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Que faire après avoir raté l'agrégation externe lettres classiques ?

Bonjour à tous !

Après avoir parcouru les divers sujets abordées sur ce forum, je m'adresse à présent à vous pour vous demander conseil ...

Après mon bac L en 2000, je me suis inscrite à la Faculté de Lettres en DEUG de Lettres Classiques. Non que la prépa ne veuille de moi, mais j'avais eu le malheur de croiser en 1ère L une prof qui ne m'aimait pas beaucoup, voire du tout, et qui m'avait affirmé avoir "bloqué" mon dossier scolaire pour la prépa. Ce qui fait que je n'ai même pas postulé pour entrer en khâgne...

Avec un DEUG et une Licence obtenus avec des notes plus que convenables, j'ai passé ma Maîtrise en Littérature Latine et me suis dirigée vers l'agrégation. Malheureusement, mal guidée, mal influencée, et absolument inconsciente des enjeux réels de ce concours, je n'ai pas travaillé mon oral et j'ai eu à la fois l'agréable et douloureuse surprise d'être admissible, à l'âge de 20 ans. Autant avouer que cet oral a été une catastrophe, et que j'ai été collée avec 200 points en dessous de la barre d'admission.

L'année suivante, j'ai souhaité terminer mon Master tout en re-tentant l'agrégation, mais mener de front les deux fut un exercice d'équilibriste. J'ai obtenu mon DEA, mais raté l'admissiblité de l'agrégation à 2 points, avec des notes très convenables en latin et en grec.

Mon DEA en poche, je suis donc "montée" à Paris, comme disent les provinciaux, pour me donner toutes mes chances. J'ai suivi l'enseignement de cours privés parisiens, travaillé régulièrement, obtenu de bonnes notes (autour de 15 en version grecque, et la moyenne dans les autres matières techniques), mais aujourd'hui je me retrouve collée à l'admissibilité, à 100 points de la barre, avec des notes catastrophiques !!

J'en déduis donc qu'il y a un problème dans ma méthode, que je ne possède pas de bases assez solides, et que je régresse d'années en années ...

De plus, la "porte de sortie" du Capes ne me semble pas si évidente que ça, dans la mesure où la dissertation générale me paraît totalement inabordable, puisque je n'en ai jamais fait, contrairement aux prépas auxquels je me mesure...

Comment combler ces lacunes ? Quelles sont les méthodes pour réussir l'agrégation ? Comment organiser son travail de l'été (j'ai maintenant 4 mois devant moi avant ma 4ème rentrée...) ? Si vous avez eu l'agrégation après moult tentatives, si vous êtes comme moi déterminés à passer ce concours mais surtout à l'obtenir, malgré des difficultés, pourrions-nous partager nos expériences ? Sinon, que faire avec un DEA de Lettres Classiques ? Quels sont les autres débouchés que l'enseignement ?

J'ai aujourd'hui 22 ans, donc la possibilité de reprendre un cursus rapide, une formation en 2 ou 3 ans. Mais je dois avouer que mes craintes sont nombreuses face  à un avenir qui me paraît totalement bouché.

D'avance merci pour vos réponses, et si je peux vous venir en aide sur un quelconque sujet, n'hésitez pas à me solliciter.

Bien cordialement,

Une éternelle agrégative désespérée.

Que faire après avoir raté l'agrégation externe lettres classiques ?

Bonjour,

Il ne faut pas désespérer, il y a du positif dans ton cursus!! Sans faire de prépa, tu as frôlé l'agrégation, c'est la preuve que tu as un très bon niveau.

Le problème du concours c'est qu'on peut avoir le niveau et ne pas l'avoir, parce que le jour où on le passe il y a quelque chose qui cloche ou simplement à cause de la malchance...Le concours te note sur ta performance cette semaine-là, pas sur ton année. Je connais une fille qui a tenté 2, 3 fois un concours pour lequel tous les profs disaient qu'elle avait largement le niveau pourtant elle ne l'a jamais eu... Et crois-moi, elle avait le niveau.

C'est impossible de régresser d'année en année quand on travaille, surtout que tu as de bonnes notes. Tu es la seule à pouvoir juger si tu peux retenter l'agrégation l'année prochaine. Pour Paris, je sais que la préparation de l'agrég de lettres classiques de la Sorbonne est très bonne.

Pour le capes de lettres classiques, il est réputé plus facile à décrocher que le capes de lettres modernes (Moins de postes mais aussi nettement moins de candidats). Pour la dissertation, c'est sûr que si tu n'as pas fait de lettres depuis le lycée, tu pars avec un handicap, ceci dit tu ne seras pas la seule dans ce cas. Et puis si tu t'y mets dès le mois de juin, il n'y aura pas de problèmes: il faut commencer les lectures des grands classiques de la littérature et de la critique, lire les rapports du concours et surtout s'initier à la méthode de la dissertation, et choisir une fac qui offre une bonne préparation (celle de Paris X est très bonne, il y a des concours blancs et des colles, la préparation des lettres classiques et modernes pour la dissertation est la même).

J'ai fait une prépa, je suis arrivée sans avoir jamais fait de dissertation de lettres, et sans avoir une culture littéraire très développée. Au début c'était dur parce que je ne comprenais pas grand chose, j'avais trois ans de retard par rapport à la plupart qui avaient commencé la dissert en seconde et en plus en prépa il faut aller très vite...Pourtant à la fin de la 1ere année j'ai réussi (enfin) à rendre une dissertation finie, cohérente et argumentée. Je te raconte ça parce qu'en lettres on nous formait à une épreuve similaire à celle de la dissert de capes. Donc si tu t'y mets, tu y arriveras.

Pour les lettres classiques c'est vrai qu'il n'y a pas beaucoup de débouchés, tu peux aussi tenter les concours de la fonction publique (bibliothécaire, agent du patrimoine).

L'avenir n'est pas bouché, je suis sûre que tu trouveras ta voie 

Que faire après avoir raté l'agrégation externe lettres classiques ?

A 22 ans, tu ne peux pas dire que tu es une "éternelle agrégative" !...
Il faut tenter, tenter encore, fréquenter les meilleurs cours parisiens, lire les rapports de jury, essayer (pas facile dans le cadre d'un concours !) de travailler en groupe ou au moins en binome, etc. Ne pas bouder, par ailleurs, les CAPES (lettres, documentation), et éventuellement - uniquement si ça s'éternise et qu'il faut faire bouillir la marmite - entrer dans l'enseignement par la petite porte : contractuel ou vacataire. A terme, cela ouvre les portes des concours internes, réputés plus accessibles.