Petite littéraire en plein désarroi...

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Petite littéraire en plein désarroi...

Rendez-vous sous les ponts dans quelques années 


Non, je suis quelque peu pessimiste. Peut-être le travail dans une maison d'édition ou dans un journal littéraire t'enthousiasmerait ?

Petite littéraire en plein désarroi...

Bonjour Amandine...

Ton message me touche beaucoup, pour plusieurs raisons...

Tout d'abord comme toi je suis en 1°L, je suis également une littéraire pure et dure, et la plupart des idées que tu as avancées dans ton messages me correspondent réellement. Comme toi j'ai su lire à 4 ans, comme toi j'écris depuis que j'ai 8 ans, je suis passionnée d'histoire, surtout médiévale, et mon cursus scolaire me convient parfaitement.

Longtemps j'ai voulu être archéologue, mais je ne savais réellement comment avancer. J'ai espérer pourvoir vivre de mes écrits, mais après avoir été refusée par deux maisons d'édition à cause de mon jeune âge, j'ai commencé à me poser réellement des questions.

Je suis trilingue, français, italien, et sarde, je parle l'anglais et l'espagnol plus ou moins couramment, je fais du Latin depuis 5 ans et du Grec depuis 2 ans. J'adore également le théâtre et je fais aussi de l'Anglais Renforcé.

Perdue dans mon orientation, mais sûre d'être à ma place en L, je me suis plongée dans les guides de l'ONISEP. Ma mère étant prof d'italien et ma soeur professeur des écoles, je suis à jamais dégoûtée de l'enseignement ;-) et je ne veux dépendre de personne.

J'ai donc cherché longtemps, et pour trouver ce que je voulais, il m'a fallu deux ans.

Je suis tombée par hasard sur un tout petit paragraphe dans une brochure d'orientation ,sur une prépa histoire et lettres classiques. Je n'aime pas le système d'école supérieure qui me semble trop élitiste, néanmoins j'ai du reconnaître que l'enseignement dispensé dans cette prépa me convenait parfaitement. Il s'agit de la prépa Chartes, je ne sais pas si tu en as déjà entendu parler...

Je suis donc à présent très motivée pour entrer dans cette prépa et y consacre tout mon temps...bien que je vive aussi ma jeunesse  à côté!!

Mon rêve serait de réussir dans cette voie qui me plaît, puis tenter de publier à nouveau, et partir m'installer en Italie, mon pays d'origine où l'on parle ma langue maternelle, et exercer là-bas un métier de conservateur de musée et donner à la rigueur quelques conférences... Joli rêve, je sais, mais tout est permis, non?

Je pense donc que ton cas est loin d'être désespéré, car lorsqu'on aime quelques chose, on se donne toujours les moyens de réussir et d'être heureux dans la voie que l'on a choisie... Il ne suffit parfois que d'un simple petit coup de pouce...

A très bientôt!

Petite littéraire en plein désarroi...

Bonjour Amandine,

(... ainsi qu'à vous tous. Je viens de m'inscrire sur ce forum.)

Je comprends parfaitement tes inquiétudes et j'espère pouvoir t'aider, ayant plus ou moins le même profil que toi et quelques années de plus .

Avant toute chose, je t'en prie ne pense pas que ton cas soit désespéré !! Certes, les études littéraires sont un peu, hmm, regardées de haut, disons - "un étudiant de Sciences vaut trois étudiants de Lettres", m'a dit un prof de fac; mais tu as la chance d'avoir une vraie passion et on peut, avec la flamme qui visiblement t'habite, faire beaucoup de choses en n'étant "que" (grr!) littéraire.

"- je ne veux pas devenir enseignante"
D'accord, les études universitaires sont des "usines à profs". Mais rien ne t'oblige à transmettre la culture qui sera tienne au terme de ces études si tu ne sens pas "l'étincelle" indispensable à l'exercice de cette profession. Tu y gagneras l'érudition. Obtenir des diplômes en faisant ce que l'on aime est loin d'être un fantasme; au contraire, c'est à mon sens le but du jeu. Les études deviennent un régal de simplicité lorsque l'on y prend du plaisir, au point surtout d'avoir envie de creuser au-delà du cours - condition de réussite sine qua non, sache-le.

