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La Fontaine, Le Juge arbitre, l'Hospitalier et le Solitaire

Je viens de préparer le texte de Jean de La Fontaine, pour l'oral de français : « Le Juge arbitre, l'Hospitalier et le Solitaire ».
J'ai un petit souci sur quel axe je peux faire avec ces questions :

Comment fonctionne l'argumentation dans le texte ?
* structure argumentative ?
* procédés utilisés ?

En quoi ce texte est-il un apologue ?

* Art de l'apologue ?
* démarche argumentative ?
* l'enseignement transmis ?

Voici le texte

Trois saints, également jaloux(2) de leur salut,
Portés d'un même esprit, tendaient à même but.
Ils s'y prirent tous trois par des routes diverses:
Tous chemins vont à Rome; ainsi nos concurrents
Crurent pouvoir choisir des sentiers différents.
L'un, touché des soucis, des longueurs, des traverses
Qu'en apanage on voit aux procès attachés,
S'offrit de les juger sans récompense aucune,
Peu soigneux d'établir ici-bas sa fortune.(3)
Depuis qu'il est des lois, l'homme, pour ses pêchés,
Se condamne à l'aider la moitié de sa vie:
La moitié? les trois quarts, et bien souvent le tout.
Le conciliateur crut qu'il viendrait à bout
De guérir cette folle et détestable envie.
Le second de nos saints choisit les hôpitaux.
Je le loue; et le soin de soulager ces maux
Est une charité que je préfère aux autres.
Les malades d'alors, étant tels que les nôtres,
Donnaient de l'exercice au pauvre hospitalier,
Chagrins (4), impatients, et se plaignant sans cesse.
" Il a pour tels et tels un soin particulier,
Ce sont ses amis; il nous laisse."
Ces plaintes n'étaient rien au prix de l'embarras
Où se trouva réduit l'appointeur de débats (5):
Aucun n'était content; la sentence arbitrale
A nul des deux ne convenait:
Jamais le juge ne tenait
A leur gré la balance égale.
De semblables discours rebutaient l'appointeur:
Il court aux hôpitaux, va voir leur directeur:
Tous deux ne recueillant que plainte et que murmure (6),
Affligés, et contraints de quitter ces emplois,
Vont confier leur peine au silence des bois.
Là, sous d'âpres rochers, près d'une source pure,
Lieu respecté des vents, ignoré du soleil,
Ils trouvent l'autre saint, lui demandent conseil.
" Il faut, dit leur ami, le prendre (7) de soi-même.
Qui mieux que vous sait vos besoins?
Apprendre à se connaître est le premier des soins
Qu'impose à tous mortels la Majesté suprême.
Vous êtes-vous connus dans le monde habité?
L'on le peut qu'aux lieux pleins de tranquillité:
Chercher ailleurs ce bien est une erreur extrême.
Troublez l'eau: vous y voyez-vous?
Agitez celle-ci. -Comment nous verrions-nous?
La vase est un épais nuage
Qu'aux effets du cristal nous venons d'opposer.
- Mes frères, dit le saint, laissez-la reposer,
Vous verrez alors votre image.
Pour vous mieux contempler demeurez au désert."
Ainsi parla le solitaire.(8)
Il fut cru; l'on suivit ce conseil salutaire.

Ce n'est pas qu'un emploi ne doive être souffert (9).
Puisqu'on plaide, et qu'on meurt, et qu'on devient malade,
Il faut des médecins, il faut des avocats.
Ces secours, grâce à Dieu, ne nous manqueront pas:
Les honneurs et le gain, tout me le persuade.
Cependant on s'oublie en ces communs besoins.
O vous, dont le public emporte tous les soins,
Magistrats, princes et ministres,
Vous que doivent troubler mille accidents sinistres,
Que le malheur abat, que le bonheur corrompt,
Vous ne vous voyez point, vous ne voyez personne.
Si quelque bon moment à ces pensers vous donne,
Quelque flatteur vous interrompt.
Cette leçon sera la fin de ces ouvrages:
Puisse-t-elle être utile aux siècles à venir!
Je la présente aux rois, je la propose aux sages:
Par où saurais-je mieux finir?

Livre XII, fable 30

Sachant qu'en cours nous avons étudié : l'art de la fable, la démarche argumentative, et l'enseignement transmis.

merci d'avance

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La Fontaine, Le Juge arbitre, l'Hospitalier et le Solitaire

Bonjour

J'aimerais relancer cette discussion, car je présente ce même texte à l'oral du bac (L) vendredi prochain    et je m'aperçois que je n'ai que des informations assez décousues...
La fable a été expliquée de façon linéaire, mais je n'arrive pas à dégager de problématique.

"En quoi cette fable est-elle un apologue ?" Mais c'est tellement banal...
Le plus frappant à la lecture, est l'implication directe de La Fontaine dans l'histoire (aspiration au calme, au détachement vis-à-vis de la société Est-ce parce que c'est la dernière que cette fable semble aussi personnelle ?
Autre point intéressant : le solitaire cherche à persuader les deux autres saints que pour trouver le bonheur il faut d'abord mieux se connaître - et pour cela trouver le locus amoenus, comme le jardin cultivé par Candide. A un autre niveau, La Fontaine cherche à persuader de la même façon "magistrats, princes et ministres". Peut-on parler de mise en abyme ?

Merci d'avance !