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S'inscrire en prépa littéraire (hypokhâgne) en étant franco-belge

Bonsoir :-)

       Serait-il possible de s'inscrire dans une prépa littéraire parisienne (Henri IV, Louis-Le-Grand,...) en s'étant vu dispenser un enseignement secondaire en Belgique ? Je vis en Belgique et je suis rhétoricien (l'équivalent de la terminale française), dois-je passer le bac en candidat libre ? S'il m'est impossible d'envisager une inscription, ce n'est pas dramatique, il ne s'agit pas là d'un projet que je veux impérativement mener à bien.

      En parcourant plusieurs forum (Yahoo, certains sites et articles de journaux,..), j'ai cru comprendre que ces lycées établissaient des critères de sélection draconiens et très élitistes... Certains témoignages évoquent le travail intense qu'ils ont à fournir mais aussi le système de "caste" français, toutes les écoles de qualités étant centralisées sur Paris, ce qui rendrait impossible l'entrée dans des prépas prestigieuses pour de simples provinciaux.

    Bref, la prépa, ça me semble compromis mais cette opportunité me taraudait et je souhaitais lire vos avis :-)

S'inscrire en prépa littéraire (hypokhâgne) en étant franco-belge

C'est absolument possible d'être pris dans une prépa littéraire parisienne en venant de Belgique. Il faut seulement que tu permettes aux professeurs de prépas de connaître ton niveau, le plus précisément possible (je pense que c'est un des rares cas où une lettre pourrait être ajoutée au dossier, mais d'autres te le confirmeront).

Ces quelques lycées parisiens sont effectivement très difficiles à obtenir, mais la discrimination ne se fait pas au niveau Paris / province, et si ton dossier est au niveau, tu as tes chances (la moindre lisibilité de ton parcours rendra peut être ton dossier moins attractif, mais ne veut pas dire que tu seras a priori refusé).

Par ailleurs, il existe des classes préparatoires d'un niveau moindre à Henri IV et Louis-le-Grand sur Paris, et qui peuvent procurer une excellente formation (on peut intégrer les ENS ou les autres écoles de la BEL à partir d'autres prépas que celles du 5e arrondissement).

Dans tous les cas, si tu as un bon niveau, tu peux être sûr d'être pris quelque part en prépa, Belge ou non.

3 (Modifié par webmestre 14/01/2015 à 18:27)

S'inscrire en prépa littéraire (hypokhâgne) en étant franco-belge

Merci beaucoup pour ces précisions

Désolé, le post est long, lisez ce qui vous intéresse

Bonjour à tous 

Premièrement, je vous souhaite à tous une très bonne année.

Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis mon message précédent et l'année 2015 s'est ouverte d'une bien triste façon avec l'attentat à l'encontre des journalistes de Charlie Hebdo, qui, paradoxalement, aura donné un souffle nouveau au combat pour la défense de la liberté d'expression.


Pour en revenir au sujet, j'ai eu le temps de mûrir ma décision (je n'avais pris connaissance du système d'études supérieures français qu'à la toute fin du mois de décembre). Vos réponses ont évidemment guidé mon raisonnement. Mon envie d'intégrer une prépa littéraire reste intacte (d'une part pour l'enseignement rigoureux qui y est dispensé, mais aussi pour la base de savoirs solide qu'on y acquiert, certainement, à la fin de 2 ans et enfin  pour la possibilité de préparer le concours de l'ENS (bien que ça ne soit pas mon ambition première)). L'intégration d'une prépa A/L (je vous avoue qu'une prépa du 5e arrondissement serait parfaite, parce que Paris est aussi une grande capitale européenne et culturelle, ça me permettrait d'élargir mes horizons et de me faire un réseau de relations là-bas, ça serait aussi une belle aventure) est un peu un rêve que j'entretiens depuis quelque temps.


Donc, pensez-vous que je pourrais contacter  (j'ai bien évidement pris note de la procédure d'admission post-bac) à l'adresse suivante (X)  la direction des CPGE d'Henri IV pour de plus amples informations (non pas que je ne vous fasse pas confiance, au contraire, mais je préfère savoir d'une source directe si l'intégration d'une prépa A/L est envisageable (en suivant le même itinéraire qu'un étudiant résident en France ayant fait sa scolarité dans un système français) pour moi sur base d'un dossier.


