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Comment lisez-vous un roman ?

Bonjour
Je voudrais connaître la façon dont les lecteurs lisent un roman.
Voici les questions que je me pose ?
Dans les passages descriptifs ( un paysage, une action ) essayez-vous de vous représenter la description?
Dans les passages d'analyse psychologique, essayez-vous de ressentir ce que vous lisez ?
En fait, je me demande réellement ce qui se passe dans la tête d'un lecteur.
Par exemple, est-ce qu'on lit seulement des phrases ou se transforment-elles en cinéma dans la tête
ou bien ne ressent-on que des sensations ou impressions?

Si je peux avoir vos réponses personnelles, ça serait très gentil de votre part, si en plus vous pouvez me diriger vers des essais concernant ma question, je suis preneur.
Merci

Comment lisez-vous un roman ?

Pour ma part, il m'arrive souvent de transformer des personnes que je connais en personnages de romans, en rajoutant les descriptions fournies par l'auteur. Des fois, cela vient complètement de mon imagination ; je fais donc un mixte. En ce qui concerne les lectures de paysages et autres, c'est du pareil au même. Qu'il s'agisse d'un livre fantastique ou historique, ma mémoire va sélectionner des images de paysages dont je me souviens puis va y ajouter de nouveaux détails, en fonction de la description donnée. En fait, je crois qu'une grande part de l'imagination vient de la reconstruction ou de l'assemblage de plusieurs souvenirs. C'est en tout cas la façon dont je lis.

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Comment lisez-vous un roman ?

Pierre-Benoît a écrit :

En fait, je me demande réellement ce qui se passe dans la tête d'un lecteur.

S'ils savaient ce qui se passe dans la tête du lecteur, les auteurs trouveraient ainsi les recettes infaillibles du succès.
Il me semble qu'il n'y a pas deux lecteurs qui ressentent ou réagissent strictement de la même façon lors de leur lecture; je crois même que ça peut aller jusqu'à une différence d'interprétation, voire de compréhension.

Tu demandes un ressenti personnel. Pour les paysages, les descriptions, je visualise forcément un peu, mais seulement dans les grandes lignes, je ne rentre pas dans le détail, comme si la mise au point sur l'image était très sélective, laissant dans le flou ce qui entoure le point de convergence de mon imagination. Cela me suffit et me convient d'ailleurs très bien.
J'aime bien une description elle-même partielle et significative (quelques objets qui plantent le décor, un élément vestimentaire, deux ou trois caractéristiques physiques...). A contrario, trop de détails ne m'aident pas à préciser l'idée que je me fais du personnage.

Sur les caractères, c'est plus difficile. Là aussi, chacun renvoie à sa propre expérience ce qu'il ressent, par rapport à son vécu ou à ses autres lectures. Il est impossible de ne pas établir de parallèle. Mais, comme dans la vie, il faut se montrer ouvert et attendre le plus longtemps possible pour se faire une réelle opinion, c'est à dire ne pas être victime d'un a priori. Pour ma part ça ne me pose pas trop de problèmes de rester neutre et ouvert si je change d'auteur. En revanche, lorsque je lis à la suite plusieurs ouvrages d'un même auteur, je ne peux m'empêcher d'établir très (trop ?) rapidement des parallèles entre les personnages à description et situation comparables.

4 (Modifié par Jehan 02/02/2015 à 17:14)

Comment lisez-vous un roman ?

Il faut, cher collègue, lire et s'imprégner de ce qu'on lit. il faut lire et en même temps imaginer les scènes. En effet, la lecture d'un roman est une merveille ! Mais personnellement, je vois qu'on ne peut pas lire à n'importe quel moment, il s'agit du fantasme, de la pure volonté de lire. il faut avoir cette attitude de lire et s'inspirer des lettres, des mots et des phrases. Merci.

Comment lisez-vous un roman ?

ZOUKIROVIC a écrit :

Il faut, […] il faut […] il faut

Mais pourquoi donc "faut"-il ? 

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Comment lisez-vous un roman ?

je voulais dire il vaut mieux 

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Comment lisez-vous un roman ?

Et pourtant ... 

Les droits imprescriptibles
du lecteur


Le droit de ne pas lire.
Le droit de sauter des pages.
Le droit de ne pas finir un livre.
Le droit de relire.
Le droit de lire n'importe quoi.
Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible)
Le droit de lire n'importe où.
Le droit de grappiller.
Le droit de lire à haute voix.
Le droit de nous taire.

Daniel PENNAC, Comme un roman.

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Comment lisez-vous un roman ?

Autant ce texte de Pennac est indiscutablement poétique, drôle et bien écrit, autant sa mise en application auprès d'un « jeune public influençable » me paraît assez risquée - notamment les trois premiers « droits ».   

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Comment lisez-vous un roman ?

Le droit de sauter des pages.
Le droit de ne pas finir un livre.

Je m'y autorise ...

Comment lisez-vous un roman ?

C'est très rassurant pour le jeune public influençable de se voir assurer que c'est lui qui dirige sa lecture, qu'il peut entrer dans le texte par où il veut (j'ajouterais, pour ma part, le droit de commencer par la fin et celui d'entrer par le milieu...). Dans le cas de la lecture loisir, bien entendu, pour la lecture scolaire avec étude analytique, il vaut mieux en effet n'avoir rien sauté.

Tiens, les Chauveau grands spécialistes de l'apprentissage de la lecture, citent le cas de cette adulte que la lecture rebutait car elle s'astreignait, comme au beau temps des dictées à prononcer mentalement virgule et point. Quand ils lui eurent révélé que c'était parfaitement superflu, elle prit enfin du plaisir à lire.
Il me semble que le cas de Pierre-Benoit est analogue : il n'ose pas se laisser porter par sa lecture, il se sent astreint à visualiser les descriptions et les personnages comme s'il était devant sa télé. Je lui dirais, moi, de ne pas tant se casser la tête et de lire, quitte à sauter les passages qui l'ennuient et qu'il ne comprend pas... Il rira quand ce sera drôle et il pleurera quand ce sera triste. Ce que je peux verser de larmes sur Fantine à chacune de mes relectures des Misérables ! ... et sur le colonel Pontmercy.