"- je suis une littéraire, une vraie, une pure et dure et je n'entends rien à tous ces discours qui voudraient que je me dote d'une "double-compétence" pour avoir plus de chances de décrocher un poste à mille lieux de ce que j'aime. (quand on voit tous ces littéraires qui se reconvertissent en école de commerce...)"
Je suis de ton avis. Cependant, dis-toi que d'ajouter de nouvelles cordes à son arc ne peut être que positif, surtout dans ce monde de compétition brute. Il est bon d'être pur, mais il faut également savoir être stratège . Et puis, tu n'es pas obligée de plonger dans la finance ou le droit. Il y a d'autres formations "annexes" (pense : informatique, métier du livre) qui te doteraient d'une aptitude supplémentaire tout en restant dans le cadre de ce que tu aimes.

"- j'ai pas envie d'être à charge et de dépendre de mes parents pendant trop longtemps."
C'est très noble à toi, sincèrement. Je crois que tout étudiant un tant soit peu sensé passe par les mêmes affres. Mais au final, ton envie de soulager au plus vite tes parents ne doit pas te faire négliger, "bazarder" ton avenir. Considère ce temps d'études comme "un prêté pour un rendu": construis-toi dans ce que tu aimes, c'est la meilleure façon de remercier tes parents et de pouvoir, un jour, leur renvoyer l'ascenseur.

"- Mon prof de français m'a parlé de prépa littéraire, mais moi ça me donne envie de partir en courant"
Bon, alors laisse tomber . Les prépas, à ce que l'on m'en a dit, exigent un investissement total (tu mets ta vie entre parenthèses pendant un ou deux ans, le rythme de travail est vraiment intense et les nuits très courtes). En outre, elles sont encore très encadrées, chose qui semble t'étouffer. La fac semble en effet bien mieux te correspondre.

"- Est-il possible de faire également de l'histoire de l'art et du théâtre dans le cadre de cette licence?"
Avec le passage au LMD, j'avoue que je ne suis plus vraiment au courant des choses;  avant cela, tu avais en 1ere année l'obligation de choisir une matière dans une autre discipline (exemple: Histoire moderne, une langue vivante, etc.), afin de pouvoir te réorienter si besoin était. Je te conseillerais donc de choisir pour ta licence de Lettres une fac qui propose un cursus d'histoire de l'art; avec un peu de chance, elle offrira peut-être aussi des cours de théâtre dans le cadre de ses activités extra-scolaires. Renseigne-toi.

En substance, je dirai donc:
- Voyant ton profil, si ces études t'attirent et que tu as envie de bosser, aie confiance, elles sont faites pour toi. Peut-être te découvriras-tu une passion enseignante en cours de route, va savoir
- Avec une Licence en poche, tu t'ouvres déjà l'accès aux concours de catégorie A -- ça peut servir.
- Tu pourras toujours te réorienter par la suite. Les éditions Jeunes proposent des guides "Que faire avec des études de...", "lettres", entre autres. Tu devrais peut-être, si tu es sur Paris, aller faire un tour au CIDJ :

-- Centre d'Information et de Documentation Jeunesse
101, quai Branly - 75015 PARIS.
Métro : Bir-Hakeim - RER ligne C : Champs de Mars --

Tu peux prendre rendez-vous avec des conseillers, acheter le guide en question et bien d'autres encore, compulser la documentation métiers qui est extrêmement riche... Réserve ta journée!!
- Pense qu'une formation en Lettres te donne un sérieux bagage pour tout ce qui a trait au mot et à son support... journalisme, bien sûr, mais également tout ce qui touche au monde du livre: éditeur, secrétaire d'édition, correcteur/relecteur (pour financer un peu tes études sans tomber dans fast-food and co...), traducteur, etc.

On a beau décrier le littéraire, sa capacité à manier les mots est toujours appréciée et tu pourrais bien trouver du travail dans un domaine qui ne t'aurait jamais effleurée.

En substance, ne te mets pas toute seule de bâtons dans les roues . Les choix sont vraiment multiples. Tu es toute jeune, et tu te poses les bonnes questions au bon moment. Renseigne-toi. Et surtout, aie confiance en toi. Je te sens très capable d'entreprendre ces études et de les réussir.

Amicalement,

San

Liens utiles: http://www.onisep.fr/  http://www.cidj.com/

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Bien parlé!!
Je te souhaite plein de réussite dans toutes tes entreprises et qui sait peut-être à bientôt...