En d'autres termes, ma question : cette adresse (X) est-elle valide ? Prendra-t-on le temps de me répondre si j'y envoie un mail ?


Je suis conscient que je pars avec un sacré handicap (en Belgique, pas de bac mais un diplôme équivalent, pas de classement officiel, la réputation des établissements se fait sur base de bouche à oreille, pas de classement d'une classe). Quoi qu'il en soit, l'hypokhâgne ne reste pour moi qu'un rêve inaccessible et je garde les pieds sur terre : je me dis qu'on peut toujours essayer (au cas où) mais sans amertume si ça ne fonctionne pas car il y a beaucoup de prétendants et peu d'élus.


Je reste donc sur l'idée de suivre un cursus à l'université comme je l'avais initialement prévu, mais je garde l'espoir fou que ça pourrait fonctionner.

Post Scriptum : Au fait, que pensez-vous de ce système ? En ce qui me concerne, d'un point de vue extérieur ("la critique est aisée, l'art est difficile" me répondrez-vous en paraphrasant DESTOUCHES) je trouve un peu trop élitiste le système de prépa. Il est un peu hypocrite de prétendre offrir sa chance à tous en établissant une sélection draconienne à l'entrée pour filtrer les élèves plus faibles ou qui ne rentrent pas exactement dans les normes, dans ce qu'on attend. Facile de revendiquer l'excellence et les taux élevés de réussite d'un établissement scolaire en ne prenant que les meilleurs. Ne pensez-vous pas que les prépas devraient être plus "grands publics", donner leur chance à plus de monde ? Peut-on vraiment juger une personne en fonction d'un dossier ? Après tout, l'important, c'est d'essayer, de faire ses preuves sur place et éventuellement de rectifier le tir et de se raviser si on se rend compte que le niveau est trop élevé. Je pense que c'est l'élève qui devrait juger de sa capacité à suivre un enseignement de haut niveau en fonction de sa motivation, et pas à des gens de recaler les élèves à l'entrée parce qu'ils "ne sont pas aptes".

(Message édité.)

Pas d’adresses électroniques dans les messages, s’il vous plaît.

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Au fait, que pensez-vous de ce système ?

Je pense qu'à la base, le système était excellent.
Recruter d'excellents élèves pour leur donner un enseignement d'excellence ;
parmi ces élèves excellents, ne retenir, par le biais de concours difficiles, que les meilleurs d'entre eux pour entrer dans des écoles prestigieuses, et exercer peut-être des fonctions exceptionnelles, (qui ne nous voilons pas la face, ne sont pas à la portée de tous -je parle ici des prépas scientiiques comme littéraires) je trouve cela très bien.
Cependant, on a pu constater que le recrutement des grandes écoles était socialement trop sélectif et servait avant tout à permettre la reproduction des élites (Pierre Bourdieu, 1968). L'ENS d'Ulm est cependant dans son ouvrage créditée de 14 % de fils d'ouvriers à comparer à 4 % pour l'École des Mines.
Je ne sais quel est le pourcentage à l'heure actuelle (Anne 345 doit le savoir.) Mais je me demande si l'ascenseur social ne fonctionne pas plus mal.
De toute façon, alors que l'ENS par exemple était primitivement destinée à former de futurs professeurs, tous ne passent pas l'agrégation aujourd'hui.
Le polytechnicien Pierre Veltz a récemment accusé globalement les grandes écoles d'être devenues des « machines à sélection » fermées socialement, donc s'étant éloignées de la devise républicaine  : La carrière ouverte aux talents.

5 (Modifié par Artz 14/01/2015 à 21:26)

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Tout d'abord, merci pour tes voeux. Je te souhaite le meilleur pour cette année.

Concernant ce que ce meilleur pourrait être sur un plan académique, je ne pense pas que venir de Belgique soit un immense handicap, mais un problème de visibilité. Quoi qu'il en soit, oui, il y a peu d'élus dans le 5e (cela dit, il y a de très bonnes prépas hors du 5e et notamment à Paris).

Je ne pense pas qu'il soit utile de contacter le lycée, mais dans le doute, essaye toujours en leur demandant quelle est la procédure dans ton cas et comment tu peux rendre ton dossier lisible.

