1

Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre 128

Bonsoir, je suis une première S et le professeur nous a demandé de rédiger le commentaire de la lettre 128 du roman Les Liaisons dangereuses.

Dans l'introduction j'ai placé l'oeuvre et l'auteur dans le temps et j'ai établi les caractéristiques importantes de la lettre; soit Mme de Tourvel qui avoue son amour pour Valmont, un libertin, à Mme de Rosemonde.
Mais avec cette accroche, je n'arrive pas à trouver une problématique ! Pour le plan, je n'ai pas trouvé grand chose si ce n'est que la description de la passion amoureuse de Tourvel. J'aimerai aussi parler de la défaire de la vertu face au libertinage mais je ne sais pas si je ferais un hors-sujet dans ce cas là. Quelqu'un qui aurait lu le livre voudrait bien m'éclairer ? Merci d'avance.

Lettre CXXVIII

La présidente Tourvel à madame de Rosemonde

Je n’ai reçu qu’hier, Madame, votre tardive réponse. Elle m’aurait tuée sur-le-champ, si j’avais eu encore mon existence en moi : mais un autre en est possesseur ; & cet autre est M. de Valmont. Vous voyez que je ne vous cache rien. Si vous devez ne me plus trouver digne de votre amitié, je crains moins encore de la perdre que de la surprendre. Tout ce que je puis vous dire, c’est que, placée par M. de Valmont entre sa mort ou son bonheur, je me suis décidée pour ce dernier parti. Je ne m’en vante, ni ne m’en accuse : je dis simplement ce qui est.

Vous sentiez aisément, d’après cela, quelle impression a dû me faire votre lettre, & les vérités sévères qu’elle contient. Ne croyez pas cependant qu’elle ait pu faire naître un regret en moi, ni qu’elle puisse me faire changer jamais de sentiment ni de conduite. Ce n’est pas que je n’aie des moments cruels ; mais quand mon cœur est le plus déchiré, quand je crains de ne pouvoir plus supporter mes tourments, je me dis : Valmont est heureux ; & tout disparaît devant cette idée, ou plutôt elle change tout en plaisirs.

C’est donc à votre neveu que je me suis consacrée ; c’est pour lui que je me suis perdue. Il est devenu le centre unique de mes pensées, de mes sentiments, de mes actions. Tant que ma vie sera nécessaire à son bonheur, elle me sera précieuse, & je la trouverai fortunée. Si quelque jour, il en juge autrement…, il n’entendra de ma part ni plainte ni reproche. J’ai déjà osé fixer les yeux sur ce moment fatal, & mon parti est pris.

Vous voyez à présent combien peu doit m’affecter la crainte que vous paraissez avoir, qu’un jour M. de Valmont ne me perde : car avant de le vouloir, il aura donc cessé de m’aimer ; & que me feront alors de vains reproches que je n’entendrai pas ? Seul, il sera mon juge. Comme je n’aurai vécu que pour lui, ce sera en lui que reposera ma mémoire ; & s’il est forcé de reconnaître que je l’aimais, je serai suffisamment justifiée.

Vous venez, Madame, de lire dans mon cœur. J’ai préféré le malheur de perdre votre estime, par ma franchise, à celui de m’en rendre indigne par l’avilissement du mensonge. J’ai cru devoir cette entière confiance à vos anciennes bontés pour moi. Ajouter un mot de plus pourrait vous faire soupçonner que j’ai l’orgueil d’y compter encore, quand au contraire je me rends justice en cessant d’y prétendre.

Je suis avec respect, Madame, votre très humble & très obéissante servante.

Paris, 1er novembre 17…

2

Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre 128

Il me semble que la problématique réside dans cette apparence paradoxale de la vertu et du sacrifice dans la passion. C'est au moment où elle se perd que la présidente manifeste un comportement chrétien. Alors qu'elle trahit son devoir d'épouse, elle veut se montrer vraie et se soucier du bonheur d'autrui. La passion a obscurci sa raison tandis qu'elle trouve dans sa générosité une justification à son péché... Elle se montre plus attachante que ses amies qui singent la religion.

3

Laclos, Les Liaisons dangereuses, lettre 128

Je n'avais pas pensé à cette idée ! Merci beaucoup, ça m'aide beaucoup