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Arsinoé,
actuellement en dernière année d'architecture, j'ai moi aussi fait une terminale L (options maths et arts plastiques). A l'époque, il parait que la seule fois où on a essayé de me parler d'une prépa c'est à peine si j'ai pas tourné les talons, à peu près pour les mêmes raisons que tu décris... et pourtant : depuis, j'ai rencontré plusieurs personnes qui ont choisi cette filière, et la vision qu'ils m'en ont donné était éloignée des préjugés habituels.
Tout d'abord, il n'y a pas UNE prépa. De nombreux lycées proposent des premières années de prépa littéraires, dont certaines ont des options artistiques. Certains lycées sont clairement là pour fabriquer des normaliens (je pense aux grânds noms parisiens), d'autres offrent simplement un niveau et un rythme plus soutenu que celui de la fac. C'est sûr, le rythme de travail sera forcément plus intense, et la vie sociale un peu plus modérée qu'à la fac, mais on a encore le temps d'aller au cinéma, de voir ses amis et même de glander un peu le week end. Par contre, on absorbe en peu de temps beaucoup de contenu, qu'on peut regretter de ne pas d'avantage approfondir.
Dans les premières années de fac, certes on a plus le temps de développer. Les profs peuvent même être bons (là encore il n'y a pas UNE fac)... mais beaucoup d'élèves ne sont absolument pas motivés et motivants, et puis travailler seuls c'est très bien, mais tant que personnes ne nous pousse dans certaines pistes à creuser, on n'imaginait même pas qu'elles existaient, ces pistes.
En somme on pourrait croire que je fais l'apologie de la prépa. Et bien c'est faux !! eheh je ne fais que relativiser un portrait tout prêt qu'on sert et ressert à propos des prépas. Il faut aussi signaler que parallèlement à l'inscription en prépa, tous les hypokhâgneux sont inscrits en fac, ce qui leur permet, pendant ou à la fin de leur année, de rejoindre directement la première ou deuxième année de fac si décidément la prépa ne leur convient pas.

Le principal reste à mes yeux de ne jamais croire qu'on a atteint le must en matière de formation, et de toujours chercher plus loin et plus large, il y a toujours un truc quelque part à découvrir ou dont on peut s'étonner.

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Petite littéraire en plein désarroi...

Evidemment, la fac de lettres c'est très souvent prof ou prof, mais l'enseignement est divers. Je connait des enseignants qui se consacrent à l'étude de la langue dans le but de rééduquer des maldes ayant des lésions aux cerveaux. d'autre part qui sait ce que l'avenir te réserve : ma soeur a suivi un cursus classique d'italien donc idem pour elle prof ou prof et pourtant cela n'était pas du tout son truc. Aujourd'hui, elle a son CAPES et enseigne au lycée français de Milan : elle concilie son amour de la langue et du pays et en plus gangne sa vie. Tu ne sais pas comment tu peux évoluer d'ici la fin de tes études alors tu n'as pas beaucoup d'option à part faire ce que tu aimes. Pour l'histoire de l'art etc...tu peux assister à des cours en auditeurs libres.

Petite littéraire en plein désarroi...

En réalité un élément majeur a peut-être été oublié, vu que nous parlons de stratégie sociale, c'est justement l'ordre social et les différents atouts, multiples, variés et évidemment inégalement répartis, dont nous disposons.
Ce que je veux dire, c'est qu'être une "littéraire" ne veut rien dire en soi : c'est vrai que souvent ça signifie comme on le dit "prof ou prof", mais attention, ça dépend ! Des relations, de son véritable statut social, de son aspect physique même...certains se retrouvent journalistes, à la télé ou ailleurs, d'autres caissières au supermarché, le cursus en lui même et le goût pour les études littéraires ne font pas tout.

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Petite littéraire en plein désarroi...

Personnellement, je me suis retrouvée dans le même cas, à devoir choisir à un moment donné et il s'avère que je n'avait pas envie de faire ce choix.
Je me suis donc lancée dans les études de Lettres Modernes.
Je  suis tout à fait d'accord avec Cabotine. Tu ne sais pas comment tu vas évoluer. Et puis la fac à ceci de pratique :
Si tu es autodidacte, je suppose que tu travailles vite (ce qui ne veut pas dire mal...), du coup la fac te permet d'avoir un petit boulot à côté les premières années. Surtout si tu connais déjà le programme. Personnellement, ma première année ne m'a pas beaucoup appris et m'a permis d'approfondir des tas de sujets.
Je te dirais aussi que c'est à toi de te faire ton avenir. Même si peu de personnes sont effectivement motivés et aiment réellement la littérature parmi les étudiants de première année, tu rencontreras bien quelques personnes aussi passionnées que toi. Crée un club de lecture ou d'écriture, un petit journal...
Les choses évoluent petit à petit, mais ça peut t'ouvrir des portes tout en te permettant de partager ce que tu aimes.