Hugo, Les Orientales

bonjour,

j'ai un devoir sur odes et ballades les orientales de V. Hugo.
j'ai lu le livre mais je ne comprends rien.
Avez-vous une baguette magique pour décrypter ce livre.

Merci

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Hugo, Les Orientales

Quel travail dois-tu faire ?
Quels repères as-tu trouvés ?

Les Orientales -1829- Hugo a 27 ans.
"Une idée d'aller se promener en Orient pendant tout un volume.  Le thème est à la mode.
Sainte-Beuve a raconté des promenades aux environs de Paris, à Mont-parnasse, sur la colline Sainte Geneviève. Hugo contemplait sur ces hauteurs le coucher de soleil sur Paris. Eblouissement devant ces couleurs, comme un Orient de sa fantaisie. On a raillé les fausses couleurs des orientales. Hugo n'a jamais vu l'Orient. Il l'a rêvé. Comme une révélation. 

Il se documente .
Cherchant partout des décors nouveaux , des thèmes inédits, l'imagination romantique s'adresse à l'Orient. Par Orient, il faut entendre Le Proche-Orient et la Grèce, l'Afrique du Nord et l'Egypte. Pour évoquer l'Orient, Hugo s'est servi aussi de ses souvenirs d'Espagne où subsistent des traces de l'occupation arabe et où Hugo avait séjourné enfant en 1811. Mais il s'est servi aussi de tableaux rapportés par des peintres comme Delacroix, des ouvrages de chants populaires de Grèce de Fauriel, de Fouinet et encore d'ouvrages traduits par son frère Abel.

Hugo ne cherche pas à justifier ce goût à la mode pour l'Orient :
"Si donc aujourd'hui quelqu'un lui demande à quoi bon les Orientales ? qui a pu lui inspirer de s'aller promener en Orient pendant tout un volume ? que signifie ce livre inutile de pure poésie, jeté au milieu de préoccupations graves du public ? ...il répondra qu'il n'en sait rien, que c'est une idée qui lui a pris ..."

Pour Hugo, la poésie est l'expression artistique de tous les possibles où il ne s'interdit rien mais où il peut :
-laisser libre cours à son imagination
-s'inspirer des modes
-mélanger des influences
-faire se rejoindre plusieurs formes artistiques
-créer de nouveaux décors
-créer de nouvelles images
-provoquer de nouvelles sensations et émotions.

Hugo, Les Orientales

Bonsoir à toutes et à tous,

je me suis intéressée de près aux 41 poèmes de Victor Hugo et je me posais une question quant à la troisième strophe de celui-ci :

Souvent Bounaberdi, sultan des francs d’Europe,
Que comme un noir manteau le semoun enveloppe,
Monte, géant lui-même, au front d’un mont géant,
D’où son regard, errant sur le sable et sur l’onde,
Embrasse d’un coup d’œil les deux moitiés du monde
Gisantes à ses pieds dans l’abîme béant.

Il est seul et debout sur ce sublime faîte.
À sa droite couché, le désert qui le fête
D’un nuage de poudre importune ses yeux ;
À sa gauche la mer, dont jadis il fut l’hôte,
Élève jusqu’à lui sa voix profonde et haute,
Comme aux pieds de son maître aboie un chien joyeux.

Et le vieil empereur, que tour à tour réveille
Ce nuage à ses yeux, ce bruit à son oreille,
Rêve, et, comme à l’amante on voit songer l’amant,
Croit que c’est une armée, invisible et sans nombre,
Qui fait cette poussière et ce bruit pour son ombre,
Et sous l’horizon gris passe éternellement !


Prière.


Oh ! quand tu reviendras rêver sur la montagne,
Bounaberdi ! regarde un peu dans la campagne
Ma tente qui blanchit dans les sables grondants ;
Car je suis libre et pauvre, un arabe du Caire,
Et quand j’ai dit : Allah ! mon bon cheval de guerre
Vole, et sous sa paupière a deux charbons ardents !

Qui est désigné par le vieil empereur ? Merci pour votre aide !

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Hugo, Les Orientales

Nous n'avons pas apprécié que tu enlèves la strophe de référence dans un autre fil.
Pour que cela ne soit pas le cas ici, je remets dans mon message ta question intégrale.

Bonsoir à toutes et à tous,

je me suis intéressée de près aux 41 poèmes de Victor Hugo et je me posais une question quant à la troisième strophe de celui-ci :



Souvent Bounaberdi, sultan des francs d’Europe,
Que comme un noir manteau le semoun enveloppe,
Monte, géant lui-même, au front d’un mont géant,
D’où son regard, errant sur le sable et sur l’onde,
Embrasse d’un coup d’œil les deux moitiés du monde
Gisantes à ses pieds dans l’abîme béant.

Il est seul et debout sur ce sublime faîte.
À sa droite couché, le désert qui le fête
D’un nuage de poudre importune ses yeux ;
À sa gauche la mer, dont jadis il fut l’hôte,
Élève jusqu’à lui sa voix profonde et haute,
Comme aux pieds de son maître aboie un chien joyeux.

