trouvé :
- comique de mots : langage informelle du témoin, "pas'que mon mari, y sait jamais rien"
- comique de situation ? le juge non professionnel (ne connaît même pas le nom du témoin)
- la chute inattendue

Pouvez-vous m'aider ?

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Après avoir identifié le procédé théâtral commun aux quatre extraits proposés...

Comédie/tragédie/drame/théâtre de l'absurde


Le malentendu ? Le quiproquo ?

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Après avoir identifié le procédé théâtral commun aux quatre extraits proposés...

Bonjour,

Pour le point commun j'avais pensé à la tragédie également mais je ne trouve pas l'aspect tragique dans l'extrait de Ruy Blas ?

2) Donc ce qui les rendent comique sont le comique de situation : le quiproquo. Dans Ruy Blas, le laquais apporte l'argent à la mauvaise personne et dans De quoi s'agit-il il y a un malentendu concernant la "personne"

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Après avoir identifié le procédé théâtral commun aux quatre extraits proposés...

Je ne pense pas que tu aies compris ma réponse.

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Après avoir identifié le procédé théâtral commun aux quatre extraits proposés...

Je pense aussi

Comédie/tragédie/drame/théâtre de l'absurde

Ce sont respectivement les genres des 4 textes ?

Après avoir identifié le procédé théâtral commun aux quatre extraits proposés...

Oui, bien sûr.

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Après avoir identifié le procédé théâtral commun aux quatre extraits proposés...

Ah d'accord désolée je n'avais pas compris.

Dans la tragédie, le comique de situation peut avoir pour but de ridiculiser le rival du héros ou de faire une pause dans le tragique (détendre l'atmosphère) ?

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Après avoir identifié le procédé théâtral commun aux quatre extraits proposés...

Je pense que tu fais mauvaise route. Le propre de la tragédie, c'est de ne pas être comique... Parler de comique de situation dans une tragédie, ça fait bizarre