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Diderot, Supplément au voyage de Bougainville - Vous ne connaissez guère la jalousie, à ce que je vois...

Coucou tout le monde 

J'ai un extrait du Supplément au voyage de Bougainville à commenter, le voici :

L’aumônier.
Vous ne connaissez guère la jalousie, à ce que je vois ; mais la tendresse maritale, l’amour maternel, ces deux sentiments si puissants et si doux, s’ils ne sont pas étrangers ici, y doivent être assez faibles.

Orou.
Nous y avons suppléé par un autre, qui est tout autrement général, énergique et durable, l’intérêt. Mets la main sur la conscience ; laisse là cette fanfaronnade de vertu, qui est sans cesse sur les lèvres de tes camarades, et qui ne réside pas au fond de leur cœur. Dis-moi si, dans quelque contrée que ce soit, il y a un père qui, sans la honte qui le retient, n’aimât mieux perdre son enfant, un mari qui n’aimât mieux perdre sa femme, que sa fortune et l’aisance de toute sa vie. Sois sûr que partout où l’homme sera attaché à la conservation de son semblable comme à son lit, à sa santé, à son repos, à sa cabane, à ses fruits, à ses champs, il fera pour lui tout ce qu’il sera possible de faire. C’est ici que les pleurs trempent la couche d’un enfant qui souffre ; c’est ici que les mères sont soignées dans la maladie ; c’est ici qu’on prise une femme féconde, une fille nubile, un garçon adolescent ; c’est ici qu’on s’occupe de leur institution, parce que leur conservation est toujours un accroissement, et leur perte toujours une diminution de fortune.

L’aumônier.
Je crains bien que ce sauvage n’ait raison. Le paysan misérable de nos contrées, qui excède sa femme pour soulager son cheval, laisse périr son enfant sans secours, et appelle le médecin pour son bœuf.

Orou.
Je n’entends pas trop ce que tu viens de dire ; mais, à ton retour dans ta patrie si bien policée, tâche d’y introduire ce ressort ; et c’est alors qu’on y sentira le prix de l’enfant qui naît, et l’importance de la population. Veux-tu que je te révèle un secret ? mais prends garde qu’il ne t’échappe. Vous arrivez : nous vous abandonnons nos femmes et nos filles ; vous vous en étonnez ; vous nous en témoignez une gratitude qui nous fait rire : vous nous remerciez, lorsque nous asseyons sur toi et sur tes compagnons la plus forte de toutes les impositions. Nous ne t’avons point demandé d’argent ; nous ne nous sommes point jetés sur tes marchandises ; nous avons méprisé tes denrées : mais nos femmes et nos filles sont venues exprimer le sang de tes veines. Quand tu t’éloigneras, tu nous auras laissé des enfants : ce tribut levé sur ta personne, sur ta propre substance, à ton avis, n’en vaut-il pas bien un autre ?

J'ai fait un plan, mais je pense qu'il n'est pas complet. Si vous avez déjà étudié ce texte ou si vous avez une idée de plan, n'hésitez pas !

Merci de votre aide 

Diderot, Supplément au voyage de Bougainville - Vous ne connaissez guère la jalousie, à ce que je vois...

Bonjour,
Ce passage est assez court... Tu ne dois faire un commentaire que sur cette partie du texte?
Donne nous ton plan, même s'il n'est pas terrible pour que l'on puisse voir ce que tu as compris.

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Diderot, Supplément au voyage de Bougainville - Vous ne connaissez guère la jalousie, à ce que je vois...

Bonjour,
Je passe mon oral de français dans 4jours.
Je suis en panique!!
Je ne trouve pas le plan détaillé de Bougainville Chapitre 4, extrait de "L'Aumonier: Vous ne connaissez guère" jusqu'à "n'en veut il pas bien un autre?"
Pouvez vous me le donner sachant que mon prof n'est pas joignable?
Je vous remercie d'avance!
Bonne fin de journée!
Cordialement.

4 (Modifié par floreale 09/06/2015 à 14:05)

Diderot, Supplément au voyage de Bougainville - Vous ne connaissez guère la jalousie, à ce que je vois...

La forme dialoguée, dans quel but ?

La découverte d'autres valeurs

Le lecteur face à plusieurs points de vue

Le discours philosophique de Diderot se conçoit, dans l’esprit des Lumières, comme une éducation du lecteur à la réflexion. Il ne s’agit pas d’affirmer et de construire une théorie ou un modèle social, mais de conduire le lecteur à remettre en cause le fonctionnement de la société européenne.

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Diderot, Supplément au voyage de Bougainville - Vous ne connaissez guère la jalousie, à ce que je vois...

Intro : Diderot : Encyclopédie- Philosophe des lumières , expose une nouvelle philosophie dans supplément au voyage de Bougainville = le relativisme culturel : " Je permets à chacun de penser à sa manière, pourvu qu'on me laisse penser à la mienne", thème déjà traité dans d'autres genres par d'autres auteurs : Montaigne : Des coches, Essais

I/ Dialogue chargé en valeurs :
   a- l'importance de l'individu
   b- l'importance du respect d'autrui
   c- des principes irrévocables (le nouveau né/l’adolescent ect )

II/ Enjeux :
   a- Enjeu critique : critique de la société contemporaine à Diderot (c'est-à-dire celle du XVIIIème siècle)
   b- Un regard "étrange" : l'homme civilisé apprend de l'homme "sauvage" == enseigner une leçon ou moral (notamment avec l'emploi du futur simple de certitude pour que l’aumônier met en place le meme système dans son pays)
   c- Encourager un certain relativisme culturel = un échange de valeurs (à lié aussi avec l'épisode où l'aumonier couche avec Thia, la jeune fille du village , et que les parents fêtent le matin .. )
Conclusion : Répondre à la question

ps : je suis qu'un élève, mais si ça peut t'aider, pourquoi pas , à valider ^^