Éluard, La Plage

Bonjour,

Je dois analyser le poème "La Plage" de Paul Eluard, et les thèmes donnés sont le langage et le surréalisme.
Voilà ce que j'ai trouvé pour l'instant:
- Le titre qui établit d'emblée un rapport avec le dessin, pourtant lors de la lecture du poème on constate que n'est retenu du paysage uniquement les éléments primordiaux : "ciel", "eau", "air", "sable" et "nudité" (la femme représentée sur le dessin de M. Ray.)
- On remarque aussi par rapport à la structure que le poème est construit comme le dessin = les deux octosyllabes pourraient représenter le centre du dessin, la mer  et la plage, alors que le 1er et le dernier vers pourraient représenter les 2 extrémités du dessin

le problème est que j'ai du mal à trouver le rapport avec le langage dans ce poème et le dessin... Pour moi il est représenté dans le texte en lui même puisque la main est langage pour les artistes et donc le langage est aussi dans le dessin... mais ça me semble peu pertinent
L'image surréaliste est-elle ici dans la liberté? "tous oubliaient..." + la notion de nudité qui implique une certaine délivrance (délivrance des principes? des règles?)

Je suis un peu perdue et de l'aide ne serai pas de refus!

Merci.

Éluard, La Plage

Bonsoir,
Pour ceux qui ne l'ont pas, il faudrait afficher le texte...

Éluard, La Plage

Voilà le dessin de Man Ray et le poème d'Éluard...

http://i61.tinypic.com/2ivzp1k.jpg

Éluard, La Plage

Le langage ici est un moyen de dépasser les apparences pour nous faire accéder à un monde où chaque chose s'éclaire d'une lumière éblouissante, sorte d'univers quintessencié, mais qui nous demeurerait quand même sensible...
Le poème, tu l'as bien vu, ne "décrit" pas le tableau, même s'il en mime la disposition générale (à ce propos, parle aussi du titre qui joue un rôle graphique). Il ne décrit pas le tableau, mais s'empare de ses éléments, comme tu l'as dit, à l'exception de la femme nue, remplacée par une nudité, nom abstrait et appliqué à plusieurs éléments naturels.
Avec ces éléments, le poète ne fait rien, surtout pas une histoire, malgré les temps du passé utilisés.
Ces imparfaits semblent nous faire remonter à une époque primordiale où tout est déjà établi (cf le dernier verbe au PQP) et où tout doit demeurer pour l'éternité : tout y est fixe, sans devenir.
On pense alors à la Genèse, à l'amour universel qui règne au paradis terrestre, à la force vitale et sensuelle qui se dégage des êtres et des choses en cette aurore du Monde. Le regard n'est pas dévoyé : il est à la fois vision et voyance ("ne rien voir qu'eux-mêmes").
Tout est beau, tout est pur (comme dans le tableau). Le poète, en s'en tenant à quelques mots, donne à ceux-ci un sens plein. Pas de hiérarchisation, pas de temps fort ni de temps faible : ce sont les mots dans leur pureté, libérés de tout carcan narratif ou pragmatique, parfaite transposition des éléments graphiques. Par contre, la syntaxe est respectée. 
Le langage est ici quête de liberté.

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Éluard, La Plage

Suggestion.

Dialogue entre les langages artistiques.
Le dessin précède le poème.
Le poème d'Eluard est-il une seule "illustration" du dessin ?

Le corps est langage (les mains/ le nu)
La poésie est langage
Dessin et poésie : dialogue vers la sur-réalité

Éluard, La Plage

Un lien qui pourrait aider : http://www.lettresvolees.fr/eluard/plage.html