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Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, I, III, 1 - Hier au soir je me promenais seul...

je dois faire un commentaire sur "le gazouillement d'une grive" et je voulais savoir si mon plan était juste    et s'il fallait reprendre certaines choses. voici mon plan :

En quoi la nostalgie du passé et le regret du présent annoncent-ils les adieux de Chateaubriand?

I- La nostalgie d'une enfance et la tristesse du présent

1) La sublimation d'un souvenir
=> le lyrisme de chateaubriand, l'exaltation de la nature, la réminiscence de toute une époque grâce a la grive

2) la remémoration d'un souvenir joyeux dans un lieu sinistre
=> on est en automne, il a du vent(= sentiment de froid, de tristesse) alors que le souvenir le sifflement d'une grive annonce le beau temps, le soleil (il y a donc une contradiction entre le passé et le présent)

3) la naïveté à Cambourg et le réalisme à Montboissier

II- L'approche de la mort

1)une vie achevée
"je n'ai plus rien à appendre"

2) un adieu imagé
chateaubriand= un navigateur
"le navigateur abandonnant pour jamais un rivage enchanté, écrit son journal à la vue de la terre qui s'éloigne et qui va bientôt disparaître"

3) l'écriture des mémoires annoncent la fin
(= le bilan d'une vie)

Merci pour votre aide!!

et Hier au soir je me promenais seul ; le ciel ressemblait à un ciel d'automne ; un vent froid soufflait par intervalles. A la percée d'un fourré, je m'arrêtai pour regarder le soleil : il s'enfonçait dans des nuages au-dessus de la tour d'Alluye, d'où Gabrielle, habitante de cette tour, avait vu comme moi le soleil se coucher il y a deux cents ans. Que sont devenus Henri et Gabrielle ? Ce que je serai devenu quand ces Mémoires seront publiés.
      Je fus tiré de mes réflexions par le gazouillement d'une grive perchée sur la plus haute branche d'un bouleau. A l'instant, ce son magique fit reparaître à mes yeux le domaine paternel. J'oubliai les catastrophes dont je venais d'être le témoin, et, transporté subitement dans le passé, je revis ces campagnes où j'entendis si souvent siffler la grive. Quand je l'écoutais alors, j'étais triste de même qu'aujourd'hui. Mais cette première tristesse était celle qui naît d'un désir vague de bonheur, lorsqu'on est sans expérience ; la tristesse que j'éprouve actuellement vient de la connaissance des choses appréciées et jugées. Le chant de l'oiseau dans les bois de Combourg m'entretenait d'une félicité que je croyais atteindre ; le même chant dans le parc de Montboissier me rappelait des jours perdus à la poursuite de cette félicité insaisissable. Je n'ai plus rien à apprendre, j'ai marché plus vite qu'un autre, et j'ai fait le tour de la vie. Les heures fuient et m'entraînent ; je n'ai pas même la certitude de pouvoir achever ces Mémoires. Dans combien de lieux ai-je déjà commencé à les écrire, et dans quel lieu les finirai-je ? Combien de temps me promènerai-je au bord des bois ? Mettons à profit le peu d'instants qui me restent ; hâtons-nous de peindre ma jeunesse, tandis que j'y touche encore : le navigateur, abandonnant pour jamais un rivage enchanté, écrit son journal à la vue de la terre qui s'éloigne qui va bientôt disparaître.

Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, I, III, 1 - Hier au soir je me promenais seul...

J'ajouterais : la solitude, constante romantique
Discours du "je" que tu as bien vu (lyrisme) autre constante romantique
Donc dans l'intro annoncer que c'est un écrivain romantique
Gabrielle : sans doute Gabrielle d'Estrées maîtresse de Henri IV
Nuances entre la tristesse du jeune Alphonse et celle de l'homme vieillissant
La métaphore de la fin où il se compare à un navigateur

Et ne zappe pas l'analyse stylistique ! comment est structuré ce magnifique passage ?

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Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, I, III, 1 - Hier au soir je me promenais seul...

il faut que j'analyse les temps qu'il emloie ?
et pour la métaphore du navigateur j'en parle dans mon II-3)

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Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, I, III, 1 - Hier au soir je me promenais seul...

oups je voulais dire que j'en parlais dans mon II)2)

et pour la présence de Gabrielle d'Estrées je vois pas ce que je pourrais dire, où est ce que je pourrais en parler ?

Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, I, III, 1 - Hier au soir je me promenais seul...

Bonjour Johanna,

Tu dis :

=> on est en automne, il a du vent(= sentiment de froid, de tristesse) alors que le souvenir le sifflement d'une grive annonce le beau temps, le soleil (il y a donc une contradiction entre le passé et le présent)

La grive ne chante qu'au printemps et en été, à la saison des nids (c'est à dire à la saison qui engendre l'espoir et la vie).

Ici, dans ce texte, le ciel "paraissait" un ciel d'automne... mais on est au printemps... Le "ciel d'automne" est certainement à relier à "l'automne" de la vie de l'auteur. Le printemps a fui pour lui, il n'y a plus d'espoir :

des jours perdus à la poursuite de cette félicité insaisissable

L'écoulement des saisons ressemble à celui du trajet d'un bateau, d'une rive à l'autre (de la vie à la mort), parsemé d'escales.

Muriel

Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, I, III, 1 - Hier au soir je me promenais seul...

Oh Gaby d'Estrées c'était juste anecdotique, mais si elle et Henri IV sont allés dans ce château il faut en aprler

Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, I, III, 1 - Hier au soir je me promenais seul...

Bonjour,
Ayant étudié ce texte cette année en lecture analytique, je suis à même de te proposer quelques indications (à toi après de les placer où bon te semble si elles peuvent t'être utiles pour compléter ton plan).


1° Un texte autobiographique.
  - Récit: passé simple.
  - Rétrospectif: souvenirs d'enfance.
  - Pacte autobiographique.

2° De nombreux moments mêlés.
  - Temps de l'écriture.
  - Promenade de la veille.
  - Passé historique.
  - Avenir prévu.
  - Éléments politiques récents.
  - La jeunesse passée.

3° Mémoires.
  - Évènements politiques.
  - Rôle public.

4° Écriture poétique, registre lyrique.
  - Harmonie imitative.
  - Répétition.

CONCLUSION.
Récit lyrique mêlant nostalgie et politique, qui caractérise les mémoires.


N'hésite surtout pas à me poser des questions car ce texte est dans mon dossier d'examen pour le bac et je le maîtrise donc sur le bout des doigts!
Bonne chance!

Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, I, III, 1 - Hier au soir je me promenais seul...

L'échéance de la mort est très présente ici :

et Hier au soir je me promenais seul ; le ciel ressemblait à un ciel d'automne ; un vent froid soufflait par intervalles. A la percée d'un fourré, je m'arrêtai pour regarder le soleil : il s'enfonçait dans des nuages au-dessus de la tour d'Alluye, d'où Gabrielle, habitante de cette tour, avait vu comme moi le soleil se coucher il y a deux cents ans. Que sont devenus Henri et Gabrielle ? Ce que je serai devenu quand ces Mémoires seront publiés.

C'est le soleil qui se couche... (qui s'éteint...).

Muriel

Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, I, III, 1 - Hier au soir je me promenais seul...

Euh Synthiliah c'est quoi les événements politiques récents dans ce texte ? parce que, Gabrielle d'Estrées et Henri IV, c'est pas vraiment récent au XIXème ! sinon, je ne vois pas d'allusions politiques. Peut-être les catastrophes dont je venais d'être le témoin ; mais comme on n'en sait pas davantage par ce texte on ne peut pas affirmer que c'est politique. Et ça ne fait qu'une petite phrase dans l'ensemble du texte, beaucoup plus axé sur la fin proche de l'auteur et son souci de laisser une trace de son passage

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Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe, I, III, 1 - Hier au soir je me promenais seul...

Les évènements politiques récents sont ceux dont l'auteur a été témoin et, ici, ils définissent cette autobiographie comme étant des mémoires...
Bien sûr, comme j'ai écrit, l'interprétation que j'en ai faite provient de ma lecture analytique, et ne convient peut-être pas à la problématique de départ... J'ai bien écrit que tout n'était pas bon à prendre...