Et le vieil empereur, que tour à tour réveille
Ce nuage à ses yeux, ce bruit à son oreille,
Rêve, et, comme à l’amante on voit songer l’amant,
Croit que c’est une armée, invisible et sans nombre,
Qui fait cette poussière et ce bruit pour son ombre,
Et sous l’horizon gris passe éternellement !


Prière.


Oh ! quand tu reviendras rêver sur la montagne,
Bounaberdi ! regarde un peu dans la campagne
Ma tente qui blanchit dans les sables grondants ;
Car je suis libre et pauvre, un arabe du Caire,
Et quand j’ai dit : Allah ! mon bon cheval de guerre
Vole, et sous sa paupière a deux charbons ardents !

Qui est désigné par le vieil empereur ? Merci pour votre aide !

Bounaberdi ? Buonaparte ?

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Hugo, Les Orientales

Bonsoir,

Peut-être l'empereur Frédéric Barberousse mort noyé lors de la 3e croisade et dont la légende prétend qu'il n'est qu'endormi.

Hugo, Les Orientales

Merci à vous ! Je me suis également intéressé à La Sultane Favorite :

N’ai-je pas pour toi, belle juive,
Assez dépeuplé mon sérail ?
Souffre qu’enfin le reste vive.
Faut-il qu’un coup de hache suive
Chaque coup de ton éventail ?

Repose-toi, jeune maîtresse.
Fais grâce au troupeau qui me suit.
Je te fais sultane et princesse :
Laisse en paix tes compagnes, cesse
D’implorer leur mort chaque nuit.

Quand à ce penser tu t’arrêtes,
Tu viens plus tendre à mes genoux ;
Toujours je comprends dans les fêtes
Que tu vas demander des têtes
Quand ton regard devient plus doux.

Ah ! jalouse entre les jalouses !
Si belle avec ce cœur d’acier !
Pardonne à mes autres épouses.
Voit-on que les fleurs des pelouses
Meurent à l’ombre du rosier ?

Ne suis-je pas à toi ? Qu’importe,
Quand sur toi mes bras sont fermés,
Que cent femmes qu’un feu transporte
Consument en vain à ma porte
Leur souffle en soupirs enflammés ?

Dans leur solitude profonde,
Laisse-les t’envier toujours ;
Vois-les passer comme fuit l’onde ;
Laisse-les vivre : à toi le monde !
À toi mon trône, à toi mes jours !

À toi tout mon peuple — qui tremble !
À toi Stamboul qui, sur ce bord
Dressant mille flèches ensemble,
Se berce dans la mer, et semble
Une flotte à l’ancre qui dort !

À toi, jamais à tes rivales,
Mes spahis aux rouges turbans,
Qui, se suivant sans intervalles,
Volent courbés sur leurs cavales
Comme des rameurs sur leurs bancs !

À toi Bassora, Trébizonde,
Chypre où de vieux noms sont gravés,
Fez où la poudre d’or abonde,
Mosul où trafique le monde,
Erzeroum aux chemins pavés !

À toi Smyrne et ses maisons neuves
Où vient blanchir le flot amer !
Le Gange redouté des veuves !
Le Danube qui par cinq fleuves
Tombe échevelé dans la mer !

Dis, crains-tu les filles de Grèce ?
Les lys pâles de Damanhour ?
Ou l’œil ardent de la négresse
Qui, comme une jeune tigresse,
Bondit rugissante d’amour ?

Que m’importe, juive adorée,
Un sein d’ébène, un front vermeil !
Tu n’es point blanche ni cuivrée,
Mais il semble qu’on t’a dorée
Avec un rayon du soleil.

N’appelle donc plus la tempête,
Princesse, sur ces humbles fleurs,
Jouis en paix de ta conquête,
Et n’exige pas qu’une tête
Tombe avec chacun de tes pleurs !

Ne songe plus qu’aux frais platanes,
Au bain mêlé d’ambre et de nard,
Au golfe où glissent les tartanes…
Il faut au sultan des sultanes ;
Il faut des perles au poignard !

Pouvez-vous m'indiquer à qui Hugo s'adresse tout au long de ce poème ? Mes recherches n'ont pas été fructueuses

Hugo, Les Orientales

Le texte est de Hugo, mais ce n'est pas lui qui est censé parler ici.
Hugo fait parler le sultan.
C'est ce sultan qui s'adresse à sa favorite.

Hugo, Les Orientales

Certes, mais à travers ses poèmes et en particulier dans ce recueil, Hugo cherche surtout à faire passer des messages. Ne pensez-vous pas qu'une personne se cache derrière cette "favorite" ?

9 (Modifié par Jehan 13/05/2017 à 22:10)

Hugo, Les Orientales

Non, justement, dans cette œuvre de jeunesse, Hugo ne cherche pas spécialement à faire passer un message particulier... Et il sacrifie beaucoup à la mode "orientale" qui avait alors cours.
Les recueils "à message", ce sera pour plus tard !

Lire sa préface :
https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Orie … _originale

Il ne faut pas chercher à tout prix des messages dans chacun des poèmes de ce recueil.

Voir d'ailleurs le message n°2 de cette discussion.

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Hugo, Les Orientales

Concernant Bounaberdi ...
Cette discussion avec Jacques Seebacher :
http://groupugo.div.jussieu.fr/Groupugo/98-05-16.htm