Je crois que la prépa est tout sauf hypocrite : elle prétend que la sélection dans nos matières (je parle des matières littéraires et des sciences humaines) est dure, elle se prétend dure, et elle est dure. En ce sens, elle prépare tout à fait aux sélections qui sont faites, de fait, dans le cursus de ces disciplines. L'université dit rarement aux étudiants que ce système est dur, et il arrive qu'ils ne l'apprennent qu'une fois arrivés face aux concours de l'enseignement : cela me semble bien plus hypocrite.
Par ailleurs, la prépa est décentralisée et relativement ouverte : on trouve des prépas dans beaucoup de villes de tailles moyennes, et la sélection est loin d'être aussi dure qu'à Henri IV... En ce sens, je trouve que c'est une formation tout à fait républicaine.
Donc pour moi, le problème n'est pas là où tu le poses, mais à deux autres niveaux :
- d'abord au niveau du concours. En effet, il y a une sur-représentation parmi les admis à l'ENS d'hommes, issus au moins de la classe moyenne (voire le plus souvent d'une classe moyenne avec un fort capital culturel, typiquement les "fils de profs"), blancs, ayant étudié à Paris, etc. Alors, pour nuancer mon propos plus haut : déjà au niveau de la classe préparatoire, les profils sont peu variés (et donc ça veut dire que la méritocratie a un problème en amont, au lycée, au collège, en maternelle...), mais avec le concours, il me semble que l'homogénéité est encore plus grande.
- ensuite, au niveau "humain". Là où la prépa me semble contestable, c'est qu'elle soumet de jeunes gens à une pression extrêmement importante et à une charge de travail extrêmement grande. Je connais très peu de gens qui me semblent être sortis sans séquelles de cette formation, qu'ils aient réussi le concours ou non. Cela dit, ce n'est pas la prépa qui est extrêmement rude, c'est le système français (ou le monde, je ne sais pas bien) : si l'on veut avoir le niveau requis pour l'agrégation, il est préférable d'avoir connu les difficultés de la prépa avant. Quant à savoir si le système français est particulièrement violent ou non, c'est difficile pour moi d'en juger. J'ai étudié en Angleterre où l'on donne une plus grande place à l'humain dans l'étudiant, où l'on a soin d'inciter à faire du sport, à faire des activités culturelles, etc ; mais où la discrimination sociale est d'emblée posée par le coût (autour de 11 000 euros l'année pour la seule inscription). Je ne sais pas vraiment ce qu'il en est en Belgique, c'est donc difficile de te répondre adéquatement sans connaître tes références.

6 (Modifié par Maxime Drx 14/01/2015 à 22:05)

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Merci, une nouvelle fois pour ta réponse claire et précise  :-)

Je songe à envoyer un mail à la prépa et mettre dans mes voeux plusieurs prépas (il faut les diversifier , si j'ai bien compris     ) pour savoir comment constituer un dossier le plus lisible possible.

C'est drôle, je voyais mon avenir de manière assez linéaire (la question de la prépa ne se posait pas au départ, ne connaissant pas le système,  je pensais poursuivre en université).

Pour le système belge, il y a de grandes disparités entre les établissements. Je suis pour ma part dans une école secondaire catholique plutôt élitiste, l'enseignement y est exigeant et demande un grand investissement (36h00 de cours par semaine, mais nous devons régulièrement nous rendre à l'école le dimanche pour préparer des diplômes de Cambridge, bref), l'école est très bien équipée. La différence réside, je pense, dans la relation que nous entretenons avec les profs. Ils sont ici très disponibles, humains, très investis dans la  profession qu''ils exercent, décidés à nous pousser loin et ils nous parlent comme à des égaux là où les professeurs français sont, d'après ce que j'en ai entendu, plus froids et plus distants.Mais pour les études proprement dites, si personne n'est laissé sur le bord de la route, mieux vaut étudier. Il y a aussi une forte émulation mais un climat de grande solidarité entre les élèves (échanges de synthèses, résumés,...).

Qoui qu'il en soit, je te remercie encore chaleureusement. Je ne nourris pas d'espoirs insensés (je reste dans l'optique de l:'université) mais quitte à envoyer un dossier, autant faire les choses bien et plus mettre le maximum de chances de mon côté. :-)